L’Arabie saoudite a pris une série de sanctions contre trois hommes d’Affaires libanais et quatre compagnies accusés d’être liés aux activités du Hezbollah chiite libanais, a indiqué vendredi l’agence officielle SPA.

Le royaume a gelé les avoirs et interdit toute transaction avec Fadi Hussein Sarhan, Adel Mohammed Sheri et Ali Hussein Zuaitar, ainsi qu’avec les compagnies Le-Hua Electronic Field Co Ltd, Aero Skyone Co Ltd, Labico Sal Offshore et Vatech Sarl en raison de leurs « liens avec les activités du Hezbollah », selon SPA.

L’Arabie saoudite est à couteaux tirés avec le Hezbollah qui soutient, tout comme l’Iran, le régime syrien, tandis que Ryad milite pour sa chute et appuie l’opposition syrienne.

Le Trésor américain avait sanctionné l’an dernier M. Sarhan à la tête de Vatech Sarl ainsi que M. Sheri et sa compagnie Le-Hua Electronic Field Co.

Il les accusait de « fournir un soutien matériel » au Hezbollah. En mars 2013, le président américain Barack Obama a appelé la communauté internationale à déclarer le Hezbollah « organisation terroriste ».

M. Sheri est notamment accusé par le Trésor américain d’avoir aidé le Hezbollah à se procurer de l’équipement électronique ayant été transporté au Yémen et utilisé pour la fabrication d’engins explosifs par les rebelles chiites Houthis.

Les insurgés chiites soutenus par l’Iran ont pris à l’été 2014 le contrôle de nombreuses localités du pays dont la capitale Sanaa.

L’Arabie saoudite a elle pris la tête d’une coalition qui mène des frappes contre la rébellion depuis mars 2015.

Mardi, Ryad a demandé à ses citoyens de quitter le Liban et déconseillé tout voyage dans ce pays, en réaction aux positions « hostiles » du Hezbollah à son égard.

Quatre jours plus tôt, Ryad avait suspendu des programmes d’équipement de 4 milliards de dollars destinés à l’armée et aux forces de sécurité libanaises.

La scène politique libanaise est divisée entre un bloc mené par le Hezbollah et celui de l’ex-Premier ministre sunnite Saad Hariri, appuyé par les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.

Ryad a notamment cité le fait que le Liban n’ait pas condamné au sein de la Ligue arabe et de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) les attaques le mois dernier contre ses représentations diplomatiques en Iran par des manifestants.

Ces attaques avaient suivi l’exécution le 2 janvier d’un dissident chiite saoudien, Nimr al-Nimr, qui avait été condamné à mort pour « terrorisme » et provoqué la rupture des relations diplomatiques entre Ryad et Téhéran, à l’initiative de l’Arabie saoudite.