La traque du tueur du Musée juif de Bruxelles se poursuivait activement dimanche, au lendemain de l’attaque qui a fait quatre morts, dont un couple d’Israéliens, faisant resurgir le spectre de l’antisémitisme en Europe.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué dimanche la « position ferme » du pape François sur l’antisémitisme après l’attaque contre le Musée juif de Bruxelles.

« Nous apprécions la position ferme du pape contre l’antisémitisme notamment au vu de la haine croissante contre les Juifs dont nous sommes témoins ces derniers jours », a affirmé Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, alors que le pape François est attendu en Israël dans l’après-midi pour poursuivre son pèlerinage en Terre sainte.

Il a dénoncé certains Européens « qui s’empressent de condamner toute construction » israélienne à Jérusalem Est, « mais qui ne se pressent pas de condamner, ou s’ils le font de façon très mineure, le meurtre de Juifs ici ou en Europe, ou même applaudissent l’unité (inter-palestinienne) avec des éléments terroristes comme le Hamas, qui appellent à la destruction de l’Etat d’Israël ».

Netanyahu faisait allusion au récent accord de réconciliation entre l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), dirigée par le président Mahmoud Abbas, et le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, censé aboutir dans les prochains jours à la formation d’un gouvernement palestinien de « consensus national ».

« Nous faisons confiance aux autorités belges, notamment à la justice et à la police, pour faire toute la lumière sur ce crime abominable », a souligné le porte-parole.

Le Congrès juif européen a rappelé que l’attaque s’était produite deux ans après l’affaire « Mohamed Merah », du nom de ce Franco-Algérien qui avait assassiné quatre Juifs, dont trois enfants, et trois militaires à Toulouse, dans le Sud-Ouest de la France en 2012. « Deux ans après les meurtres sauvages de Toulouse, il s’agit à nouveau d’un exemple de ce à quoi la haine et l’antisémitisme mènent », a-t-il estimé.

Aucune information n’avait été divulguée dimanche matin sur l’évolution de l’enquête. La police recherche un homme qui « aurait pris la fuite à pied » du musée situé dans le coeur historique de Bruxelles, a indiqué le parquet de Bruxelles. « Nous essayons d’exploiter au maximum les images des caméras » installées dans le quartier, a précisé un porte-parole.

Le quotidien belge Le Soir a souligné, dans un éditorial publié sur son site Internet, « le potentiel déstabilisateur d’un tel acte » survenu quelques heures seulement avant un triple scrutin « crucial » en Belgique avec des élections législatives, régionales et européennes.

Les dernières heures de la campagne ont été marquées par le choc provoqué par la fusillade. Les dirigeants des six grands partis flamands ont annulé leur tout dernier débat télévisé qui devait avoir lieu samedi soir.

En pleine période électorale

Les Belges ont commencé à voter dimanche matin pour des élections législatives cruciales pour l’avenir du pays.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08h00 locales (06h00 GMT), quelques heures après l’attaque meurtrière contre le Musée juif de Bruxelles qui a provoqué un immense choc dans le royaume.

Près de huit millions d’électeurs sont appelés aux urnes. Les bureaux de vote fermeront entre 14h00 (12h00 GMT) et 16h00 (14h00 GMT). Le vote étant obligatoire en Belgique, la participation, bien qu’en baisse depuis plusieurs années, devrait frôler les 90 %.

Les premières projections sont attendues en milieu d’après-midi.

La principale crainte est que la Belgique revive à partir de lundi une crise comparable, voire pire, que celle née au lendemain des précédentes législatives, en 2010, lorsqu’il avait fallu 541 jours pour former un gouvernement.

Une fois de plus, tous les regards se tourneront vers la Flandre, la région néerlandophone du nord du pays, et en particulier vers le score du parti nationaliste N-VA du maire d’Anvers, Bart De Wever, qui avait été considéré comme à l’origine de ce blocage.

La Nouvelle alliance flamande devrait sortir de nouveau en tête côté néerlandophone, selon tous les sondages.

De Wever a fait de l’éviction des socialistes du Premier ministre sortant, le francophone Elio Di Rupo, son principal objectif. Pour tenter d’y parvenir, la N-VA devra dépasser le seuil symbolique des 30 % dimanche, estiment les analystes. Or un dernier sondage lui donnait 29,8 % des intentions de vote.