Chrissie Hynde a ouvert le concert du groupe The Pretenders, samedi soir à Tel Aviv, elle a débuté sa performance en brandissant un géant drapeau israélien et l’a conclue en disant à la foule rassemblée pour le spectacle qu’elle était « le meilleur public au monde ».

Mais Hynde, dont le groupe a interprété un set extraordinaire de presque deux heures et comblé la Menora Mivtachim arena bondée, réservait un compliment d’une plus grande importance encore à Israël. Végétarienne et militante des droits des animaux depuis longtemps, elle a indiqué que l’état était l’un des pays leaders dans le monde en termes de droits des animaux.

Pleinement consciente toutefois du fait que tout n’est pas parfait au sein de l’Etat juif lorsqu’il s’agit d’évoquer les droits des animaux, Hynde avait choisi de porter un tee-shirt sur lequel était dessiné un boeuf assorti d’un texte en hébreu déclarant qu’il est temps de « stopper les transports d’animaux vivants » – qui sont amenés depuis l’étranger pour l’engraissement et abattus ici.

Chrissie Hynde brandit un grand drapeau israélien au début du concert du groupe The Pretenders à Tel Aviv, le 23 septembre 2017 (Crédit : Equipe du Times of Israel)

Chrissie Hynde brandit un grand drapeau israélien au début du concert du groupe The Pretenders à Tel Aviv, le 23 septembre 2017 (Crédit : Equipe du Times of Israël)

La chanteuse, auteur-compositrice et guitariste d’Akron, née dans l’Ohio, a indiqué avoir appris quelques mots d’hébreu lors des deux jours précédant, déclarant les avoir oubliés – elle a ajouté qu’elle laisserait l’hébreu aux soins de Mick Jagger.

Elle a également ajouté avoir oublié le nom de « l’une de vos fêtes » pour laquelle son amie Sandra Bernhard lui avait proposé de dédicacer une chanson. Mais elle a dédié une chanson aux militants des droits des animaux qu’elle a été amenée à rencontrer lors de son voyage, a-t-elle indiqué, et elle en a consacrée une autre à ces vaches qu’elle chérit – ce qui est probablement une première en Israël.

Pour ceux qui ont pu croire qu’il s’agissait des débuts du groupe en Israël, Hynde a apporté une précision. Le groupe a joué ici en 1987, a-t-elle rappelé, et il lui a été donné de rencontrer, juste avant le concert de samedi soir, un homme qui lui a dit ne plus jamais avoir mangé de viande depuis cette nuit-là – une anecdote qu’elle a narrée avec un plaisir non dissimulé.

Le set a été un mélange riche d’une carrière de presque 40 ans, passant de titres très rock à d’autres morceaux plus doux, avec notamment « Stop Your Sobbing », « Kid » et « Brass in Pocket » — les tubes qui ont rendu le groupe célèbre – et des versions émouvantes de « Hymn to Her » et de « I’ll Stand by You », qui ont été les temps forts de la soirée.

Du groupe original ne subsistent plus qu’elle et le batteur Martin Chambers et elle a dédié une chanson à James Honeyman-Scott et Pete Farndon, le guitariste et le bassiste fondateurs du groupe : sans eux, The Pretenders n’auraient pas existé, a-t-elle noté.

Mais bien sûr, a-t-elle ajouté avec franchise, sans The Pretenders, ils auraient pu être tout de même là. « Alors n’emm… pas le rock’n’roll, les gars », a-t-elle mis en garde.

Hynde était assurément de bonne humeur et l’accueil chaleureux qu’elle a reçu ne peut que l’y avoir aidée. Elle semble adorer les nouveaux membres de son groupe – et en particulier le guitariste James Walbourne — et tolérer avec bonheur les excentricités de Chambers.

C’est raisonnablement le cas : il s’agit d’un batteur singulier et efficace, relativement peu dépendant de la cymbale Charleston, et il a offert un solo particulier lors d’une performance où il n’a pas utilisé sa main gauche.

Hynde reste néanmoins la star indubitable du concert et sa voix, dans cette salle au plafond haut, à la fois chaleureuse, forte et puissante,a impressionné. Elle a 66 ans – vérifiez si vous ne me croyez pas – et elle se trouve dans une forme exceptionnelle.

A la fin, Hynde a signé de bon coeur une pochette de disque et autres souvenirs pour les spectateurs des premiers rangs alors même qu’elle chantait le dernier rappel, « Brass in Pocket ». Et elle a laissé derrière elle un public charmé qui, sans aucun doute, espère vivement ne pas attendre encore trente années supplémentaires avant de la voir revenir sur la scène israélienne.