Un lieutenant colonel servant à un poste sensible au sein du Commandement du nord de l’armée israélienne a été suspendu pour deux semaines alors que la police militaire enquête sur six accusations de harcèlement sexuel et des plaintes pour de potentielles agressions livrées à son encontre.

Selon la radio militaire, qui a transmis cette information dimanche, six femmes placées sous le commandement de l’officier – officiers elles-mêmes et soldates – ont officiellement porté plainte auprès de la division des enquêtes de la police militaire, racontant que le haut-gradé leur aurait fait des commentaires suggestifs à de nombreuses occasions et que, selon un certain nombre d’entre elles, ils les aurait touchées de manière inappropriée et sans leur consentement.

L’officier a été interrogé par les enquêteurs la semaine dernière.

Il a été suspendu pour une période d’enquête initiale de deux semaines, a annoncé la radio militaire, mais il devrait abandonner son poste pendant plus longtemps alors que l’investigation progressera.

Dans une déclaration faite au Times of Israël, l’unité des portes-paroles de l’armée a confirmé l’existence des plaintes. Le communiqué est ainsi formulé : « La semaine dernière, le général de brigade Asher Ben-Lulu, chef du Commandement du nord, a suspendu de ses fonctions un officier pendant 14 jours en raison de l’ouverture d’une enquête de la police militaire sur des comportements et des harcèlements sexuels présumés indignes d’un officier. L’investigation continue. Les décisions concernant l’officier seront prises à une date ultérieure, en fonction des conclusions de l’enquête ».

L’identité de l’homme a été soumise à une ordonnance de non-publication, conformément aux règles appliquées aux officiers faisant l’objet d’une enquête.

Selon ses avocats – parmi lesquels l’un des meilleurs avocats militaires, le colonel Asher Halperin – le haut-gradé a été « surpris » par les plaintes et il a nié avec vigueur les accusations. Ses propos ou ses actions n’ont jamais eu l’intention d’avoir une connotation sexuelle, pas plus qu’il n’a voulu blesser les plaignantes, a-t-il affirmé, selon le reportage de la radio militaire. Il n’a jamais non plus fait l’objet d’une telle plainte tout au long de sa carrière et coopère pleinement avec les enquêteurs, selon son équipe de conseillers juridiques.

L’armée a vu une augmentation des plaintes pour harcèlement ces dernières semaines suite à la campagne mondiale #MeToo, dans laquelle des femmes et des hommes ont révélé leurs expériences de harcèlement et d’agressions, souvent entre les mains d’hommes puissants.

La campagne avait commencé par les révélations faites sur le producteur de Hollywood Harvey Weinstein mais ces dernières se sont plus tard élargies, concernant un grand nombre de prédateurs sexuels présumés. En Israël, des accusations ont visé l’animateur de radio Gabi Gazit, l’homme fort de la télévision Alex Gilady et d’autres.

Selon la radio militaire, ce lieutenant-colonel est le quatrième haut-gradé à devoir faire face à des accusations de harcèlement de la part de femmes placées sous son commandement au cours du dernier mois.