Le premier président noir américain a traversé le pont Edmund Pettus à Selma, Alabama, dimanche, 50 ans après le « Bloody Sunday », l’une des périodes les plus sombres de la violence policière gratuite et bafouant les droits fondamentaux des Noirs du sud profond de l’Amérique. Et le week-end dernier, à l’instar de la marche d’il y a cinq décennies, un nombre important de Juifs se trouvaient dans les rangs.

Au plus fort de la lutte pour les droits civiques du Sud, les Juifs représentaient environ 50 % des bénévoles solidaires venus du Nord.

En juin 1964, lors de la campagne « Freedom Summer » visant à inscrire les électeurs noirs, beaucoup ont tout arrêté pour voyager en masse au Mississippi et en Alabama. Ils étaient venus s’identifier avec la communauté noire, à tel point que deux jeunes Juifs de New York, Andrew Goodman et Michael Schwerner, ont été abattus avec le militant noir James Chaney par le Ku Klux Klan.

« Comme tout facteur unique, c’est l’attention nationale accordée à la découverte de leurs cadavres qui a accéléré l’adoption du Voting Rights Act de 1965 », affirme un expert.

Alors que d’innombrables avocats juifs travaillaient fébrilement 24 heures sur 24, d’autres résidents du Nord, y compris les juifs Dorothy Zellner et Larry Rubin, se sont portés volontaires dans des organisations locales comme le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC).

Zellner est devenue militante des droits civiques en 1960 et a occupé plusieurs fonctions au SNCC : collecte de fonds, sélection des bénévoles, rédaction des dépêches publiques de l’organisation en tant que co-rédactrice en chef de La voix des élèves. Rubin était secrétaire de terrain du SNCC de 1961 à 1965, puis a continué son action militante.

Aujourd’hui, dans une communauté juive au sein de laquelle les droits civils sont toujours une valeur centrale, on pourrait espérer que Zellner et Rubin fassent partie des « héros » du Freedom Summer.

Toutefois, en raison de leurs positions sur le conflit israélo-palestinien – y compris leur soutien public à la campagne de Boycott, Divest et Sanctions (BDS) – ils sont ostracisés, interdits de s’exprimer dans certaines institutions juives et synagogues, ainsi que dans la plupart des maisons Hillel à travers les campus, selon les lignes directrices de partenariat de 2010 de l’organisation internationale.

Donc, dans un esprit de désobéissance civile et de liberté d’expression, Zellner, Rubin et d’autres anciens compagnons d’armes effectuent sur une tournée nationale de conférences intitulée « Du Mississippi à Jérusalem : conversation avec des anciens combattants juifs des droits civils », organisée par le mouvement anti-Hillel, « Open Hillel ».

Un mois après la tournée, l’objectif – que ces anciens combattants juifs expriment leurs opinions controversées sur Israël – rencontre des résultats mitigés.

L'administrateur de Hillel international David Eden (Crédit : Autorisation)

L’administrateur de Hillel international David Eden (Crédit : Autorisation)

L’administrateur international de Hillel, David Eden, pense que l’effort des vétérans des droits civils pour promouvoir une plate-forme BDS « creuse un fossé au sein de la communauté juive ».

« Ce programme très cynique et trompeur utilise le succès historique des droits civiques américains pour créer une série d’événements de propagande qui attaquent Israël et défendent le BDS. Par conséquent, cette tournée déshonore cet événement historique américain », déclare Eden au Times of Israel.

Il n’est pas seul à les condamner.

Le judaïsme réformé était à l’avant-garde du mouvement des droits civiques dans les années 1960.

Le chef du mouvement, le rabbin Rick Jacobs, a déclaré au Times of Israel cette semaine : « La comparaison entre la lutte pour les droits civils en Amérique et la situation entre Israël et les Palestiniens ne fonctionne tout simplement pas. »

« La question israélo-palestinienne est un labyrinthe géopolitique complexe qui comporte de nombreux éléments ; elle doit suivre son propre modèle et ne peut être réduite à une simple question de bien et de mal, comme la lutte pour les droits civiques aux États-Unis », a déclaré Jacobs.

Le rabbin Jonah Pesner, un participant à la reconstitution de la marche du Bloody Sunday de ce week-end, président du Centre d’action religieuse du judaïsme réformé, déclare que, comme dans le passé, sa délégation a montré sa solidarité avec la communauté noire. Ils ont défilé avec les congrégations noires, dont beaucoup sont pro-israéliennes, pour « réaffirmer le mouvement des droits civiques du passé et poursuivre la lutte ».

Comparer la lutte des droits civiques dans le Sud profond et le conflit israélo-palestinien est pour lui un « malentendu historique ».

Rabbi Jonas Pesner et David Goodman devant le temple Mishkan Israel le vendredi 6 mars 2015 (Crédit : Autorisation du Centre d'action religieuse du judaïsme réformé)

Rabbi Jonas Pesner et David Goodman devant le temple Mishkan Israel le vendredi 6 mars 2015 (Crédit : Autorisation du Centre d’action religieuse du judaïsme réformé)

« Vu son voisinage, c’est un véritable détournement ironique ou une incompréhension de l’histoire d’associer la violation des droits civils avec l’Etat d’Israël », a déclaré Pesner au Times of Israel.

« A bien des égards, Israël traite les populations arabes et palestiniennes avec plus de décence et dans un plus grand respect des droits civils que la majeure partie de ses voisins. L’englober dans une vaste condamnation non nuancée relève d’une méconnaissance de l’histoire », dit-il.

Mais en dépit de leurs condamnations, le fait même que les rabbins Jacobs et Pesner parlent d’Open Hillel et des positions des vétérans du BDS, est, en quelque sorte, une victoire pour le mouvement Open Hillel.

Qu’est-ce que Open Hillel ?

Open Hillel a été créé en Novembre 2012 quand un groupe d’étudiants de l’Ivy League a décidé de rejeter les lignes directrices de Hillel et commencé à « promouvoir un discours ouvert sur Israël et la Palestine au sein des communautés juives du campus ». Rejetant les normes, les étudiants ont lancé une campagne de sensibilisation sur la nécessité d’opinions pluralistes, au moyen de pétitions, d’un site web, et de communiqués de presse.

En décembre 2013, le Swarthmore Hillel s’est déclarée « Open Hillel » ; l’Union juive Vassar lui a emboîté le pas en février 2014. En avril 2014, ce fut le tour de la communauté juive de Wesleyan. Le mouvement a tenu une convention nationale en octobre à Harvard, où Zellner et d’autres anciens combattants des droits civiques ont prononcé des discours.

Caroline Morganti, une étudiante au MIT, qui sert de coordonnatrice en communication à Open Hillel, à Haïfa, en Israël. (Crédit : Autorisation)

Caroline Morganti, une étudiante au MIT, qui sert de coordonnatrice en communication à Open Hillel, à Haïfa, en Israël. (Crédit : Autorisation)

Une des organisatrices, Caroline Morganti, étudiante au MIT, est coordinatrice des communications d’Open Hillel.

« Je pense que nous, les Juifs considérons nostalgiquement l’implication juive dans le mouvement des droits civiques comme une preuve que nous devons défendre l’égalité et la justice sociale, alors qu’en réalité, je pense qu’aujourd’hui, il y a une sérieuse violation de droits civils au sein de population palestinienne en Cisjordanie », déclare Morganti au Times of Israel. 

« Je pense qu’il est important que nous nous souvenions de nos valeurs et examinions sans relâche si nos valeurs correspondent à nos actions ; cet événement est une occasion de le faire, quelles que soient les conclusions des gens »,poursuit Morganti.

Zellner, 77 ans, l’oratrice la plus âgée de la tournée, raconte avoir suivi l’évolution d’Open Hillel et se félicite de l’initiative populaire des étudiants.

« L’ouverture des centres Open Hillel est un événement magnifique dans la communauté juive. Je n’aime pas cette politique où l’on décrète qui peut parler ou non. »

« Tout le monde parle de la liberté de parole tout le temps, mais une institution vénérable ne la respecte pas. »

Jacobs convient de la légitimité du débat entre des opinions divergentes.

« Je comprends le dilemme difficile de Hillel International et oui, nous devons avoir des lignes directrices, mais nous devons aussi trouver des moyens pour que nos étudiants s’engagent dans des discussions sérieuses avec ceux qui partagent des opinions politiques différentes des positions officielles de Hillel », déclare Jacobs.

Zellner a commencé à militer dans le conflit israélo-palestinien en 2002, après avoir entendu un discours du pacifiste israélien Uri Avnery. Depuis, elle a voyagé en Israël et dans l’Autorité palestinienne une douzaine de fois et s’est portée volontaire dans des organisations telles que Médecins pour les droits de l’Homme.

« Pour moi, il y a beaucoup de ressemblances avec ce que j’ai vécu dans le Sud. Un grand nombre de Juifs [israéliens] vivent dans une bulle ; ils se moquent de la situation, ne veulent pas savoir. »

Le vétéran de Freedom Summer, Larry Rubin, était récemment en Israël. Il a déclaré au Times of Israel que si la situation israélo-palestinienne était complexe, « voir les rues du territoire contrôlé par Israël où certaines personnes ne sont pas autorisées à marcher et des lieux interdits à certaines personnes fait penser aux expériences que j’ai vécues dans le Mississippi, dans la lutte contre la ségrégation dans les années 1960 ».

Mais les opinions de Zellner et de Rubin ne sont guère partagées par tous, même parmi les militants des droits civiques. Anthony Hardy Williams, dont le père Hardy Williams a travaillé avec Martin Luther King Jr pour briser le racisme à Penn State, a vu un côté différent d’Israël lors d’une visite récente.

« Nous qui avons visité Israël connaissons la vérité de près. Le pays n’est pas parfait (qui l’est ?), mais il s’efforce de coexister pacifiquement avec ses voisins. Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient qui fonctionne et le leader régional du respect des droits humains et civils », a-t-il écrit dans le New York Post.

« Israël accueille les Arabes comme des citoyens qui contribuent à sa démocratie et au processus législatif, à ses institutions militaires, ses universités, qui siègent dans son Parlement et occupent des postes supérieurs dans la magistrature. C’est aussi la seule nation dans l’histoire qui a fait venir des dizaines de milliers d’Africains (des Juifs éthiopiens) afin qu’ils deviennent des citoyens, et non des esclaves », fait remarquer Williams.

Le BDS poursuit le militantisme non-violent pour les droits civiques

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il pensait être l’héritage des militants des droits civiques, Jacobs dit : «Les militants des droits civils juifs ont démontré une fois de plus que notre tradition juive est sérieuse sur les questions de justice. Avant le mouvement juif des droits civils, les Juifs étaient impliqués dans la lutte pour la justice sociale et n’ont pas cessé depuis ».

Zellner acquiesce.Lors d’un récente rencontre interreligieuse à Harvard, coorganisé par le campus Hillel, il a déclaré : « En tant que Juif, je ressens l’obligation juive de défendre les opprimés. Je considère les Palestiniens comme étant des opprimés. »

Manifestation contre les produits israéliens dans un supermarché britannique Tesco, Juillet 2014 (capture d'écran: YouTube / Kashif Raza)

Manifestation contre les produits israéliens dans un supermarché britannique Tesco, Juillet 2014 (capture d’écran: YouTube / Kashif Raza)

Zellner soutient que le mouvement BDS, étiqueté comme un moyen de délégitimer l’État d’Israël, est pour elle une continuation de l’activisme non-violent pour les droits civiques.

« Dans le mouvement des droits civiques, nous utilisions tout le temps le système des boycotts. Si personne n’achète dans votre magasin, vous finissez par abandonner. »

Le mouvement BDS « a été réduit par la droite à ce discours : ‘Vous appelez à la destruction d’Israël’. Je dois me défendre. Non, je ne veux pas la destruction d’Israël, je parle de la politique d’Israël ». Le BDS est un mouvement populaire actif dans le monde entier pour changer la politique israélienne », explique Zellner.

« Si vous prenez au sérieux votre patrimoine juif, vous avez voix au chapitre – vous ne pouvez rester les bras croisés ! Ce que nous voyons est mal, alors nous nous levons et parlons jusqu’à en perdre la voix », poursuit Zellner.

La tournée d’Open Hillel, souligne-t-elle, n’est pas une proclamation de soutien au BDS ; c’est un moyen de diffuser des opinions diverses sur le campus.

Parlons-en, justement, des opinions diverses.

Selon un récent article d’opinion publié dans le Forbes : « Le mouvement BDS enflamme au lieu d’éclairer le dialogue mondial sur le processus de paix. Israël investit massivement en Palestine ; le reste du monde ne s’en soucie pas. »

L’auteur controversé Norman Finkelstein traite dans une interview de 2012 de ce qu’il appelle « le culte » du BDS.

« Nous devons être honnêtes, et je déteste la mauvaise foi : ils ne veulent pas d’Israël… Vous connaissez et je connais le résultat [d’une réussite du BDS] : Plus d’Israël », affirme Finkelstein.

Un partisan du BDS lors d’une rencontre Hillel à Harvard

Zellner a participé à une rencontre interreligieuse à Harvard le 25 février, parrainée notamment par Hillel. L’événement, intitulé « De Selma à Ferguson : la tradition religieuse comme solidarité » avait lieu en marge de la tournée de conférences Freedom Summer organisée par Open Hillel.

Le rabbin Jonas Steinberg, directeur exécutif de Harvard Hillel, raconte au Times of Israel que même s’il n’avait de prime abord pas voulu participer à la rencontre, il a changé d’avis pour garantir la présence d’un orateur juif pro-israélien. En plus de la position pro-BDS de Zellner, les 50 étudiants qui ont assisté au débat ont également entendu Yavilah McCoy, orthodoxe, Juif afro-américain et défenseur des Juifs de couleur aux États-Unis.

Le rabbin Abraham Joshua Heschel (deuxième à droite), lors de la marche à Selma avec le Révérend Martin Luther King, Jr., Ralph Bunche, le républicain John Lewis, le révérend Fred Shuttlesworth et le révérend CT Vivian. (Crédit : Autorisation de Susannah Heschel)

Le rabbin Abraham Joshua Heschel (deuxième à droite), lors de la marche à Selma avec le Révérend Martin Luther King, Jr., Ralph Bunche, le républicain John Lewis, le révérend Fred Shuttlesworth et le révérend CT Vivian. (Crédit : Autorisation de Susannah Heschel)

« Harvard Hillel est engagé à un travail constructif avec Israël. Le BDS exhorte à une déconnexion avec Israël… Les tactiques du BDS nuisent aux Israéliens qui recherchent des solutions et augmentent la peur en Israël ; les tactiques du BDS ne mènent pas à la coopération où à l’espoir », déplore Steinberg.

« Dans le même temps, nous ne devons pas faire la taupe, nous devons avoir le courage de débattre de questions et de nous assurer que nos opinions soient largement entendues et comprises. Comme Israël lui-même, nous devons poursuivre le dialogue en cas de graves désaccords », plaide-t-il.

En quoi l’événement de Harvard était-il différent ? Il n’était pas ouvertement centré sur Israël ou sur le BDS, précise Andy Gitelson, directeur exécutif de la Fondation Hillel Oregon.

« Notre politique concernant Israël n’interdit à personne de faire une déclaration qui soutienne le BDS ou critique Israël – ce qu’elle dit, c’est que nous n’accueillerons pas d’événement ou de groupe dont le seul but est de soutenir ou de parler du BDS contre Israël… L’affirmation selon laquelle Hillel est en quelque sorte ‘fermé’ parce que nous choisissons de ne pas donner de chaire à ceux dont le seul but est de nier le droit d’Israël à exister ou qui pensent que le boycott d’Israël est la voie vers une région pacifique est complètement faux », déclare Gitelson.

Mais pour Eden, activiste de Hillel, la tournée de conférences est simplement une tactique pour saper la mission primordiale de Hillel.

« Cette tournée a été pré-annoncée par groupe d’activistes de Open Hillel pour faire une seule chose : violer les lignes directrices de notre organisation. Par conséquent, l’intention n’était pas d’éduquer, mais uniquement de promouvoir une propagande politique… Il est regrettable que ces anciens combattants des droits civils juifs, qui comme des milliers d’autres Juifs ont œuvré pour parvenir à une égalité raciale dans notre pays, ont accepté d’être manipulés par cette petite bande d’étudiants militants. Compte tenu de son intention malveillante de compromettre la mission globale de Hillel ce programme est affligeant. »

La tournée de conférences commencera le 22 mars et arrivera à l’Open Hillel de Swarthmore le 24 mars.
Les étudiants juifs de Swarthmore ont passé la dernière année à réfléchir sur la façon d’envisager leur « ouverture ».

Pour la présidente de Swarthmore Hillel, Sarah Revesz, «Être ouvert signifie créer un espace où nous pouvons écouter différents points de vue – un espace fondé sur le respect et un véritable désir d’apprendre des autres et d’apprendre sur nous-mêmes. »

La branche de Hillel à la faculté de Swarthmore en Pennsylvanie rejette ouvertement les lignes directrices sur le débat sur Israël adoptées par le groupe de coordination internationale. (Crédit : Wikicommons / via JTA)

La branche de Hillel à la faculté de Swarthmore en Pennsylvanie rejette ouvertement les lignes directrices sur le débat sur Israël adoptées par le groupe de coordination internationale. (Crédit : Wikicommons / via JTA)

Le thème de la justice sociale, qui comprend l’événement des anciens combattants des droits civils, porte « autant sur la discussion que sur la présentation », déclare le président du comité israélo-palestinien de programmation Joshua Wolfsun.

« Nous voulons que les étudiants s’engagent de manière critique et réfléchissent aux histoires et aux points de vue de nos conférenciers. En aucun cas, cet événement ne donnera exclusivement la parole à une seule opinion. »

C’est le manque de pluralité d’opinions qui a conduit l’activiste Zellner à cette tournée de conférences. D’après son expérience, les débats en Israël sont beaucoup plus ouverts qu’entre Juifs américains.

« Aux États-Unis, parler d’Israël est difficile et cela a des conséquences graves sur la vie juive. Les gens sont devenus hystériques. On m’a traitée de ‘kapo’, ce qui vous donne un exemple du niveau du discours dans ce pays », regrette Zellner.

Rubin convient que les Israéliens sont capables d’être autocritiques.

« J’ai parlé à beaucoup d’Israéliens qui n’avaient pas peur de dire qu’ils pensent que le gouvernement actuel exacerbe les problèmes. Dans le Mississippi des années 1960, les Blancs avaient peur de critiquer les politiques ségrégationnistes du gouvernement de leur Etat car quand ils le faisaient, ils étaient mis en quarantaine », déclare Rubin.

Zellner attend un peu plus des Juifs américains, les champions historiques de la liberté d’expression.
« Une loyauté aveugle à Israël n’aide pas Israël. Ces étudiants cartographieront le génome humain, viseront les étoiles, remporteront le prix Pulitzer. Et ils n’auraient pas le droit d’entendre ce que j’ai à dire ? »