Les Cananéens qui vivaient à Hatsor à l’ère biblique étaient assez imbus d’eux-mêmes. Et pour cause : non seulement leur ville était une métropole d’une taille comparable aux plus grandes cités puissantes de Babylonie et d’Egypte, mais elle dominait la Via Maris – la principale route commerciale usitée dans les temps anciens. En outre, leurs capacités militaires étaient impressionnantes et leurs fortifications intimidantes.

Il était évident que les soldats audacieux qui tentaient une attaque tremblaient de peur à l’idée d’être accueillis par de l’huile frétillante, de l’eau bouillante, des lances et des flèches, dispensées par des défenseurs du haut des murs.

Mais lorsque le roi Jabin de Hatsor contemplait les Israélites conquérir morceau par morceau la Terre promise, il commença à s’inquiéter. Afin de s’assurer que lui et son peuple ne tombent jamais entre les mains d’Israël, le roi lança une union composée de 10 royaumes du nord d’Israël, qui « firent camp ensemble près des eaux de Merom, pour combattre Israël » [Josué 11:05].

Malgré la consolidation de leurs forces, Josué réussit à opérer une attaque surprise très célèbre sur Hatsor. Et quand ce fut fini, il ordonna à ses soldats de dévaster la ville, jadis si fière. « Josué, avec tous ses gens de guerre, arriva subitement sur eux près des eaux de Mérom, et ils se précipitèrent au milieu d’eux.

L’Éternel les livra entre les mains d’Israël… Israël ne brûla aucune des villes situées sur des collines, à l’exception seulement de Hatsor, qui fut brûlée par Josué » [Josué 11:7-13]. Après avoir conquis cette importante ville, Josué pouvait enfin s’installer en terre d’Israël.

En 2005, l’UNESCO a ajouté Tél Hatsor à la liste des sites du patrimoine mondial de valeur universelle exceptionnelle, et ces dernières années, Hatsor a subi un lifting incroyable. Aujourd’hui, c’est un site fascinant aux structures partiellement restaurées et reconstruites.

Avec Megiddo et Gezer, Hatsor est mentionnée dans Rois (09:15) dans le contexte du vaste programme de construction et de fortification de Salomon. La nouvelle ville dûment protégée avait désormais tout ce qu’il faut pour survivre : une terre fertile, des sources luxuriantes, une artère importante et des collines si hautes que ses soldats pouvaient repérer une armée belligérante longtemps avant qu’elle atteigne les portes de la cité.

Mais un petit problème persistait : les sources d’eau de Hatsor étaient situées à l’extérieur des murailles de la ville. Les ennemis qui ne pouvaient franchir ses hauteurs ou traverser ses portes massives, pouvaient tout simplement assiéger la ville et attendre patiemment que ses habitants meurent de soif.

Le roi Achab, souverain du royaume du nord d’Israël, ordonna à ses ingénieurs de trouver une solution. Le résultat, au moyen d’un marteau et d’un burin au 9ème siècle avant notre ère, était un système d’eau monumental, sophistiqué, qui assurait l’approvisionnement en eau dans l’enceinte de la ville. Au cours de cette période Hatsor doublât de taille et devint la plus grande ville de la terre d’Israël.

Les fortifications, le système d’eau et la hauteur de Hatsor se révélèrent tous inutiles lorsque les Assyriens l’attaquèrent en 732 avant notre ère. Après la bataille, les habitants de Hatsor furent exilés. « Du temps de Pékach, roi d’Israël, Tiglath Piléser, roi d’Assyrie, vint et prit Ijjon, Abel Beth Maaca, Janoach, Kédesch, Hatsor, Galaad et la Galilée, tout le pays de Nephthali, et il emmena captifs les habitants en Assyrie » [2 Rois 15:29].

Ce qui reste de Hatsor, qui n’a jamais retrouvé même une ombre de son ancienne gloire, sont les ruines des 21 villes juxtaposées. En bref – un véritable Disneyland pour les amateurs d’archéologie. Gardez cet article – car si vous êtes passionnés de nature, vous voudrez peut-être attendre jusqu’à la prochaine visite en avril. Le magnifique et délicat Lortet Iris fleurira dans toute sa gloire sur les pentes en face du tel.

Un prototype du Temple ?

Tel Hatsor offre un panorama sur la ville basse, qui s’étend sur toute la route jusqu’aux arbres visibles au nord. Bâtie pendant la période cananéenne, la ville basse comptait environ 15 000 habitants. Parmi les plus importantes trouvailles mises au jour dans la partie inférieure de Hatsor, les vestiges d’un temple cananéen.

Certains experts estiment que les Israélites, qui vivaient dans le désert des siècles après l’Exode, étaient peu compétents en matière de construction et devaient copier ce qu’ils voyaient autour d’eux. Ainsi les temples cananéens comme celui-ci, d’une ressemblance frappante avec le Temple de Salomon, auraient peut-être servi de prototype.

Les visiteurs pénètrent dans la ville haute par une porte typique de celles construites par le roi Salomon à Megiddo et Gezer. Comptez six chambres et deux tours.
Cherchez le mur à battants (à double paroi) à gauche de la porte. Il ressemblait probablement à celui de Jéricho, où Rahab cacha les espions israélites et plus tard « les fit descendre avec une corde par la fenêtre, car la maison qu’elle habitait était sur la muraille de la ville » [Josué 2:15].

D’autres curiosités à Tel Hatsor comprennent l’immense palais cananéen où deux bases de colonnes énormes s’érigent toujours à l’entrée. Les parties inférieures des murs étaient construites de lourdes pierres de basalte décorées. Au-dessus, les murs étaient faits de briques d’argile, entrelacées avec du bois de cèdre : la reconstruction illustre un peu de sa splendeur d’antan.

Ne manquez pas le joyau sur la couronne de Hatsor : le système d’eau monumental, constitué d’un axe vertical qui traverse la terre sur 46 mètres, un long tunnel en pente de 25 mètres et une petite piscine. Descendez (200 marches) et vous comprendrez l’immensité du projet du roi Achab.

En sortant du système d’eau, parcourez la zone israélite, soigneusement déviée de son emplacement d’origine pour permettre d’autres fouilles. Ici vous trouverez une presse à huile datant du 8ème siècle avant notre ère, magnifiquement restaurée. C’est l’une des quelque 20 autres presses à huile semblables découvertes jusqu’à ce jour.

Explorez une maison de « quatre pièces » israélite typique, qui abritait une cour centrale et des chambres sur trois côtés, ainsi qu’une grande structure ouverte avec deux longues rangées de colonnes de pierre. Il s’agissait d’un entrepôt public, dont les piliers maintenaient la partie médiane du toit.

Un « soldat » métallique, visible de loin, surplombe la Tour israélite à l’extrémité ouest du tel. Construit alors que la menace assyrienne était devenue une réalité effrayante, il protégeait ce côté de la ville de l’invasion. Malheureusement, il ne fut d’aucune aide pour Hatsor, dont la conquête a marqué le début de la fin du royaume du nord d’Israël indépendant.

Aviva Bar-Am est l’auteure de sept guides en anglais sur Israël.
Shmuel Bar-Am est un guide agréé qui propose des visites privées personnalisées en Israël pour les individus, les familles et les petits groupes.