Israël fournit des fonds réguliers aux rebelles syriens qui luttent à proximité de sa frontière avec le plateau du Golan, selon ces combattants rebelles.

Citant des interviews avec une demi-douzaine de dirigeants rebelles et avec trois personnes familières de cette politique israélienne non officielle, le Wall Street Journal a annoncé dimanche que l’Etat juif vient en aide à des forces opposées au régime du président syrien Bashar el-Assad et à ses alliés iraniens, libanais et russes, avec pour objectif de créer une zone tampon à sa frontière avec des groupes favorables à Israël.

Selon le reportage, Israël a créé une unité militaire spéciale en 2016 pour superviser et coordonner ce transfert d’assistance, qui aide les groupes à payer les salaires et à acquérir des armes et des munitions.

Cet « engagement secret », comme l’appelle le reportage, a pour objectif de renforcer les groupes rebelles syriens au détriment des forces hostiles à Israël, évoquant notamment le groupe terroriste libanais du Hezbollah, intermédiaire de l’Iran, ainsi qu’un certain nombre d’unités militaires qui luttent en faveur d’Assad en Syrie.

Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, en visite au Dôme de Fer, le 25 juillet 2014. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense/Flash90)

Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, en visite au Dôme de Fer, le 25 juillet 2014. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense/Flash90)

Israël a surnommé cette opération menée sur le plateau du Golan la politique de « bon voisinage », selon l’éminent journaliste et analyste israélien Ehud Yaari, qui a noté qu’elle avait été amorcée sous l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon.

« C’est une affaire d’intérêt », a expliqué une source de l’article sous couvert d’anonymat.

« Israël est resté à nos côtés de manière héroïque », a déclaré un porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, ou Chevaliers du Golan, Moatasem al-Golani, au Journal. « Nous n’aurions pas survécu sans l’aide d’Israël. »

Abu Suhayb, nom de guerre du commandant à la tête du groupe, a indiqué au journal qu’il recevait environ 5 000 dollars par mois de la part d’Israël. Selon l’article, le groupe est entré en contact avec Israël en 2013 après un raid des forces du régime, se tournant vers l’Etat juif pour lui demander de l’aide pour ses blessés. Le groupe révèle avoir vécu un tournant dans son histoire lorsque Israël a alors commencé à envoyer des fonds et de l’aide, une assistance bientôt étendue à d’autres groupes.

Un combattant d’un autre groupe rebelle dans le Golan, Liwaa Ousoud al-Rahman, a confié que « la majorité des gens veulent coopérer avec Israël ».

Israël s’est tenu largement à distance de la guerre syrienne, qui a éclaté au mois de mars 2011, mais le pays a au fil des années reconnu qu’il venait en aide aux Syriens blessés arrivant à ses frontières, leur offrant également une aide humanitaire.

Il a également revendiqué un certain nombre de frappes aériennes en Syrie qui, selon l’Etat juif, devaient aider à empêcher son ennemi juré du Hezbollah d’acquérir des armements avancés auprès de l’Iran via Damas. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé à plusieurs reprises qu’Israël œuvrait à perturber les opérations du trafic d’armes du Hezbollah via la Syrie et la mise en place de capacités du côté syrien du plateau du Golan.

En réponse au reportage publié dans le Wall Street Journal, l’armée israélienne a annoncé qu’ « Israël est engagé à sécuriser les frontières du pays et à empêcher l’établissement de cellules terroristes et de forces hostiles […] en plus de fournir une aide humanitaire aux Syriens qui vivent dans la zone. »

Fursan al-Joulan compte approximativement 400 combattants dans la province de Quneitra sur le plateau du Golan syrien et est allié avec au moins quatre autres groupes rebelles qui reçoivent également une aide israélienne, ont dit les soldats au journal, ajoutant qu’à peu près 800 rebelles d’une dizaine de villages du secteur s’appuient sur le soutien apporté par Israël, comme certains des milliers de civils qui y vivent.