Le centre Simon Wiesenthal qui traque les anciens criminels nazis a transmis à la justice allemande une liste de 80 anciens membres peut-être encore en vie des Einsatzgruppen, escadrons de la mort du Reich d’Adolf Hitler, a indiqué son directeur Efraïm Zuroff mercredi.

« Nous avons transmis à la justice allemande une liste de 80 membres des Einsatzgruppen », a déclaré Zuroff à l’AFP à Jérusalem.

Les commandos paramilitaires Einsatzgruppen seraient responsables de la mort de plus d’un million de juifs dans les territoires conquis dans l’ex-Union soviétique, en Pologne et en Europe de l’Est, a précisé le centre Wiesenthal dans un communiqué.

Les 76 hommes et quatre femmes dont les noms ont été communiqués aux ministres allemands de la Justice mais aussi de l’Intérieur sont tous nés entre 1920 et 1924 (ils avaient donc au maximum 21 ans à la fin de la guerre) et sont « les suspects qui ont le plus de chance d’être encore en vie et en assez bonne santé pour être poursuivis », a-t-il indiqué.

Au-delà des seuls anciens membres des Einsatzgruppen, « nous considérons que 2 % des anciens criminels nazis sont encore en vie et près de la moitié peuvent encore passer en jugement », a dit M. Zuroff.

Les Einsatzgruppen, formés sous la direction du SS Reinhard Heydrich, l’un des principaux architectes de l’Holocauste, ont joué un rôle prépondérant dans la mise en œuvre de la « solution finale ».

Ils ont d’abord été employés à arrêter les communistes tchèques ou les opposants allemands, et à éliminer les éléments « indésirables » de la population allemande. Ils ont ensuite étendu leurs méfaits –perpétrés essentiellement contre les populations civiles dans le sillage de l’armée allemande– en s’en prenant aux élites polonaises puis aux juifs, aux communistes soviétiques et aux Tsiganes.