Après sa mort, Wiesel est critiqué pour son soutien à Israël
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Après sa mort, Wiesel est critiqué pour son soutien à Israël

Des activistes pro-palestiniens crient au scandale après les éloges sur le défenseur des droits de l’Homme

Elie Wiesel et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant le discours de ce dernier devant le Congrès américain, à Washington, DC, le 3 mars 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Elie Wiesel et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant le discours de ce dernier devant le Congrès américain, à Washington, DC, le 3 mars 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

La mort du survivant de l’Holocauste et prix Nobel de la Paix Elie Wiesel, 87 ans, était largement déplorée dimanche, mais certains critiques d’Israël et militants pro-palestiniens se sont concentrés sur le soutien ardent de Wiesel au sionisme, disant que son soutien à l’Etat juif a terni sa réputation de défenseur des droits de l’Homme.

Wiesel était un soutien public du Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu, qui est très impopulaire parmi les Palestiniens.

Le leader juif et auteur prolifique a aussi ouvertement reproché à son ami, le président américain Barack Obama, d’appeler à la fin de la construction dans les implantations, et de négocier un accord nucléaire levant les sanctions avec l’Iran. La position de Wiesel sur ces sujets a été critiquée, même par ses admirateurs de longue date.

« Eli [sic] Wiesel soutenait les droits de l’Homme pour tous sauf les Palestiniens, où il défendait plus de politiques israéliennes contre notre peuple », a écrit sur Twitter Xavier Abu Eid, conseiller en communications du département de négociations de l’OLP [Organisation de libération de la Palestine].

Après avoir survécu à l’Holocauste, Wiesel, romancier et militant, est devenu célèbre, l’un des témoins principaux de l’Holocauste et un homme qui a non seulement documenté les horreurs du passé mais aussi cherché à empêcher de futures tragédies en se battant pour els droits de l’Homme.

« En tant qu’écrivain, qu’orateur, que militant, et en tant qu’intellectuel, il était l’une de ces personnes qui ont changé le monde en tant que citoyen du monde, plus que ceux qui ont des mandats et des postes traditionnels de pouvoir. Sa vie, et la puissance de son exemple, nous appelle à faire mieux », a déclaré Obama samedi soir.

Pendant plus d’un demi-siècle, Wiesel a exprimé ses croyances passionnées aux dirigeants mondiaux, aux célébrités et à des publics généraux au nom des victimes de violence et d’oppression. Il a écrit 57 livres, mais son roman le plus influant est de loin La nuit, un classique rangé aux côtés du Journal d’Anne Frank dans les lectures classiques sur l’Holocauste.

Mais pour certains militants pro-palestiniens, son soutien à Israël l’a emporté sur le reste de son héritage.

« Les Palestiniens se rappelleront d’Elie Wiesel pour son racisme et sa propagande aux services de leurs oppresseurs, nettoyeurs ethniques et tueurs », a écrit Ali Abuminah, cofondateur du blog palestinien Electronic Intifada.

Abbas Hamideh, cofondateur d’Al-Awda, une association qui vise à permettre aux réfugiés palestiniens de la guerre d’indépendance israélienne de 1948 à revenir sur leurs anciennes terres, a déclaré que Wiesel était un « escroc ».

« Elie Wiesel était un escroc qui a menti sur son expérience et soutenu le nettoyage ethnique du peuple palestinien dans le processus. Rien d’honorable », a-t-il écrit.

Certaines personnalités médiatiques internationales ont aussi utilisé Twitter pour critiquer les hommages mondiaux unanimes au militant des droits de l’Hommes récemment décédé.

Reza Aslan, auteur irano-américain et chercheur en religion qui apparait souvent dans les médias américains, a déclaré que la promesse de Wiesel de ne jamais être en paix devant la souffrance d’un être humain était un mensonge.

Mehdi Hassan, présentateur de télévision et journaliste pour Al Jazeera, a suggéré que les fortes louanges de Wiesel étaient sans fondement étant donné sa position envers les Palestiniens.

« Pauvres vieux Palestiniens, le seul peuple dont vous pouvez ignorer/compromettre les droits et être toujours appelé un défenseur des droits de l’Hommes quand vous mourrez », a écrit Hassan.

Dans un autre tweet, le journaliste d’Al-Jazeera a essayé de clarifier son opinion, écrivant que « pour être clair, il est possible d’apprécier le combat de Wiesel, son héritage et sa littérature tout en étant repoussé par son soutien aux colons. »

Max Blumenthal, journaliste, militant, et fils de Sidney Blumenthal, conseiller de longue date de la candidate à la présidentielle américaine Hillary Clinton, a affirmé que Wiesel ne méritait aucun honneur.

« Elie Wiesel est passé de victime de crimes de guerre à soutien de ceux qui en commettent. Il a fait plus de mal que de bien, et ne devrait pas être honoré. »

Un important diplomate arabe a cependant publiquement rendu hommage à Wiesel sans mentionner les Palestiniens.

Khalid Bin Ahmad, ministre des Affaires étrangères de Bahreïn depuis 2005, a écrit, « Repose en paix #ElieWiesel. Ton noble héritage survivra. »

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé qu’avec la mort « de l’une des personnalités les plus marquantes du siècle passé », « une voix de la morale et de l’humanité s’était (s’est) tue ».

« Elie Wiesel nous a tendu la main à nous, les Allemands et a travaillé avec nous inlassablement pour rendre possible un monde meilleur », a-t-elle insisté.

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