Cette décision doit être « utile à la paix » et non pas seulement « symbolique », a déclaré mardi le chef de la diplomatie Laurent Fabius, au lendemain d’un vote du parlement britannique en faveur de cette reconnaissance.

« A partir du moment où nous disons qu’il faut qu’il y ait deux Etats (israélien et palestinien), il y aura nécessairement une reconnaissance de l’Etat palestinien, cela va de soi, c’est logique », a déclaré M. Fabius devant les députés.

« La seule question c’est quelles sont les modalités et comment pour être le plus efficace possible. Ce que nous voulons, c’est non pas une question symbolique, c’est être utiles à la paix », a-t-il poursuivi, répétant que « le moment venu il y aura bien une reconnaissance de l’Etat palestinien ».

Pour la première fois, M. Fabius a apporté un peu plus de précisions sur ce « moment venu »: « Jusqu’à présent l’idée qui a prévalu c’est que la reconnaissance devait être liée à la négociation. A partir du moment où la négociation serait impossible ou n’aurait pas de conclusion, il faudrait évidemment que la France prenne ses responsabilités », a-t-il indiqué.

Des négociations israélo-palestiniennes menées pendant neuf mois sous l’égide du secrétaire d’Etat américain John Kerry ont échoué en avril dernier, et ne semblent pas devoir reprendre à court terme.

Les députés britanniques se sont symboliquement prononcé lundi soir pour la reconnaissance d’un Etat palestinien dans une motion appelant leur gouvernement à en faire de même, mais le vote était non contraignant.

Il y a dix jours, la Suède a annoncé sa décision de reconnaître officiellement la Palestine, une décision dénoncée par Israël et les Etats-Unis.

Quelque 134 pays dans le monde ont reconnu la Palestine, selon l’Autorité palestinienne, mais, au sein de l’Union européenne, aucun des pays susceptibles de peser sur le dossier n’a franchi le pas.