Le Hamas a signé un accord de réconciliation avec le Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, afin que toutes les forces palestiniennes puissent « travailler ensemble contre l’entreprise sioniste », a déclaré Saleh al-Arouri, le leader politique adjoint du Hamas.

Arouri, qui a dirigé la délégation du Hamas qui a négocié l’accord, a déclaré que l’unité palestinienne était essentielle « pour que nous puissions tous travailler ensemble contre l’entreprise sioniste qui cherche à anéantir et à piétiner les droits de notre peuple. »

« Nous, au Hamas, sommes déterminés, sérieux et sincères cette fois et, comme chaque fois, pour mettre fin à la division », a déclaré Arouri. « Nous avons adopté la stratégie d’une étape à la fois afin que la réconciliation réussisse. »

Assis à ses côtés, Azzam al-Ahmad, chef de la délégation du Fatah lors des pourparlers, a déclaré qu’il avait été chargé par Abbas de mettre fin à la fracture entre les factions rivales afin que toutes les forces du peuple palestinien puissent être unifiées et « dirigées par le Fatah et Hamas ».

Le groupe terroriste islamiste Hamas a pris le contrôle de Gaza des mains du Fatah d’Abbas lors d’un violent coup d’État en 2007. Il a depuis été confronté à trois conflits contre Israël qu’il cherche ouvertement à éliminer. Israël s’est toujours opposé à tout gouvernement palestinien « unifié » où le Hamas joue un rôle.

Tout comme une grande partie de la communauté internationale, Israël a exigé, comme conditions préalables pour accorder de la légitimité au Hamas, que le groupe renonce au terrorisme, accepte le droit d’Israël à exister et accepte les précédents accords israélo-palestiniens.

Les médias égyptiens, cité par la radio israélienne, ont indiqué jeudi que le Hamas n’était pas prêt à se désarmer. Le groupe terroriste islamiste aurait plutôt accepté, en vertu de l’accord de réconciliation, de ne pas utiliser ses armes à moins qu’un recours à la force n’ait été approuvé par une commission mixte. Il n’y avait aucune confirmation officielle immédiate de cette information.

On ne sait pas non plus ce que deviendrait l’aile militaire du Hamas, et les 25 000 hommes des Brigades Ezzedin al-Qassam. Abbas avait déjà exigé que le Hamas se désarme.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a félicité jeudi, lors d’un entretien téléphonique, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour l’accord de réconciliation palestinien signé au Caire, a indiqué son service de communication.

Antonio Guterres s’est dit « encouragé par les progrès récents qui permettent au gouvernement palestinien de prendre ses responsabilités à Gaza » et « salue les efforts de l’Egypte pour atteindre cet objectif », précise un communiqué de l’ONU.

Pour le secrétaire général, « il reste urgent de s’occuper de la crise humanitaire » dans la bande de Gaza, notamment dans le domaine de l’électricité et pour améliorer les possibilités d’entrée et de sortir de ce territoire, ajoute le texte.

Arouri, qui, au cours des dernières années, a été chef des opérations de la Cisjordanie, a été nommé leader politique adjoint de l’organisation.

Arouri sert donc sous Ismail Haniyeh, qui a lui-même remplacé Khaled Meshaal à la tête du bureau politique du groupe en mai.

Israël soupçonne Arouri d’avoir planifié de nombreuses attaques terroristes, y compris l’enlèvement et le meurtre en 2013 de trois adolescents israéliens en Cisjordanie — Gilad Shaar, Eyal Yifrach et Naftali Fraenkel — qui ont conduit à la guerre entre Israël et le Hamas.

Les trois adolescents enlevés et assassinés près de Hébron le 12 juin 2014 : Eyal Yifrach, Gilad Shaar et Naftali Frenkel. (Crédit : autorisation)

Les trois adolescents enlevés et assassinés près de Hébron le 12 juin 2014 : Eyal Yifrach, Gilad Shaar et Naftali Frenkel. (Crédit : autorisation)

Il a été expulsé de Doha en juin avec d’autres responsables du Hamas en raison des pressions exercées par d’autres États arabes du Golfe.

Il se serait installé au Liban. Il a été vu publiquement à Beyrouth en août.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a déclaré qu’Arouri continue de planifier des attaques terroristes contre Israël et qu’il a tenté de « renforcer les relations entre le Hamas et le Hezbollah » avec le soutien iranien.

Arouri a purgé plusieurs peines de prison dans les prisons israéliennes et a été libéré en mars 2010 dans le cadre de l’échange de prisonniers pour la libération de Gilad Shalit, un caporal de l’armée israélienne enlevé par le Hamas en 2006. Arouri a été impliqué dans la négociation de l’accord qui a permis la libération de plus de 1 000 prisonniers palestiniens des prisons israéliennes en échange de la libération de Shalit.

Il a opéré pendant plusieurs années depuis la Turquie à l’époque où les relations diplomatiques entre Jérusalem et Ankara étaient au plus bas, mais il a été obligé de partir lorsque les deux Etats se sont réconciliés en 2016. Il a ensuite déménagé au Qatar avant d’être expulsé en juin de cette année.

La Dixième chaîne a précisé la semaine dernière que les responsables israéliens craignaient que la position puissante d’Arouri au sein du Hamas ne provoque une recrudescence de la terreur si la réconciliation Fatah-Hamas avait lieu car le Fatah pouvait donner au Hamas une plus grande flexibilité et plus de liberté en Cisjordanie.

Les célébrations ont commencé dans la bande de Gaza après l’annonce de l’accord jeudi, avec des habitants brandissant des drapeaux de l’Egypte, de la Palestine, du Fatah et du Hamas.

Les négociations devraient maintenant débuter sur la formation d’un gouvernement d’unité, avec les divers mouvements politiques palestiniens invités à une autre réunion au Caire le 21 novembre.

Des Palestiniens regardent à la télévision la signature d'un accord de réconciliation au Caire entre des factions palestiniennes rivales, le Hamas et le Fatah, le 12 octobre 2017 à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza (Crédit : AFP / SAID KHATIB)

Des Palestiniens regardent à la télévision la signature d’un accord de réconciliation au Caire entre des factions palestiniennes rivales, le Hamas et le Fatah, le 12 octobre 2017 à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza (Crédit : AFP / SAID KHATIB)