L’aviation israélienne a attaqué et détruit lundi une batterie de missiles à l’est de Damas en réponse à un tir de missile syrien en direction d’appareils israéliens qui étaient en reconnaissance au-dessus du Liban, a annoncé un porte-parole de l’armée.

Le porte-parole a indiqué que « plusieurs » avions israéliens survolaient le Liban dans le cadre d’une « mission de reconnaissance de routine » lundi matin tôt, quand ils ont été attaqués par la batterie anti-aérienne syrienne.

Les avions n’ont pas été touchés et ont pu regagner leur base sans encombre, a déclaré le porte-parole, le colonel Jonathan Conricus. La batterie syrienne a été « neutralisée », a-t-il dit.

Il n’a pas précisé le nombre d’appareils ni leur type, ni où exactement ils volaient au-dessus du Liban, pays du groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran.

« A [s]a connaissance », c’est la première fois depuis le début de la guerre en Syrie en 2011 que les Syriens tirent en direction d’appareils israéliens survolant le Liban.

Une batterie SA-5 exposée au musée de l'armée de l'air ukrainienne. Illustration. (Crédit : George Chernilevsky/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Une batterie SA-5 exposée au musée de l’armée de l’air ukrainienne. Illustration. (Crédit : George Chernilevsky/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Quelques heures après, l’armée de l’air israélienne a envoyé d’autres avions attaquer la batterie anti-aérienne, un modèle SA-5, qui a été localisé à quelque 50 kilomètres à l’est de Damas, a précisé Conricus.

L’armée russe, alliée de la Syrie qui est présente dans le pays déchiré par la guerre civile, a été informée « en temps réel », avant la frappe israélienne sur la batterie SA-5, a-t-il ajouté.

« Nous tenons le régime syrien pour responsable de ce tir anti-aérien et pour toute attaque provenant de Syrie », a-t-il prévenu.

Mais, a-t-il ajouté, Israël considère qu’il est dans « l’intérêt commun » de préserver la « relative stabilité » dans la zone et « n’a aucune intention de déstabiliser la situation. »

Les avions israéliens ont largué quatre bombes sur le système anti-aérien syrien. Selon la première évaluation de Tsahal, la frappe a détruit la batterie SA-5, ou l’a au minimum « neutralisée », a précisé Conricus.

L’armée pense que la batterie syrienne frappée est celle qui a tirée contre les avions de reconnaissance.

Le système SA-5, également appelé S-200, est un système de défense anti-aérienne de conception russe utilisé depuis la fin des années 1960.

Depuis le déclenchement du conflit syrien, Israël a effectué des raids aériens en Syrie contre des convois transportant des armes destinées au Hezbollah, selon un général israélien. Le mouvement terroriste chiite libanais est un allié militaire du régime de Bashar el-Assad.

Sergueï Choïgou, ministre russe de la Défense, en 2013. (Crédit : Kremlin.ru/CC BY 4.0/WikiCommons)

Sergueï Choïgou, ministre russe de la Défense, en 2013. (Crédit : Kremlin.ru/CC BY 4.0/WikiCommons)

La frappe de lundi a eu lieu quelques heures avant l’arrivée du ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, qui doit rencontrer son homologue israélien Avigdor Liberman à Tel Aviv.

A son arrivée à Tel Aviv, Choïgou « aura un rapport complet sur le sujet », a dit Conricus.

Le porte-parole a reconnu la sensibilité du moment de la frappe, et du potentiel de tensions qu’elle peut causer pendant la visite de Choïgou, mais a précisé que l’armée était « confiante pour que cela n’influence rien d’autre. »

« Ce n’était évidemment pas un évènement prévu », a-t-il ajouté.

Afin d’éviter des affrontements indésirables avec les troupes russes en Syrie, Jérusalem et Moscou ont développé un système de communication entre les deux armées. Tsahal souligne cependant qu’elle ne demande pas la permission des Russes avant de mener des frappes aériennes en Syrie.

Les opérations d’Israël en Syrie consistent généralement à bombarder des sites utilisés pour développer, stocker ou transporter des armes sophistiquées du Hezbollah, ce qui fait de la frappe de lundi une anomalie.

Selon Conricus, c’est la première fois que l’aviation israélienne était visée par des missiles anti-aériens syriens depuis le début de la guerre civile alors qu’elle survolait le Liban. Ce n’est cependant pas la première fois que des avions de Tsahal sont attaqués par un système SA-5.

Un missile Arrow 3 lancé depuis la base aérienne de Palmachim, dans le centre d'Israël, le 10 décembre 2015. Illustration. (Crédit : ministère de la Défense)

Un missile Arrow 3 lancé depuis la base aérienne de Palmachim, dans le centre d’Israël, le 10 décembre 2015. Illustration. (Crédit : ministère de la Défense)

En mars, l’armée d’Assad avait tiré plusieurs missiles depuis un système SA-5 contre des avions israéliens survolant la Jordanie, après une frappe en Syrie. Les avions n’avaient pas été touchés, mais un missile syrien qui semblait suivre une trajectoire se dirigeant vers une commune israélienne a été abattu par le système de défense anti-aérienne Arrow 2. C’était la première fois que l’utilisation de ce système était annoncée.

Dans ce cas, Israël n’avait cependant pas répondu à l’attaque anti-aérienne contre ses avions par une frappe de représailles sur la batterie SA-5 concernée.

L’AFP a contribué à cet article.