Israël a dénoncé mercredi l’appel voté par le Congrès des députés en Espagne à reconnaître l’Etat palestinien, un pas déjà franchi par la Suède.

« La déclaration du Parlement espagnol ne peut qu’éloigner les chances de parvenir à un arrangement entre Israël et les Palestiniens car il encourage les Palestiniens à adopter des positions encore plus extrémistes », souligne un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

« Il aurait mieux valu que le Parlement espagnol condamne l’horrible massacre que des Palestiniens ont commis dans une synagogue à Jérusalem », ajoute-t-il.

Le ministère faisait référence à l’attaque contre une synagogue qui a coûté la vie mardi à quatre fidèles et à un policier et dont les deux terroristes palestiniens ont été abattus par la police.

Le Congrès des députés (chambre basse) en Espagne a adopté mardi à la majorité une motion appelant le gouvernement espagnol à reconnaître l’Etat palestinien.

La motion précise cependant que cette reconnaissance « doit être la conséquence d’une négociation entre les parties » et demande au gouvernement de mener une action « coordonnée » avec l’Union européenne.

« Nous voyons malheureusement en Europe un soutien croissant à la stratégie unilatérale des Palestiniens », a déploré Emmanuel Nahshon, porte-parole des Affaires étrangères israéliennes. « Un tel soutien aveugle accordé aux Palestiniens ne sert ni les négociations ni la cause de la paix », a-t-il dit à l’AFP.

La Suède a reconnu l’Etat palestinien fin octobre.

Cette reconnaissance, la première par un grand pays de l’Europe de l’Ouest, avait été saluée par le président palestinien Mahmoud Abbas comme « courageuse et historique », mais qualifiée de « malheureuse » par Israël, qui avait rappelé son ambassadeur à Stockholm Isaac Bachman.

Celui-ci n’a toujours pas regagné la capitale suédoise.

Selon l’Autorité palestinienne, quelque 135 pays ont reconnu la Palestine, dont, outre la Suède, sept autres membres de l’UE : la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, Malte et Chypre, qui l’ont reconnue avant leur entrée dans l’UE.

Pour sa part, l’Assemblée nationale française votera le 28 novembre sur une proposition des députés socialistes majoritaires « invitant » Paris à reconnaître l’Etat palestinien. Ce vote, non contraignant mais très symbolique, interviendra avant un autre vote prévu au Sénat le 11 décembre.

Les députés britanniques se sont aussi symboliquement prononcés le mois dernier pour la reconnaissance d’un Etat palestinien dans une motion appelant leur gouvernement à en faire de même, mais le vote était non contraignant.