Créer une nouvelle place au mur Occidental endommagera « le site archéologique le plus important du peuple juif », ont annoncé mardi neuf archéologistes israéliens importants au Premier ministre Benjamin Netanyahu, quelques jours après l’annonce d’un projet pour un site pluraliste.

Le « diamant de la couronne archéologique de Jérusalem » ne doit pas être abîmé pour accommoder les besoins des divers courants religieux juifs ont-ils écrit, a annoncé la radio publique israélienne.

Les protestations ajoutent un autre bâton dans les roues de ce projet pour étendre une zone existante au sud du site principal de prières du mur occidental en créant une place sur les ruines du Temple, dans une zone connue comme l’arche de Robinson.

Les signataires de la lettre incluent Dan Bahat, qui a fouillé les tunnels du mur Occidental, Ronny Reich, directeur du conseil archéologique d’Israël, qui a exposé une partie de la route pavée sous l’arche de Robinson, Gabriel Barkay, lauréat du prix de Jérusalem, qui a dirigé le projet de dégagement du mont du Temple, et le lauréat du prix d’Israël Amihai Mazar.

Le projet met fin à un combat qui dure depuis des décennies entre les juifs réformés et conservateurs et la direction religieuse extra-orthodoxe d’Israël sur les droits des prieurs au mur Occidental.

Négocié par le directeur de l’agence juive, Natan Sharansky, et le secrétaire de cabinet d’alors, Avichai Mendelblit, et annoncé fin janvier par le cabinet, il devrait étendre la section mixte de prières à l’arche de Robinson et ainsi formaliser l’accès au mur Occidental pour les groupes de prières féminins.

Des hommes juifs ultra-orthodoxes regardent vers le sud du mont du Temple à Jérusalem, le 17 décembre 2015. (Crédit : Esther Rubyan/FLASH90)

Des hommes juifs ultra-orthodoxes regardent vers le sud du mont du Temple à Jérusalem, le 17 décembre 2015. (Crédit : Esther Rubyan/FLASH90)

Même s’il a été approuvé par la fondation de l’héritage du mur Occidental, qui est responsable des sujets archéologiques, le projet s’est attiré les foudres des groupes juifs ultra-orthodoxes.

Et même s’il a été signé par les mouvements réformés et conservateurs ainsi que par le groupe féministe de prières intitulés les Femmes du mur, il s’est attiré des critiques amères d’un groupe séparatiste des femmes du mur menées par Anat Hoffman qui, avec ses soutiens internationaux, ne voit pas la décision du gouvernement comme une solution pour elle mais plutôt un retour en arrière dans leur tentatives de prier avec un rouleau de la Torah dans la section réservée aux femmes du mur Occidental.

Au lendemain de l’annonce du plan, le ministre palestinien du Waqf et des Affaires religieuses Youssef Ideiss avait prévenu qu’il violerait l’accord de statu quo gouvernant la zone.

Israël utiliserait l’extension du la section non orthodoxe pour mener des fouilles archéologiques et « judaïser le site saint », avait-il accusé.

La place de prières du mur Occidental, au-dessous du mur de soutien du mont du Temple de l’époque romaine, est le site le plus saint où les juifs peuvent prier.

Alors que le Waqf, dirigé par les Jordaniens, gère le sommet du mont du Temple, connu comme le complexe d’Al-Aqsa par les musulmans et où se trouvent le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa, Israël maintient un contrôle sur son accès ainsi que sur les offices religieux au mur Occidental, dans le cadre d’un accord de statu quo en place depuis 1967. Israël ne permet pas aux Juifs de prier sur le mont.

Mais Ideiss a affirmé que le mur Occidental faisait partie du complexe du mont du Temple et « un site islamique exproprié par Israël en 1967 ».

Selon la tradition musulmane, le mur Occidental est l’endroit où le prophète Mahomet avait attaché sa monture ailée Buraq, qu’il montait la nuit où il est monté aux cieux.

En octobre 2015, l’Autorité palestinienne avait tenté de faire reconnaitre le mur Occidental comme un site saint musulman par l’ONU.