Dans un jugement sans précédent, la cour du district de Tel Aviv a interdit lundi un club de strip-tease situé dans le quartier des affaires de Ramat Gan, après avoir déterminé que de tels établissements « ne doivent pas être considérés comme un divertissement ».

La magistrate Michal Agmon-Gonen a donc répondu favorablement à l’initiative du conseil municipal de faire fermer le club, ouvert depuis 24 ans. Cette démarche a pour objectif d’améliorer le quartier.

Le propriétaire du club, Eran Yerushalmi, avait été inculpé en 2011 pour avoir ouvert son club sans permis préalable, mais les autorités avaient reporté leur jugement pour lui donner l’opportunité de demander une autorisation. Ce qu’avait fait Yerushalmi, dont la demande avait été ensuite rejetée – une décision dont il avait fait appel.

Agmon-Gonen a rejeté l’appel de Yerushalmi, se mettant du côté de la ville et affirmant ainsi que cette activité ne peut être considérée comme un divertissement.

Dans son jugement, elle a expliqué que les clubs de strip-tease « objectivent les femmes dans un but d’excitation sexuelle […] et ne sont pas du tout considérés comme un ‘divertissement’. »

Plus de 100 hommes et femmes participent à une manifestation aux abords du club de strip-tease le "Gogo", à Tel Aviv le 22 décembre 2016 (Crédit : Flash90).

Plus de 100 hommes et femmes participent à une manifestation aux abords du club de strip-tease le « Gogo », à Tel Aviv le 22 décembre 2016 (Crédit : Flash90).

Elle a ajouté que même si la loi exige que ces clubs obtiennent une autorisation, ils ne devaient pas être tacitement approuvés.

« Le fait que la loi exige la régulation d’une entreprise commerciale n’indique pas que la loi justifie de telles pratiques », a-t-elle écrit.

« Ces pratiques sont dégradantes, elles objectivent les femmes et elles contreviennent à leur dignité d’êtres humains », a-t-elle écrit. « La loi dans son entièreté œuvre à l’éradiquer. »

Même si le jugement de lundi ne s’applique qu’aux clubs de strip-tease du quartier des affaires de Ramat Gan, il pourrait établir un précédent pour de futurs cas.

Ilan Luckfish, avocat du propriétaire du club, a jugé la décision prise par le tribunal « absurde » et a indiqué que « le divertissement sexuel est une forme de divertissement. »

« Ce n’est pas un club de strip-tease », a-t-il déclaré au micro de la radio israélienne mardi, « mais un peep show. »

Luckfish a ajouté qu’il n’y a pas de contact entre les clients et les danseuses, et que le club ne doit pas être considéré comme appartenant à l’industrie du sexe.

« Il y a des femmes pour lesquelles c’est un moyen d’expression, a-t-il affirmé. Il y en a certaines qui rêvent d’apparaître dans de tels spectacles. »

La députée Tamar Zandberg, du parti de gauche Meretz, a fait part de sa satisfaction après cette décision dans un post publié sur Facebook, saluant la magistrate pour son message important.

« C’est une déclaration courageuse et importante sur la nature du strip-tease, a-t-elle écrit. Le strip-tease n’est pas un divertissement, ni quelque chose à traiter avec légèreté. Il fait plutôt partie intégrante de l’industrie du sexe. »