Le 24 janvier 1949, il y a exactement 68 ans, la France reconnaissait l’État d’Israël par une lettre « concise et d’un style très peu chaleureux » note Arie Avidor, familier du ‘sub-text’ diplomatique, et ancien ambassadeur israélien au long cours qui a exhumé ce document des archives et l’a présenté sur son profil Facebook.

Par cette lettre, « le ministre des Affaires étrangères, Robert Schuman, signifiait au représentant du gouvernement provisoire de l’État d’Israël en France, Maurice Fischer, cette reconnaissance ‘de fait’. »

« Cette lettre, continue le diplomate, concluait un échange de notes entre le Quai d’Orsay et Fischer (les « accords Chauvel-Fischer »), par lequel la France exigeait la reconnaissance de son statut de puissance protectrice d’une centaine d’institutions religieuses, d’éducation ou hospitalières et sa propriété sur divers « domaines nationaux » à Jérusalem et à Abu Gosh ».

Des accords qui valent encore aujourd’hui, et qui font de la France, par le biais de son consul, la gardienne des lieux saints de Jérusalem.

Un statut qui donne lieu, à l’arrivée de chaque nouveau consul, à une cérémonie pittoresque en habits d’apparats, plutôt éloignée des standards laïcs prévalant à Paris.

Lettre, conclusion des accords Chauvel-Fischer, par laquelle la France reconnaissait l'Etat d'Israël en le 24 janvier 1949 (Crédit: archives)

Lettre, conclusion des accords Chauvel-Fischer, par laquelle la France reconnaissait l’Etat d’Israël en le 24 janvier 1949 (Crédit: archives)

Mais « ces « accords » n’ayant jamais été ratifiés par Israël (car considérés comme violant sa souveraineté), poursuit Arie Avidor, on peut estimer que d’un point de vue strictement légal, la France n’a pas encore reconnu formellement « de jure » l’indépendance d’Israël ! ».