L’Iran a dénoncé samedi l’ « agression » israélienne après ses frappes aériennes sur la Syrie vendredi matin, et a affirmé que les intérêts de Jérusalem étaient alignés sur ceux des « terroristes » syriens.

Selon un reportage de la chaîne iranienne Press TV, Bahram Qassemi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, s’interroge sur le moment choisi pour l’opération israélienne, « à un moment où l’armée [syrienne] et le front anti-terroriste ont le dessus sur les terroristes assoiffés de sang, les repoussant des villes et des villages les uns après les autres. »

Ceci, a-t-il affirmé, prouve qu’Israël partage des intérêts avec certains de ces groupes rebelles, que l’Iran et la Syrie qualifient de terroristes.

Qassemi a appelé les Nations unies à condamner l’ « agression » israélienne et à empêcher d’autres « actes de violation de la paix et de la sécurité du régime sioniste voyou et agressif ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré vendredi que les frappes israéliennes contre plusieurs cibles en Syrie avaient visé des armes destinées au Hezbollah libanais, et que l’Etat juif agirait de nouveau ainsi si nécessaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une réunion de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 8 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 8 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les frappes israéliennes ont déclenché des tirs de missiles en représaille, qui représentent l’incident le plus sérieux entre la Syrie et Israël depuis le début de la guerre civile syrienne, il y a six ans.

L’armée israélienne a déclaré avoir abattu un avion syrien et en avoir touché un autre pendant les frappes proches de la ville de Palmyre, reconquise ce mois-ci à l’Etat islamique.

L’armée israélienne a démenti que ses avions aient été touchés. Le gouvernement syrien a déjà lancé des revendications similaires infondées dans le passé.

Netanyahu a déclaré dans une vidéo diffusée sur les grandes chaînes israéliennes que « lorsque nous identifions des tentatives de transferts d’armes sophistiquées au Hezbollah, quand nous avons les renseignements et les capacités militaires, nous agissons pour l’en empêcher. »

« C’est ainsi que nous avons agi hier, et c’est ainsi que nous continuerons à agir », a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l'ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l’ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

Le ministère syrien des Affaires étrangères avait envoyé deux lettres, au secrétaire général des Nations unies et au président du Conseil de sécurité des Nations unies, affirmant que les frappes étaient une violation du droit international, des résolutions des Nations unies et de la souveraineté syrienne.

La Syrie a demandé aux Nations unies de « condamner l’agression israélienne flagrante qui est considérée comme une violation du droit international. »

Israël est resté à l’écart de la guerre civile syrienne qui fait rage chez son voisin, ne souffrant que d’incidents sporadiques de tirs perdus, généralement considérés comme des erreurs tactiques des forces d’Assad. Israël a répondu à ces tirs avec des représailles limitées contre des positions syriennes.

Le ciel syrien est à présent très encombré, avec les aviations russes et syriens soutenant les forces d’Assad et la coalition menée par les Etats-Unis qui vise des cibles de l’Etat islamique et d’Al-Qaïda.

Israël aurait mené des frappes aériennes contre des systèmes d’armes sophistiquées en Syrie, notamment contre des missiles antiaériens de fabrication russe et des missiles de fabrication iranienne, ainsi que contre des positions du Hezbollah. L’Etat juif ne confirme que rarement ces opérations.

Des agences ont contribué à cet article.