Des centaines de Juifs libéraux s’opposent publiquement à la reconnaissance de Jérusalem par Trump
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Des centaines de Juifs libéraux s’opposent publiquement à la reconnaissance de Jérusalem par Trump

Des dissidents s’élèvent contre le soutien de leur mouvement à la déclaration, qui ne fera selon eux qu’attiser les tensions et diminuer les espoirs de paix

Le président américain Donald Trump signe un mémorandum après avoir prononcé une discours sur Jérusalem dans la salle d'accueil diplomatique de la Maison Blanche à Washington le 6 décembre 2017 (Crédit : Saul Loeb / AFP)
Le président américain Donald Trump signe un mémorandum après avoir prononcé une discours sur Jérusalem dans la salle d'accueil diplomatique de la Maison Blanche à Washington le 6 décembre 2017 (Crédit : Saul Loeb / AFP)

Des centaines de Juifs libéraux ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils rejettent le soutien de leur mouvement pour la reconnaissance américaine de Jérusalem capitale d’Israël.

La lettre, publiée dimanche soir, a recueilli quelque 250 signatures en ligne dans les premières 36 heures. Tous les signataires sont d’anciens ou d’actuels affiliés du Jewish Theological Seminary (JTS), la principale institution d’enseignement du judaïsme du mouvement libéral, ou de la Grande Synagogue du Judaïsme Libéral (United Synagogue of Conservative Judaism), l’organisation fédératrice du mouvement. Des dizaines de rabbins ont signé la lettre.

Après la reconnaissance officielle de Jérusalem capitale d’Israël par le président Donald Trump la semaine dernière, les institutions du mouvement libéral ont publié au moins trois déclarations, toutes soutenant la relocalisation. Dans sa déclaration, le JTS se dit « rassuré » par la reconnaissance. Dans une déclaration de l’ensemble du mouvement, signée par 13 associations libérales, les Libéraux se disent « heureux » de cette décision.

« Le statut de Jérusalem est un sujet devant être traité lors de négociations directes entre Israël et les Palestiniens » avance cette déclaration des associations libérales.

« Mais en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en prévoyant d’y relocaliser l’ambassade américaine dans un endroit sous souveraineté israélienne incontestée, le gouvernement américain reconnaît l’ancestrale connexion qu’Israël et le peuple juif entretiennent avec la Ville sainte ».

La seule note critique apparaît dans la déclaration de l’USCJ (United Synagogue of Conservative Judaism). Tout en affirmant « qu’Israël, comme toutes les nations, doit être libre de déterminer sa capitale », elle ajoute : « nous nous interrogeons sur la pertinence de la reconnaissance en ce moment ». Les trois déclarations des mouvements libéraux font largement référence au besoin de trouver une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

« Que gagnons-nous à faire cela maintenant ? », questionne le directeur d’USCJ, le rabbin Steve Wernick, en réponse à JTA mardi, ajoutant que la reconnaissance de Jérusalem « a toujours été considérée par les États-Unis comme quelque chose pouvant pousser les parties vers la paix. Il manque le contexte ».

Mais, poursuit-il, « comment, en tant que peuple qui savons que Jérusalem a été la capitale du peuple juif depuis 3 000 ans, et celle de l’État d’Israël depuis 70 ans, ne pas nous réjouir de cette décision ? »

La lettre des dissidents s’oppose à la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël, signée le 6 décembre dernier, stipulant que cela attisera les tensions dans la ville, mettant des vies en danger, et réduira les perspectives de paix.

« Nous croyons que le soutien pour la déclaration du président Trump est à la fois une vue politiquement à court terme, et moralement dangereux » affirme la lettre.

« Cela a déjà coûté la vie de plusieurs Palestiniens et en coûtera sûrement d’autres. En tant qu’institutions engagées dans la Kevod HaBriyot, la dignité humaine pour tous les peuples, JTS et USCJ ne devrait ni « être rassurées » ni « applaudirent » la décision qui conduira à la violence, pérennise un peu plus l’occupation, et endommage les perspectives de paix.

Le mouvement réformiste qualifie cette décision d’ « inopportune » et ajoute qu’il ne peut soutenir le fait que cette décision ne soit pas accompagnée d’un plan global pour un processus de paix, et alors que les organisations orthodoxes la soutiennent avec enthousiasme.

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