La France a identifié 150 à 200 « banquiers occultes » de l’EI
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La France a identifié 150 à 200 « banquiers occultes » de l’EI

Les fonds du groupe terroriste de l'État islamique dépendent de plus en plus du financement extérieur

Un terroriste de l'État islamique brandissant le drapeau de l'organisation djihadiste. Illustration. (Crédit : Alatele fr/CC BY-SA/Flickr)
Un terroriste de l'État islamique brandissant le drapeau de l'organisation djihadiste. Illustration. (Crédit : Alatele fr/CC BY-SA/Flickr)

La France a identifié 150 à 200 « banquiers occultes » du groupe terroriste Etat islamique, principalement au Liban et en Turquie, a indiqué mardi Tracfin, le service du ministère de l’Economie chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

« Nous avons travaillé sur l’identification de 150 à 200 de ces collecteurs, localisés principalement au Liban et en Turquie », a affirmé le directeur de Tracfin, Bruno Dalles, lors de la présentation à la presse du rapport de son service sur les « risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme » pour l’année 2016.

« Ces banquiers occultes de Daech (acronyme arabe de l’EI) reçoivent des fonds qui sont clairement destinés à lui permettre de continuer à fonctionner », a-t-il précisé, soulignant que l’enjeu pour Tracfin était désormais de localiser les nouveaux collecteurs de fonds de l’EI, qui dépend de plus en plus du financement extérieur.

« Il y a un vrai enjeu stratégique avec l’éclatement de Daech pour essayer de savoir où se trouvent localisés les prochains collecteurs pour essayer de tracer les futures métastases de Daech », a ajouté M. Dalles.

Au fur et à mesure que les jihadistes cèdent du terrain en Irak et en Syrie, ils sont aussi privés « de leur première source de financement », comme « les butins de guerre » ou « l’extorsion des populations », et tentent de « compenser partiellement ces pertes de revenus par un recours toujours soutenu aux financements extérieurs », indique le rapport de Tracfin.

Tracfin surveille aussi le « soutien plus traditionnel » à l’organisation jihadiste « comme les institutions humanitaires et culturelles », a expliqué le directeur de Tracfin.

« Notre travail consiste principalement à repérer des signaux fiables et faibles de radicalisation et de comportement financiers », a expliqué M. Dalles, soulignant que les montants sont souvent faibles.

Conférence sur le financement des groupes terroristes à Paris en février

La France va donner à l’Arabie saoudite une liste des fondations extrémistes pour que Ryad cesse de les financer, comme « s’y est engagé le prince héritier Mohamed ben Salmane », a récemment déclaré Emmanuel Macron dans une interview à France 24 et Radio France Internationale.

Le Président Emmanuel Macron de la France lors d’une réunion de l’UE à Bruxelles, le 19 octobre 2017 (Crédit : Dan Kitwood / Getty Images via JTA)

Paris organise en février prochain une conférence sur le financement des groupes terroristes, où ce sujet sera sur la table, a-t-il rappelé.

« Il ne l’a jamais fait publiquement, mais quand je me suis rendu à Ryad, (le prince héritier) Mohammed ben Salmane s’est engagé à ce que nous puissions lui fournir une liste et qu’il cesse les financements. Je le crois, mais je vais le vérifier. La confiance se crée par les résultats », avait-il ajouté.

La France veut même agir sur ce point pour le compte d’autres pays, avait-il expliqué.

« J’ai demandé aux dirigeants qui se plaignent de ces financements, qu’ils viennent de tel ou tel pays, de me donner la liste, je la donne pour ce qui nous concerne, et nous allons mois après mois nous assurer de cela. J’ai demandé la même chose au Qatar, à la Turquie, à l’Iran, idem ».

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