Des ONG israéliennes ont lancé vendredi un cri d’alarme collectif face à une violente campagne dénonçant leurs responsables comme des agents de l’étranger et leur attirant harcèlement et menaces de mort.

« Nous faisons face à une campagne orchestrée qui vise à détruire la société civile en Israël, à une vague d’attaques sans précédent nourrie au plus haut niveau politique, y compris par le Premier ministre (Benjamin) Netanyahu », a dénoncé Yuli Novak, présidente de « Breaking the Silence », une ONG offrant une plate-forme aux soldats pour dénoncer les agissements, selon eux, condamnables de l’armée.

Cinq ONG ont organisé dans un vaste hangar de Tel-Aviv un rare évènement commun, à la fois festif et militant, pour exprimer leur inquiétude devant les attaques de plus en plus dures auxquelles elles sont soumises depuis des mois.

Elles ont dit au cours d’une conférence de presse parler au nom d’une cinquantaine d’organisations du camp de la paix ou de défense des droits de l’Homme.

L’évènement a eu lieu sous la protection d’un service de sécurité privé maintenant à distance des manifestants brandissant des pancartes sur lesquelles étaient inscrit « traîtres ».

Les dirigeants de ces associations affirment recevoir des menaces de mort et être harcelés jusque chez eux.

Ces organisations bénéficiant pour beaucoup de la reconnaissance internationale s’alarment à présent d’un projet de loi gouvernemental qui doit être examiné en première lecture au Parlement la semaine prochaine.

Le texte vise à contraindre les ONG à afficher publiquement leur financement par des gouvernements étrangers. Ayelet Shaked, instigatrice de ce projet et ministre de la Justice de l’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël, assure qu’il ne vise spécifiquement aucune ONG.

Dans les faits, ce sont les ONG réputées de gauche qui semblent de loin les plus visées.

« Le gouvernement veut que tout notre temps et toute notre énergie soient investis, non pas dans nos luttes, mais dans la lutte contre leur législation anti-démocratique », a déclaré Tania Hary, présidente de Gisha, association qui lutte pour la liberté de mouvement des Palestiniens.

« Notre gouvernement fait tout pour détourner l’attention » de son impuissance à faire cesser les violences actuelles, de l’isolement international d’Israël et du ralentissement économique, a dit Mme Novak.

La ministre de la Justice défend sa proposition par un souci de transparence et la volonté de combattre les ingérences étrangères.