Rompant avec la politique de non-intervention dans la politique israélienne de son mouvement, un responsable du Fatah a appelé les Arabes israéliens à voter pour la Liste arabe unie mardi en réponse au « fascisme et au racisme » d’Israël.

Hatem Abdul Qader, un ancien ministre palestinien qui détient le portefeuille de Jérusalem du Fatah, a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman « doivent entendre la réponse de la population arabe à leur fascisme et au racisme à travers les urnes ».

Les politiciens palestiniens s’abstiennent traditionnellement de tout commentaire sur les élections israéliennes, mais Abdul Qader a déclaré à l’agence de presse Maan que l’unification des trois listes arabes a donné à la minorité palestinienne d’Israël une occasion qui ne doit pas être gaspillée.

« Les partis arabes ont mis de côté leurs différences et se sont unis dans une liste nationale. Cette bataille cruciale devrait leur apporter le soutien des Arabes, une bataille qui déterminera le destin des Arabes en Israël, qu’ils restent marginalisés ou qu’ils deviennent une force active capable d’influencer et de faire valoir leurs droits », a-t-il déclaré.

Un autre appel lancé récemment par un dirigeant arabe non-israélien n’a pas été bien reçu. Le leader libanais druze Walid Joumblatt a appelé ses coreligionnaires en Israël à voter pour la Liste arabe unie et à saisir « l’occasion rare de renforcer la société arabe et d’unir sa vision sur le conflit israélo-arabe ».

Il a été critiqué par l’ancien vice-ministre libanais des Affaires étrangères Majali Wahbeh, qui lui a rétorqué par l’intermédiaire d’une interview sur Radio Israel de se « mêler de ses affaires ».

Le quotidien libanais libéral An-Nahar a consacré un éditorial aux élections israéliennes intitulé « Dites ‘oui’ à la Liste arabe unie ».

« Demain les Israéliens éliront les membres de leur 20e Knesset. En ce moment, tous les yeux se tournent vers la population arabe qui se retrouve confrontée à une occasion historique de changer l’équilibre politique et d’affirmer la présence palestinienne absente en Israël », pouvait-on lire dans l’édito, qui se termine en exprimant l’espoir que les élections israéliennes inspireront les politiciens de l’arène politique stagnante des territoires palestiniens.

« Un vote arabe israélien pour la Liste arabe unie peut être le début du réveil palestinien, un renouveau unique, dont l’écho atteindra inévitablement la rue palestinienne, qui souffre de la désunion et de la fragmentation de Gaza et de la Cisjordanie », peut-on lire.

« Demain, tous les Arabes ayant le droit de vote doivent se rendre dans les bureaux de vote et voter pour la Liste arabe unie. »