Kushner n’a désormais qu’une seule mission : la paix entre Israéliens et Palestiniens
Rechercher
Trump : 'Jared a été très efficace'

Kushner n’a désormais qu’une seule mission : la paix entre Israéliens et Palestiniens

L'administration Trump a décidé de réduire considérablement les tâches du gendre du président, qui ne dispose d’aucune expérience politique ou diplomatique

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Jared Kushner, conseiller du président américain Donald Trump, pendant une réunion avec des dirigeants d'entreprises à la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Jared Kushner, conseiller du président américain Donald Trump, pendant une réunion avec des dirigeants d'entreprises à la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

WASHINGTON — Au cours des derniers mois, les missions de Jared Kushner, qui étaient autrefois très importantes, ont réduit comme peau de chagrin. Sa principale tâche aujourd’hui ? Mener les efforts au nom de l’administration pour conclure un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, d’après plusieurs articles publiés ce week-end.

Kushner, qui est en même temps un haut-conseiller du président américain Donald Trump et son gendre, avait pris en charge beaucoup de projets après l’investiture de son beau-père en janvier dernier, bien qu’il ne dispose d’aucune expérience politique ou diplomatique.

Il a été chargé non seulement d’essayer de relancer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, mais aussi de renégocier l’Accord de Libre échange Nord Américain, de superviser les tentatives du gouvernement américain de lutter contre l’épidémie de consommation de drogues qui affecte le pays et de mettre en place le Bureau d’Innovation américain, un groupe interne chargé de réduire la bureaucratie du gouvernement.

Kushner, 36 ans, et sa femme Ivanka, qui est donc la fille de Trump, ont ainsi assumé des rôles publics importants et ont souvent pris place à des réunions de premier plan, participant aux séances-photos de ces rencontres.

Pourtant, l’époque où Kushner assumait de très nombreuses responsabilités et avait la liberté d’entrer et de sortir du Bureau Ovale quand il voulait est désormais révolue, selon des articles séparés publiés dans le New York Times et le Washington Post samedi.

Ces changements sont essentiellement dus à l’arrivée de John Kelly comme responsable du personnel de la Maison Blanche à la place de Reince Priebus en juillet. Sa mission ? Remettre de l’ordre dans le chaos de l’administration.

Jared Kushner, à gauche, conseiller du américain Donald Trump, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 24 août 2017. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

L’une des premières tâches de Kelly a été de remettre tous les acteurs de la Maison Blanche à leur place. Les confidents les plus proches du président, comme Kushner, ne pouvaient plus entrer dans le Bureau Ovale à n’importe quel moment. Toutes les rencontres devaient être fixées avec lui.

« Jared travaille pour moi », a déclaré Kelly à ses collaborateurs, selon le New York Times.

Selon les articles, on a bien compris dans les cercles de la Maison Blanche que l’influence de Kushner ne serait pas aussi déterminante qu’elle ne l’avait été auparavant, et qu’il focalisera principalement son énergie pour trouver un accord de paix au Moyen-Orient.

« La mission de Jared est la paix israélo-palestinienne, et il respecte cette ligne de travail », a déclaré un officiel au Washington Post.

Trump a lui-même fait allusion au fait que ce sujet devrait être le principal travail de Kushner dans un échange d’emails que la Maison Blanche a transféré au New York Times.

« Jared travaille très dur sur la paix entre Israël et les Palestiniens, et la dernière chose que je voudrais faire est d’entraver cette possibilité, a-t-il déclaré. Jared a été très efficace dès les premiers jours de la campagne et c’est toujours vrai aujourd’hui ».

Un officiel de la Maison Blanche, contacté par le Times of Israël, a refusé de commenter ces informations.

Kushner est impliqué publiquement dans les efforts de paix, il s’est rendu trois fois dans la région l’année dernière pour rencontrer les dirigeants israéliens et palestiniens. Au même moment, l’envoyé spécial Jason Greenblatt a presque été toujours présent sur le terrain alors que l’administration s’efforce de mettre au point un plan qui puisse faire asseoir les deux parties à la table des négociations.

En juillet, Kushner avait admis qu’un accord de paix n’était peut-être pas possible, lors d’une conversation qui avait fuité au Congrès.

« Qu’avons-nous donc d’unique à offrir ? Je ne sais pas, avait alors déclaré Kushner dans un enregistrement obtenu par le magazine Wired. Nous essayons de travailler avec les parties très discrètement pour voir s’il y a une solution. Et il n’y a peut-être pas de solution, mais c’est l’un des problèmes sur lesquels le président nous a demandés de nous focaliser ».

Les alliés de Kushner ont déclaré, dans les deux articles, que les départs de deux de ses rivaux à la Maison Blanche, à savoir Priebus et l’ancien chef de la stratégie de la Maison Blanche et nationaliste Steve Bannon, ont libéré Kushner pour se focaliser sur la paix au Moyen Orient et le Bureau d’Innovation américain.

Jared Kushner, à gauche, conseiller à la Maison Blanche, et Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, à Ramallah, le 24 août 2017. (Crédit : WAFA)

Toutefois, même avec ces développements, l’enquête spéciale conduite par Robert Mueller dans la possible collusion entre la campagne de Trump et des agents russes a occupé beaucoup de temps et d’attention de Kushner.

Cela comprend maintenant l’examen par l’équipe de Mueller dans son rôle pendant la transition et ses contacts avec des officiels israéliens quand l’administration Obama a permis le passage d’une résolution au Conseil de Sécurité qui condamnait la construction continue d’implantations israéliennes en Cisjordanie, a rapporté le Wall Street Journal.

Kushner a également été interrogé par des enquêteurs du Congrès qui examinent le rôle de la Russie dans l’élection de 2016.

Kelly, de son côté, a déclaré qu’il n’a jamais pensé « à se débarrasser de Jared et d’Ivanka », ce qui avait été annoncé par plusieurs médias.

Réfutant les rumeurs qui circulaient cet automne qu’ils pourraient bien rentrer à New York où ils menaient des vies confortables, Kushner a dit au Washington Post que lui et Ivanka prévoyaient de rester dans la capitale.

Ivanka Trump, la fille du président américain élu Donald Trump, et son époux Jared Kushner dans l’entrée de la Trump Tower, à New York, le 18 novembre 2016. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

« Nous sommes ici pour rester, a déclaré Kushner, expliquant qu’il avait pris la décision avec Ivanka en juillet. Pour le moment, nous regardons vers l’avant… ma femme m’a demandé si nous devions chercher de nouvelles maisons, alors c’est bon signe ».

Pour rendre compte de l’évolution de son rôle à la Maison Blanche, Kushner a fait allusion au célèbre essai du philosophe Isaiah Berlin, dans lequel il divise les penseurs en deux catégories, reprenant les propos du poète grec Archilochus, qui a déclaré, « le renard sait beaucoup de choses mais le hérisson sait une grande chose ».

« Pendant la campagne, j’étais plus un renard qu’un hérisson. J’étais plus un généraliste qui devait apprendre beaucoup et maîtriser beaucoup de compétences rapidement », a déclaré Kushner au Washington Post.

« Quand je suis arrivé à Washington, j’ai compris que les problèmes ici sont si complexes – et, si c’était des problèmes simples, ils auraient été résolus auparavant – alors je suis plus devenu un hérisson, où il s’agissait plus de choisir des problèmes qui comptent beaucoup, de vous y plonger et d’y consacrer du temps, de l’énergie et des ressources afin d’essayer de faire avancer les choses ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...