Les efforts visant à trouver des objets archéologiques enfouis dans le sol du mont du Temple à Jérusalem dans les années 1990 ont été interrompus à la suite de coupes budgétaires, ont annoncé les directeurs du projet dimanche.

Le Projet de Fouilles du mont du Temple a déclaré « être sur le point de fermer » après que la Fondation Ir David a retiré son soutien financier après 12 ans d’aide. « En l’absence de financement, nous ne serons pas en capacité de continuer nos fouilles pour trouver des fragments archéologiques », ont affirmé les responsables du centre.

L’organisation dirigée par Gabriel Barkay mène des fouilles dans du sol provenant du site pendant la période de construction entre 1996 et 1999. Le mont du Temple est considéré comme le lieu le plus saint du judaïsme, le site des deux templs juifs, et est aussi le troisième lieu le plus saint des musulmans.

Le Waqf islamique de Jérusalem, l’institution supervisant la mosquée al-Aqsa, a creusé dans une partie du mont du Temple afin de construire une mosquée souterraine dans une zone connue comme les Ecuries de Salomon. Des dizaines de milliers de tonnes de poussière, environ 400 chargements de camions, ont été extraits par des engins de chantiers, sans la supervision d’archéologues, et ont été déversées en dehors de la Vieille Ville.

Les tas de terre ont reposé dans la Vallée de Kidron pendant quatre ans jusqu’à ce que le projet commence en 2004. Depuis le début des opérations, a expliqué le Projet des Fouilles du mont du Temple, on a examiné environ 70 % du sol retiré du site.

Morceaux de mosaïque qui ornaient autrefois le Dôme du Rocher sur le mont du Temple. (Crédit : Projet du mont du Temple)

Morceaux de mosaïque qui ornaient autrefois le Dôme du Rocher sur le mont du Temple. (Crédit : Projet du mont du Temple)

Depuis le lancement du projet, plus de 250 000 volontaires du monde entier ont lavé à grandes eaux les seaux de terre en provenance du mont du Temple pour y trouver des objets minuscules.

La plupart des dizaines de milliers d’objets trouvés par les volontaires sont petits, de très nombreuses pièces de monnaie, d’innonbrables fragments d’argile, des figurines, des tuiles en mosaïque colorée, des perles, des têtes de flèches, des pierres gravées et quelques ossements.

Barkay a mis en lumière des figurines d’argile brisées pendant le période des rois justes de Judée, des impressions de sceau avec les noms de prêtes mentionnés dans le livre de Jérémie, et des pièces frappées pendant le règne du Roi Antiochos IV Epiphane, qui a combattu les Maccabées.

D’autres découvertes incluent des pièces rares, comme des demi-shekels frappés dans la première année de la Grande Révolte Juive contre les Romains en 66 de l’ère chrétienne ; une impression de sceau laissée dans l’argile, datant du 6e siècle avant l’ère chrétienne et portant le nom d’un officiel de Judée ; des tuiles de mosaïques dorées du début de la période islamique qui décoraient auparavant l’extérieur du Dôme du Rocher avant qu’il ne soit rénové. L’année dernière, on a annoncé qu’une ancienne amulette égyptienne avait été trouvée dans le sol.

Le parc national Emek Tzurim et le site du projet du mont du Temple avec le  Dôme du Rocher en arrière-plan (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israel)

Le parc national Emek Tzurim et le site du projet du mont du Temple avec le Dôme du Rocher en arrière-plan (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israel)

Le Projet des Fouilles du mont du Temple a publié dimanche un communiqué annonçant la fin des opérations, mentionnant le « manque de financements et les divergences entre les directeurs du Projet de Fouilles et la Fondation Ir David ».

Un an après le début des fouilles, le Projet des Fouilles du mont du Temple a été soutenu par la Fondation Ir David. Cette dernière avait accepté de couvrir les dépenses de fonctionnement du projet, alors que le laboratoire de recherche de Barkay resterait financé par des donations privées.

Ir David, également connu sous son acronyme hébreu Elad, a été critiqué parce qu’il aurait l’intention de judaïser des zones de Jérusalem est avec les liens juifs historiques et mettre en avant les récits historiques juifs aux dépens de plus de 1 300 ans d’histoire islamique.

« La Fondation Ir David a arrêté les fouilles il y a quinze jours, et nous ne pouvons pas continuer notre relation avec eux, a déclaré le Projet du mont du Temple. Nous ne reprendrons pas les fouilles avant que la publication de la recherche sur les découvertes que nous avons déjà effectuées aient été totalement financée et achevée. Nous prévoyons de le faire plus tard et souhaiterions le réaliser avec l’appui de l’état ».

Des bénévoles sur le site du projet du mont du Temple (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israel)

Des bénévoles sur le site du projet du mont du Temple (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israel)

Dans le même temps, le personnel de l’organisation a déclaré que « Ir David continuera à mener des fouilles à la recherche de matériel archéologique à Emek Tzurim sous le contrôle de l’Autorité des Antiquités, mais cela ne sera pas lié à notre projet en aucune manière ».

Un porte-parole pour la fondation Ir David a confirmé que l’organisation ne finançait plus le projet de fouilles.

« Il y a environ 12 ans, l’organisation Ir David a aidé à préserver la terre qui était extraite du mont du Temple, a déclaré Zeev Orenstein. Depuis ce moment-là, le groupe a financé volontairement les fouilles, les recherches dans la terre à hauteur de plusieurs millions de shekels. Nous espérons qu’une solution sera trouvée pour que ce projet national et international puisse continuer ».

Il n’a donné aucune explication concernant l’arrêt du financement.

L'archéologue Gabriel Barkay entouré d'étudiants américains de UCLA, sur le mont du Temple, le 1er janvier 2017. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)

L’archéologue Gabriel Barkay entouré d’étudiants américains de UCLA, sur le mont du Temple, le 1er janvier 2017. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)

Malgré des efforts pour obtenir un financement gouvernemental, les responsables du projet disent n’avoir reçu que des « vagues promesses » du Premier ministre Benjamin Netanyahu. C’est pour cette raison qu’ils ont lancé une campagne de financement populaire afin d’essayer de lever des fonds.

« Nous avons mis à jour d’innombrables objets et permis de fantastiques découvertes grâce à notre recherche. Mais des recherches supplémentaires sont nécessaires sur de nombreux objets », ont déclaré les responsables du projet.

« Compléter la recherche sur ces objets nous demandera peut-être de changer notre méthodologie ou nos approches par rapport au matériel, et nous voulons nous assurer qu’il y aura du matériel non filtré sur lequel utiliser une nouvelle méthode, si nécessaire. Même s’il était inattendu, l’arrêt des fouilles pourrait représenter un élément positif pour la méthologie de notre projet à long terme », ont-ils affirmé.

Alors que des critiques ont souligné que les objets trouvés n’ont pas été trouvés sur place, car les tas ont été laissés sans surveillance pendant plusieurs années avant d’être déplacés sur le site du Projet de Fouilles à la base du mont Scopus, Barkay insiste que les découvertes sont incontestablement liées au mont du Temple et disposent d’une importance scientifique si l’on souhaite répondre à des questions liées au site.

Bien que le Projet des Fouilles du mont du Templs se définisse lui-même comme étant « le premier matériel archéologique à avoir été jamais trouvé à l’intérieur du Mont du Temple lui-même », l’archéologue britannique R.W. Hamilton avait conduit des travaux au sommet du site en 1930 dans le cadre du Département des Antiquités sous le mandat britannique.