Le tournage montrant deux Palestiniens abattus en dehors du village de Beitunia, en Cisjordanie jeudi dernier, pourrait tout à fait avoir été trafiqué, a déclaré mercredi une haute personnalité de la défense.

« J’ai vu la vidéo – les chances qu’elle ait été fabriquée de toutes pièces sont élevées », a déclaré l’officiel.

Il a néanmoins déclaré être prudent, et attendre une enquête de l’armée israélienne afin de parvenir à une conclusion complète sur ces meurtres.

Mais le fait que les deux personnages aient été vus dans le film marchant seuls, s’occupant de leurs affaires et surtout la manière dont ils semblaient s’effondrer – leurs paumes tendues – remet en cause l’authenticité de la vidéo.

« Nous avons tous tiré les leçons de la falsification du carrefour de Netzarim », a-t-il déclaré, faisant référence à l’affaire Mohammed Al Dura en septembre 2000, qu’il a qualifiée de « Pallywood ».

Un reportage diffusé sur France 2 prétendant montrer le meurtre d’Al-Dura, 10 ans, par des soldats de l’armée israélienne a constitué un cri de ralliement pour la deuxième Intifada, mais les responsables israéliens ont contesté le rapport, certains allant même jusqu’à dire qu’il avait été mis en scène et qu’Al-Dura était encore en vie.

Le haut fonctionnaire de la défense a déclaré jeudi que la police des frontières impliquée dans l’incident avait utilisé des procédures pour disperser les émeutiers, qui ne comprenaient pas de feu direct, comme les responsables palestiniens l’avaient affirmé.

« Nous avons dit « donnez-nous les corps et les balles pour conclure l’enquête », a-t-il expliqué, « mais ils n’ont pas voulu obtempérer ».

L’enquête de l’armée israélienne fait son chemin aux échelons supérieurs. Les premiers résultats seront soumis au ministre de la Défense jeudi.

Dans les prochains jours, a ajouté le haut fonctionnaire, l’enquête devrait se conclure.

L’ONG israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a publié ses propres résultats mercredi, appuyant les allégations selon lesquelles les deux jeunes gens ont été tués par des tirs réels.

« L’enquête, confirmée par des images de la caméra de sécurité de l’incident, a indiqué que les circonstances de l’incident n’ont, d’aucune manière, justifié l’utilisation de balles réelles », a déclaré l’ONG dans un  communiqué de presse.

« Ces résultats éveillent des soupçons graves autour d’un meurtre intentionnel ».

Selon B’Tselem, les experts médicaux avaient constaté que les blessures sur les dépouilles des deux Palestiniens et les deux autres victimes de l’incident étaient compatibles avec la version officielle.

En outre, il y aurait eu des témoins ayant entendu des coups de feu directs.

Le père de l’un des Palestiniens tués mercredi a montré au reporter de la Deuxième chaîne un sac à dos qui aurait été porté par son fils au moment de la fusillade.

Il a également produit une balle qui, selon lui, a été récupérée du sac à dos après avoir quitté le corps de son fils. Il a affirmé être prêt à exhumer le cadavre si cela pouvait aider l’enquête.