Un officier supérieur de l’armée israélienne a déclaré lundi qu’Israël ne soignait plus les victimes de la guerre civile syrienne qui sont membres du Front al-Nosra, un groupe de rebelles affiliés à al-Qaïda.

Il a reconnu qu’il y avait eu certains cas, par inadvertance de l’armée, de combattants rebelles qui ont réussi à « infiltrer » un programme d’assistance médicale humanitaire d’Israël.

L’officier réagissait aux commentaires du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a affirmé qu’Israël avait aidé les rebelles luttant contre le président syrien Bashar el-Assad.

« Selon ses déclarations, Israël est derrière le Front al-Nosra et l’Etat islamique », a précisé l’officier de Tsahal.

« Il est important de noter que seulement quelques combattants du Front al-Nosra ont réussi à s’infiltrer en Israël pour recevoir un traitement médical ici, et au cours du mois passé, cela a cessé et ne se reproduira pas. Nous menons des contrôles à la frontière pour empêcher cela ».

Israël soigne, depuis plusieurs années, des blessés de la guerre civile syrienne, certains dans un hôpital de campagne situé à la frontière et d’autres dans des institutions médicales à l’intérieur du pays. Les critiques qui soutiennent le régime Assad ont accusé l’Etat juif d’aider les rebelles, y compris les islamistes radicaux.

« Nous n’accepterons de laisser entrer en Israël que les non-combattants, et ce, seulement après la détermination de l’identité de ceux qui ont besoin de traitement », a déclaré l’officier.

Si des combattants arrivent à la frontière, a-t-il ajouté, ils seront traités sur place par les médecins, mais ne seront pas autorisés à pénétrer dans les hôpitaux en Israël. L’officier a souligné qu’Israël n’avait jamais soutenu aucun des groupes rebelles militairement. « Je tiens à préciser – nous ne les avons pas soutenu, même avec une seule balle », a-t-il dit.

La déclaration de l’officier est survenu sur fond d’accusations de la communauté druze en Israël disant que Tsahal a aidé les rebelles syriens, même lorsque ces derniers attaquent des Druzes syriens.

Le mois dernier, un homme blessé syrien a été tué par les résidents druzes de Majdal Shams qui avaient attaqué une ambulance israélienne qui l’emmenait à l’hôpital. Cinq de ceux qui ont attaqué l’ambulance ont été mis en accusation pour assassinat. Depuis lors, les contrôles aux frontières de Syriens blessés sont devenus plus strictes.

L'ambulance militaire attaquée par des résidents druzes israéliens dans le Golan lorsqu'elle transportait des blessés de guerre syriens pour être soignés en Israël, le 22 juin 2015 (Crédit photo: Basel Awidat / Flash90)

L’ambulance militaire attaquée par des résidents druzes israéliens dans le Golan lorsqu’elle transportait des blessés de guerre syriens pour être soignés en Israël, le 22 juin 2015 (Crédit photo: Basel Awidat / Flash90)

Beaucoup dans la communauté druze en Israël servent dans l’armée israélienne, avec des membres de la communauté représentés parmi les hauts gradés dans les unités de combat, mais de façon disproportionnée par rapport à leur pourcentage dans la population.

Il y a une petite communauté druze dans le plateau du Golan, cependant, qui s’identifie traditionnellement aux Druzes de Syrie et refuse de prendre la citoyenneté israélienne. La plupart de ses membres vivent à Majdal Shams, un village situé près de la frontière.

Au cours des derniers jours, les combats dans les hauteurs du Golan syrien se sont intensifiés, et comprennent des tirs d’artillerie et des attaques dans la région de Qouneitra et Khan Arnabe, deux villes syriennes stratégiquement situées à mi-parcours entre le nord et le sud du plateau du Golan.

Israël continue de traiter les combattants blessés et des civils à la frontière et depuis le lynchage des blessés de l’ambulance a augmenté la sécurité qui entoure les équipes médicales.

L’officier supérieur a aussi évoqué l’accord nucléaire signé récemment entre les puissances mondiales et l’Iran, le qualifiant d’évolution régionale qui ne peut être ignorée.

Il a ajouté que l’Iran était encore au sommet de la liste des priorités de l’armée israélienne. L’hypothèse de travail de l’état-major est que l’Iran continuera à financer les terroristes après que l’accord soit mis en œuvre, et qu’il contribuera à augmenter son soutien suite à la levée des sanctions économiques. « L’Iran continuera à être la mission n°1 dans le plan pluriannuel à venir », a signalé l’officier.

L’officier a dit que l’Iran a jusqu’à présent, investi 4 à 5 milliards de dollars dans le financement des groupes terroristes, qui comprend la formation et des armes. Il a estimé que la levée des sanctions devrait permettre à l’Iran d’injecter plus d’argent en faveur des groupes qui combattent Israël, comme le Hezbollah libanais.