Des milliers de personnes sont allées rendre un dernier hommage peu après minuit samedi soir à la garde-frontière assassinée vendredi dans une attaque terroriste à Jérusalem, se souvenant de Hadas Malka comme d’une « combattante qui aimait profondément les gens ».

Malka a été enterrée au cimetière militaire d’Ashdod, ville côtière du sud du pays, lors d’un service auquel ont assisté, outre ses amis et sa famille, des responsables de l’armée et de la police, un ministre, des politiciens et d’autres personnalités.

« Tu nourrissais tant de rêves, nous voulions te voir sous la houpa », a déclaré Guy, le frère de Malka, dans un éloge funèbre, selon le site d’information Walla. « Lève-toi, Hadassi, dis-nous que cela n’est qu’un rêve. Un terroriste maudit a détruit tous nos rêves. Nous ne t’oublierons jamais, toi, notre sœur héroïque qui a sauvé Jérusalem. »

Malka, 23 ans, était en patrouille aux abords des murailles de la Vieille Ville de Jérusalem lorsqu’elle a été attaquée rue du sultan Souleymane, près de la porte de Damas, vendredi soir. Elle a été poignardée dans la partie supérieure du torse et transportée dans un état critique à l’hôpital Hadassah du mont Scopus à Jérusalem, où elle a subi une intervention chirurgicale en urgence. Elle a ensuite succombé à ses blessures.

Hadas Malka, 23 ans, garde-frontière, a été tuée dans une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : autorisation)

Hadas Malka, 23 ans, garde-frontière, a été tuée dans une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juin 2017. (Crédit : autorisation)

Elle a lutté contre son agresseur plusieurs secondes, alors qu’elle tentait de se saisir de son arme, selon un communiqué de la police des frontières. Elle avait par ailleurs riposté avec plusieurs militaires à un attentat commis quelques secondes plus tôt par deux autres Palestiniens qui avaient pris pour cible les soldats à l’aide de couteaux et d’une arme automatique au Tombeau de Sédécias.

« Tu te préoccupais de tout le monde, tendait toujours la main pour aider , ta joie de vivre touchait tout le monde », a déclaré Roni Alsheich, chef de la police, pendant son éloge funèbre. « Tu aimais tout le monde. Tu restais à distance des bavardages,et des commérages sur autrui. Tu étais une combattante qui aimait profondément les autres ».

Malka, qui habitait le moshav Givat Ezer dans le centre d’Israël, laisse derrière elle ses parents, trois sœurs et deux frères.

Selon les médias israéliens, ce sont des milliers de personnes qui ont assisté à la cérémonie d’enterrement. Aux côtés de ceux qui connaissaient Malka personnellement, un certain nombre de politiciens israéliens étaient présents, dont le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, le chef de l’opposition Isaac Herzog, le ministre de l’Intégration Sofa Landver et le député Amir Peretz.

Erdan a rendu hommage à Malka, qui avait choisi de s’enrôler dans la police des frontières, même si elle aurait pu opter pour un poste où elle n’était pas tenue de combattre, ou de simplement entrer dans la vie civile.

« Nous continuerons à avancer sur la voie choisie par Hadas en continuant à pourchasser partout nos ennemis », a-t-il déclaré, selon Walla.

Ses amies, le cœur brisé, se sont rappelées samedi comment elles avaient appris l’attentat et tenté d’envoyer un message à Malka, comme elles le faisaient à chaque fois qu’il y avait un incident à Jérusalem, où elle était en service. Cette fois, elle n’a pas répondu. Quelques instants avant l’attaque, elle avait envoyé à des amies un selfie pris durant sa garde.

Le selfie envoyé par la garde-frontière assassinée Hadas Malka à des amis avant qu'elle ne soit tuée (Autorisation)

Le selfie envoyé par la garde-frontière assassinée Hadas Malka à des amis avant qu’elle ne soit tuée (Autorisation)

« Je me suis réveillée d’une sieste et ma mère m’a appris qu’une attaque avait eu lieu à Jérusalem. Et j’ai demandé : ‘Comment peut-il y avoir eu un attentat ? Elle vient de nous envoyer un message' », a raconté Nofar Sarusi au site d’information Ynet.

« A chaque fois qu’il y avait une attaque à Jérusalem, je lui envoyais un SMS pour voir si elle allait bien et elle me répondait, ajoute Sarusi. Hier, elle n’a tout simplement pas répondu. »

Des amis ont évoqué le passage de Malka dans la marine, rêvant de rejoindre une unité de combat. Elle avait été transférée à la police des frontières, où elle avait fait le reste de son service militaire obligatoire, puis l’avait prolongé de quinze mois pour devenir officier.

Amit Azulai, une amie de Malka, a expliqué pour sa part à la Deuxième chaîne que Malka était une « Wonder Woman de la vraie vie… Un bon cœur et une personnalité optimiste. »