Israël a annoncé lundi que le pays ne permettra pas l’entrée au sein de l’Etat juif d’un groupe de responsables français en raison de leurs initiatives de promotion du boycott du pays.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a annoncé dans un communiqué qu’il adoptera la recommandation émise par le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan de ne pas autoriser l’entrée des 20 participants du groupe, avec, parmi eux, des parlementaires et des maires français ainsi que des membres du Parlement européen.

Le groupe devait visiter Israël et les territoires de l’Autorité palestinienne entre le 18 et le 23 novembre et avait annoncé que son principal objectif était de rendre visite à Marwan Barghouti et à d’autres prisonniers sécuritaires palestiniens dans les prisons israéliennes pour leur offrir du soutien.

Les autorités israéliennes recommandent donc par avance aux élus français « de ne pas prendre l’avion du tout ».

« Ce n’est pas la première fois que je refuse l’entrée à des militants du BDS », a indiqué Deri, « mais ce coup-ci, c’est une délégation de responsables européens qui viennent afin de travailler contre Israël, ce qui donne plus de poids [à cette décision].

Marwan Barghouthi au tribunal en 2002 (Crédit : Flash90)

Erdan a indiqué prôner une politique de lutte contre ceux qui soutiennent la campagne de boycott.

« Nous n’autoriserons pas l’accès au territoire à ceux qui appellent activement à s’en prendre à Israël, en particulier quand ils demandent à rencontrer et à conforter un fieffé meurtrier comme Barghouthi, incitant ainsi à soutenir le terrorisme », a indiqué le ministre israélien de la Sécurité publique Gilad Erdan dans un communiqué de ses services et du ministère de l’Intérieur.

« Nous parlons de leaders politiques qui soutiennent activement le boycott contre Israël et vont jusqu’à le promouvoir ».

Barghouthi est l’ancien chef de l’aile armée Tanzim du Fatah et a été condamné en Israël pour avoir fondé la brigade des martyrs d’Al-Aqsa, un autre groupe terroriste du Fatah.

Il purge actuellement cinq peines de prison à vie dans un centre d’incarcération israélien pour avoir ourdi des attentats terroristes au cours de la Seconde intifada au début des années 2000.

Barghouthi est resté très actif au niveau politique derrière les barreaux, et est souvent désigné comme l’un des quelques successeurs probables du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Au mois d’avril, Barghouthi avait lancé une grève de la faim pour obtenir de meilleures conditions pour les prisonniers mais également, selon les experts, pour faire la démonstration de son pouvoir et de son autorité politiques.