Une nouvelle interface de cartographie en ligne utilisant des photos du satellite espion de la guerre froide a révélé des milliers de nouveaux sites archéologiques à travers le Moyen-Orient, mais le développement urbain et agricole rapide d’Israël dans ses premières années diminue la chance de faire de nouvelles découvertes ici.

Le nouvel Atlas Corona du Moyen-Orient, un projet qui s’est achevé et a été dévoilé la semaine dernière, superpose des images haute définition des satellites américains Corona sur des images satellites plus récentes disponibles sur Google Maps.

Les photos Corona, rendues public en 1995, offrent aux archéologues des prises de vue aériennes très nettes sur une large bande du Moyen-Orient qui s’étend du sud de l’Egypte à l’Iran.

Un examen attentif des photos a permis aux archéologues de tripler le nombre de sites archéologiques connus dans le Moyen-Orient.

« Parce que Corona a généralement capturé [les images] tôt le matin ou en fin d’après-midi dans un effort de mettre en relief la topographie, la lumière du soleil éclaire même modestement le moindre monticule des sites », écrivent Dr Jesse Casana de l’Université de l’Arkansas et ses collègues dans un article en 2012 sur les photographies utilisées en archéologie.

« Certains de ces sites sont gigantesques, et ils étaient totalement inconnus », a déclaré Casana au National Geographic la semaine dernière.

« Nous pouvons voir toutes sortes de choses – des anciennes routes et des canaux. Les images donnent un aperçu très complet ».

Casana a déclaré au Times of Israel dans un email que le gros du travail du projet se fait avec le nord du Croissant fertile, l’arc de la terre habitable allant du golfe Persique au nord du Liban, qui englobe les vallées du Tigre et de l’Euphrate.

Pour Israël, il a écrit dans son papier de 2012, « l’imagerie Corona s’est avéré avoir moins de valeur que dans d’autres régions du Proche-Orient, car la région avait déjà fait l’objet de nombreuses constructions à l’époque où Corona a été acquis dans les années 60 ».

Dr Michael Press, un autre archéologue utilisant la photographie aérienne pour mieux comprendre le passé lointain, a étudié les photos du satellite espion de la région autour de la ville méridionale d’Ashkelon, qui était dans l’antiquité une ville philistine majeure.

Il a écrit que ses tentatives pour identifier les sites archéologiques autour d’Ashkelon à partir des images satellites espions se sont jusqu’ici révélées infructueuses, et qu’« il serait difficile de trouver de nouveaux sites dans le reste du pays aussi ».

« Au moment où les images CORONA ont été prises, à la fin des années 60 et au début des années 1970, Israël était déjà assez bien construit, grâce à l’urbanisation et l’agriculture mécanisée – beaucoup plus que la Syrie et l’Irak où le travail [de Casana] est concentré », écrit Press dans un e-mail.

De plus, continue-t-il, contrairement à la Syrie et l’Irak, l’Autorité des antiquités d’Israël a mené une étude beaucoup plus approfondie des sites antiques du pays. « Il y a aussi le fait que les sites en Syrie et en Irak ont tendance à être plus grandes et donc plus faciles à trouver sur cette imagerie satellite ».

Casana et ses collègues ont cependant étudié les autres images satellites de l’Etat juif, en particulier la frontière entre Israël et la péninsule du Sinaï d’Égypte dans le cadre de leur analyse de l’intensification agricole.

D’en haut, la ligne séparant les deux pays « est l’une des rares frontières étatiques facilement visibles depuis l’espace », a écrit Casana.

Casana et al. a écrit que le contraste entre le côté israélien et le côté égyptien a été « entraîné par les pratiques radicalement différentes de l’utilisation des terres de chaque côté de la frontière ».

Pour l’Egypte, dont la vallée du Nil fournit des terres agricoles abondantes, « le désert aride sur la bordure orientale de la péninsule du Sinaï, loin des populations, n’est utilisé que comme pâturage pour les troupeaux de chèvres et de chameaux ».

Le territoire limité d’Israël et sa population en plein essor entraîne une « expansion continue et une intensification de l’agriculture dans les régions non habitées depuis des millénaires ».