La police israélienne devrait ouvrir une enquête sur le directeur d’une organisation anti-arabe parfois violente à propos d’un article qu’il a publié l’année dernière.

En décembre, Bentzi Gopstein, dirigeant de longue date de l’organisation Lehava, a écrit un article intitulé « Pour renverser les vampires », dans lequel il qualifie les chrétiens vivant en Israël de « suceurs de sang ».

Dans l’article, publié sur le site internet de droite Kooker, il a appelé tous les juifs volontaires à émettre un cri « et combattre le phénomène déviant » de la chrétienté, à laquelle il se refère aussi comme « cette religion maudite ».

« Le chrétien n’est plus considéré comme un vampire menaçant, plutôt comme un touriste plaisant et amical et un partenaire de la culture occidentale qui domine nos vies », avait écrit Gopstein, accusant le système scolaire israélien pour ne pas instiller suffisamment de valeurs juives aux élèves. « Les vampires peuvent envoyer un message de remerciement au gouvernement d’Israël pour faciliter leur travail. »

En réponse, le comité d’action religieuse d’Israël, affilié au mouvement réformé, a appelé Israël à ouvrir une enquête criminelle contre lui.

« Benzi Gopstein ne s’arrête devant rien dans l’incitation contre quiconque n’est pas comme lui – arabes musulmans, chrétiens et autres, utilisant un langage dur et appelant à la violence. Malheureusement […] face aux incitations […] l’application de la loi est un silence assourdissant », a déclaré Orly Erez-Likhovski, directrice du département juridique de centre d’action religieuse, dans un communiqué de décembre.

Après avoir examiné la demande du centre d’action religieuse, le bureau du procureur de l’Etat « a demandé à la police de compléter cette enquête », a déclaré un porte-parole du procureur à Haaretz.

« Nous accueillons la décision d’ouvrir une enquête contre Bentzi Gopstein pour ses incitations [à la haine] sauvages contre les chrétiens. Nous espérons que l’enquête sera rapide et finira par le procès d’un des grands incitateurs [à la haine] », a déclaré dimanche soir Erez-Likhovski.

Gosptein a été arrêté et détenu à plusieurs reprises par la police ces dernières années, mais n’a jamais été condamné pour incitation à la violence.

Lehava, que certains députés ont essayé de désigner comme un groupe terroriste, a fréquemment appelé à des actions contre les non juifs et les homosexuels afin de « sauver les filles d’Israël », selon les mots de Gopstein.

En novembre 2014, trois membres du groupe ont incendié une école de Jérusalem où les élèves sont musulmans, chrétiens et juifs. Le groupe a également régulièrement organisé des manifestations dans des zones litigieuses de la Vieille Ville de la capitale et dans d’autres parties d’Israël où vivent une large population arabe, et ses membres sont connus pour agresser physiquement les Arabes.

« Le procureur doit comprendre que les gens de droite ont aussi une liberté d’expression. L’article a été écrit contre les missionnaires, ceux qui essaient de faire du prosélytisme et dont les activités sont illégales. Apparemment, personne dans l’accusation n’a vraiment lu l’article », a déclaré l’avocat de Gopstein, le militant d’extrême-droite Itamar Ben-Gvir, en réponse à l’enquête.

En août, Gopstein avait appelé à brûler les églises pendant un panel de discussion public, disant à ses co-présentateurs qu’il était prêt à aller en prison pour des décennies pour ce qu’il disait.

« La loi est explicite, l’interprétation de Maïmonide est que l’on doit brûler l’idolâtrie. Il n’y a pas un seul rabbin qui délibérerait là-dessus. J’attends que le gouvernement d’Israël agisse », avait-il déclaré.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.