La justice israélienne a annoncé mercredi avoir inculpé deux Israéliens accusés d’avoir provoqué un incendie le 18 juin dans l’église de la Multiplication des pains au bord du lac de Tibériade.

Les deux hommes, de confession juive et âgés d’une vingtaine d’années, sont accusés d’avoir mis le feu à l’église « pour des motifs de haine envers le christianisme », selon un communiqué du ministère de la Justice.

La police avait annoncé il y a deux semaines avoir arrêté plusieurs suspects pour l’incendie le 18 juin du sanctuaire de Tabgha, haut lieu du christianisme construit sur le site où selon la tradition le Christ aurait accompli le miracle de la multiplication des pains.

Le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, a de son côté affirmé mercredi que les suspects appartenaient à « un groupe à l’idéologie radicale, actif depuis 2013, soupçonné d’autres actes antichrétiens et d’agressions contre des civils palestiniens ». Le groupe est notamment suspecté d’avoir brûlé des maisons de Palestiniens en Cisjordanie et tenté de mettre le feu à l’église de la Dormition à Jérusalem.

Le Shin Bet cite un site internet proche de ce groupe qui avait appelé à « la lutte contre les idolâtres et la présence d’églises en terre sainte ».

Deux pièces du complexe entourant l’église située sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade avaient été ravagées par le sinistre qui avait suscité l’indignation. L’église elle-même n’avait pas été atteinte par les flammes.

Les auteurs avaient laissé derrière eux, en grand et en rouge, un graffiti en hébreu, tiré d’une prière juive, appelant à éliminer d’Israël les idoles païennes.

Le sanctuaire de Tabgha attire chaque jour environ 5.000 visiteurs, selon les autorités catholiques. Il est bâti sur une église et une basilique des IVème et Vème siècles elles-mêmes édifiées là où le Christ aurait multiplié cinq pains et deux poissons pour nourrir des milliers de fidèles.

Il abrite des mosaïques parmi les plus anciennes de l’art figuratif chrétien dans la région.