Après une violente manifestation à Gilboa, lors de laquelle des Palestiniens ont jeté des pierres, Israël a décidé de fermer ce point de passage situé dans le nord de la Cisjordanie, a indiqué le ministère de la Défense.

« La réouverture du point de passage dépendra de l’évaluation de la situation, » a-t-il ajouté.

Selon des sources policières, trois manifestants palestiniens ont été arrêtés pour avoir bloqué une artère centrale de Jérusalem-Est lors des manifestations contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les manifestants ont bloqué la rue Sultan Suleiman, à proximité de la Vieille Ville, et ont jeté des bouteilles et des déchets sur les officiers de police qui ont tenté de disperser la manifestation.

La police affirme être parvenue à réouvrir la chaussée et à interpeller les responsables des affrontements.

L’armée israélienne a annoncé jeudi, le déploiement de bataillons en Cisjordanie pour apporter des renforts, alors que des affrontements et des échauffourées se multiplient en Cisjordanie et à Jérusalem Est en guise de protestation contre la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Selon le Croissant-Rouge, sept Palestiniens ont été blessés par des balles en caoutchouc israéliennes et un huitième aurait été blessé par des tirs nourris en Cisjordanie, alors que les Palestiniens protestent contre la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Des douzaines d’autres ont été traités pour inhalation de gaz lacrymogène.

Lors d’une confrontation le long de la barrière de sécurité en face de la ville de Khan Younis, à Gaza, au moins trois Palestiniens auraient également été blessés par des armes israéliennes de dispersion anti-émeute.

Sur le terrain, Palestiniens et soldats israéliens ont échangé jets de pierre et tirs de projectiles anti-émeutes à Hébron, poudrière du sud de la Cisjordanie, a indiqué un correspondant de l’AFP.

Bethléem, Qalqilya, Jénine et les abords de Ramallah, en Cisjordanie, ont aussi été le théâtre de heurts sporadiques. Les secours ont dit avoir soigné deux blessés par balles en caoutchouc et 14 atteints par des lacrymogènes.

Les Palestiniens ne décolèrent pas suite au discours de Trump mercredi, dans lequel il a défié les mises en garde du monde entier et a insisté sur le fait que, après des échecs répétés pour parvenir à la paix, une « nouvelle approche » s’imposait depuis longtemps. Il a décrit sa décision comme une reconnaissance de la réalité, car Jérusalem est le siège du gouvernement d’Israël.

Trump a également révélé qu’il avait demandé au Département d’Etat américain de préparer « immédiatement » le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

Les Palestiniens participent à une manifestation contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, dans la ville de Gaza, le 7 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED

Les Palestiniens ont défilé dans plusieurs villes de Cisjordanie et ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les troupes dans certains endroits. Des échauffourées ont également été signalées à la porte de Damas à Jérusalem Est.

« En prenant une telle décision, l’Amérique est devenue un tout petit pays, comme la Micronésie », déclarait Salah Zuhikeh, 55 ans, dans la Vieille Ville de Jérusalem, où la plupart des magasins ont gardé leurs rideaux tirés et des écoles sont restées fermées.

Donald Trump, après avoir annoncé que le gouvernement américain reconnaîtra officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël à la Maison Blanche, le 6 décembre 2017 (Crédit : Chip Somodevilla / Getty Images via JTA)

« Nous sommes ici pour rejeter la décision de Trump », disait Abdallah al-Khalil, 17 ans, lors du rassemblement de plusieurs centaines d’émeutiers à Ramallah.

« Jérusalem est une capitale arabe et palestinienne, pas la capitale de l’occupant », elle est chère aux Palestiniens « à cause d’al-Aqsa et du Saint-Sépulcre, toute notre histoire se trouve là », déclarait-il.

Dans la bande de Gaza, quatre Palestiniens ont été blessés par des tirs de soldats israéliens en allant, avec des dizaines d’autres, protester auprès de la barrière de béton, ont indiqué les autorités gazaouis du Hamas à l’AFP.

Le chef du groupe terroriste du Hamas, Ismail Haniyeh, a appelé jeudi à une nouvelle Intifada palestinienne, ou soulèvement. « On ne peut faire face à la politique sioniste soutenue par les Etats-Unis qu’en lançant une nouvelle intifada », a déclaré Haniyeh.

L’Autorité palestinienne a également annulé jeudi les cours dans les écoles en Cisjordanie, dans une tentative apparente d’inciter les jeunes Palestiniens à aller manifester et à affronter les troupes israéliennes.

La grève générale était largement suivie en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

À la lumière de l’ « évaluation de la situation par l’état-major de Tsahal », l’armée « a décidé qu’un certain nombre de bataillons renforceraient la zone de [Cisjordanie], tout comme les unités de renseignement et de défense territoriale ».

Les militaires n’ont cependant pas précisé le nombre de bataillons supplémentaires envoyés en Cisjordanie mais selon une estimation de l’AFP, cela représenterait une centaine de soldats.

Jeudi matin, l’armée n’avait toujours pas appelé les unités de réserve en renfort, ce qui signifie qu’elle ne s’attend pas encore à de plus grandes violences.

Mercredi, la police israélienne a également annoncé qu’elle déploierait des officiers plus largement dans toute la capitale, y compris dans les sites où la violence est régulièrement attendue.

« La police israélienne est prête pour une réponse opérationnelle immédiate pour un large éventail de scénarios si nécessaire », a déclaré un porte-parole de la police.

En dehors de la Vieille Ville de Jérusalem, de petites manifestations non violentes ont éclaté dès jeudi après-midi et opposent les résidents locaux et les troupes de la police des frontières.

Les dirigeants palestiniens de la Cisjordanie contrôlée par le Fatah ont répondu au discours de Trump avec indignation, déclarant que les Etats-Unis ne pouvaient plus servir de partenaire pour la paix au Moyen-Orient.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a qualifié le changement de politique américaine de longue date de « déplorable ».

Mahmoud Abbas et le roi Abdallah de Jordanie, lors d’une rencontre à Amman, ont affirmé que toute mesure modifiant le statu quo sur Jérusalem était « invalide ».

Des Palestiniens passent devant les boutiques fermées de la ville de Hébron, en Cisjordanie, à la suite de la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, le 7 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / HAZEM BADER

Plusieurs milliers de Palestiniens ont défilé dans la bande de Gaza gérée par le Hamas mercredi soir et jeudi matin, brûlant des drapeaux américains et israéliens et scandant « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ».

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, en cisjodanie, le 6 décembre 2017 (Crédit : Armée israélienne)

Mercredi, avant l’annonce de Trump plus tard dans la journée, Gadi Eizenkot, le chef d’état-major de l’armée israélienne, a rencontré des officiers en Cisjordanie, alors que des appels étaient lancés par des groupes terroristes pour que la violence éclate dans la région.

Lors de son inspection, le chef de l’armée s’est rendu dans plusieurs implantations et a été informé de la situation au niveau des « passages, infrastructures et technologies qui ont été mis en place pour améliorer la sécurité et la qualité de vie dans la région », a indiqué l’armée.

Eizenkot a salué « la manière dont les soldats opéraient pour mener à bien leur mission complexe dans la région, avec engagement, professionnalisme et intelligence », a déclaré l’armée.