Israël ne peut pas et ne veut pas changer son mélange unique de religion et d’état, a déclaré dimanche à Jérusalem le directeur général du bureau du Premier ministre devant les journalistes juifs de la Diaspora.

« Alors que beaucoup de grandes démocraties du monde peuvent avec succès et élégamment séparer la religion de l’état, en Israël nous ne pouvons pas, a déclaré Eli Groner. Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas. Nous sommes un état nation souverain juif, pour le meilleur et pour le pire. »

Pendant le deuxième Sommet annuel des médias juifs à Jérusalem, Groner a également appelé les journaux juifs à moins se concentrer sur les relations extérieures d’Israël et plus sur ce qu’il se passe dans le pays.

« C’est un fait indiscutable que les journalistes juifs du monde entier passent un temps disproportionné à se concentrer sur la politique étrangère d’Israël. Je vous en supplie : enlevez le couvercle du pot, entrez dedans et faites plus attention à notre politique intérieure », a déclaré Groner.

Même si les juifs de Diaspora ont plusieurs identités, les vies des juifs israéliens sont « bien plus mélangées », a-t-il expliqué, ajoutant que les Israéliens ne laissent pas leur judaïsme à la porte quand ils arrivent au travail.

Cet « environnement mélangé » entraîne les Israéliens à percevoir leur Premier ministre comme « le dirigeant du monde juif », a déclaré Groner. « Après plusieurs milliers d’années d’exil, nous avons le sentiment que l’Etat d’Israël est ce qui va finalement changer les règles du jeu et la manière dont l’histoire juive a été ressentie jusqu’en 1948 est très différente du ressenti depuis 1949. »

Groner a déclaré qu’il n’attendait pas que les journalistes juifs de Diaspora soient d’accord avec cette perception. « Je ne vous demande pas non plus d’être un pont entre les deux mondes, parce que franchement, votre travail de journalistes ne consiste pas à être des ponts, votre travail est d’être les meilleurs journalistes possibles. »

Groner a cependant exhorté la presse juive non israélienne à faire des efforts pour mieux comprendre certaines nuances de la vie israélienne.

Si les journalistes étrangers comprenaient mieux comment Israël construit son économie et navigue dans les lois complexes du Shabbat, ils pourraient mieux informer leurs lecteurs sur ce qu’il se passe réellement en Israël, a déclaré Groner.

« C’est votre travail de journalistes de comprendre notre ADN, pourquoi nous faisons cela, et de rendre Israël plus explicable au monde », a-t-il conclu.

Le président Reuven Rivlin au Sommet des journalistes juifs, à Jérusalem, le 4 décembre 2016. (Crédit : Mark Neiman/GPO)

Le président Reuven Rivlin au Sommet des journalistes juifs, à Jérusalem, le 4 décembre 2016. (Crédit : Mark Neiman/GPO)

Le président Reuven Rivlin s’est également adressé au Sommet. Il a appelé les participants à aider Israël à lutter contre l’anti-sionisme à l’étranger. Il a également exhorté les journalistes à ne pas se concentrer uniquement sur les histoires négatives, mais à mettre aussi en lumière les bonnes choses qui se produisent en Israël.

« Si vous faites face à l’antisémitisme, l’Etat d’Israël a le devoir d’être à vos côtés. Et quand nous faisons face à l’anti-sionisme, qui est aussi de l’antisémitisme, vous avez le devoir d’être à nos côtés », a-t-il déclaré.

Le président a déclaré qu’il n’avait pas honte de parler de toutes les formes de haine et d’extrémisme présentes en Israël. Les médias sont toujours prompts à rapporter les problèmes que l’Etat juif affronte, mais hésitent à écrire sur les bonnes choses.

« Je comprends la règle d’or, ‘si ça saigne, ça mène’ [if it bleeds, it leads], a-t-il déclaré, mais, mes amis, en tant que voix, yeux et oreilles de la communauté juive, je vous implore tous : soyez certains de donner une voix à ceux qui travaillent pour un meilleur futur. Parce que le monde et la communauté vous regardent. »