Un haut responsable de Dubaï a accusé cette semaine l’ancien député arabe israélien et universitaire Azmi Bishara, qui vit en exil au Qatar depuis 2007, d’être un agent israélien chargé de déstabiliser le Golfe persique.

Dans une série de déclarations, le chef de la police de Dubaï Dhahi Khalfan a prétendu que Bishara, malgré ses relations tumultueuses avec son ancien pays, était en réalité un agent israélien, responsable de la détérioration récente des liens du Qatar avec ses voisins.

Bishara devrait être expulsé de la région, a ajouté Khalfan.

Ce n’est pas la première fois que Khalfan s’en prend à Bishara. Fin janvier, Bishara avait publié un message sur sa page Facebook où il accusait Khalfan de faire partie d’une « campagne de diffamation coordonnée » à son encontre en raison de « ses deux engagements pour le patriotisme et la démocratie. »

Le chef de la police de Dubaï a récemment fait les gros titres après ses déclarations contre les Frères musulmans. La semaine dernière, il a soutenu que le Hezbollah était derrière un récent attentat meurtrier à Bahreïn.

Khalfan était également à la tête de l’enquête sur l’assassinat du haut responsable du Hamas Mahmoud al-Mabhouh aux Emirat arabes unis en 2010 – un événement qui a eu des retombées diplomatiques majeures pour Israël, alors que le Mossad est soupçonné d’être responsable de l’opération.

Bishara, ancien député et fondateur du parti arabe israélien Balad, réside au Qatar depuis 2007. Lors de la deuxième guerre du Liban, la police israélienne l’a interrogé, le soupçonnant d’avoir transmis des informations sur le niveau de préparation de l’armée au Hezbollah. Un service pour lequel il aurait été rémunéré de centaines de milliers de shekels par le groupe terroriste.

L’ancien député a également été accusé de blanchiment d’argent.

Suite à la première enquête, Bishara a quitté Israël, affirmant à la police et au Shin Bet qu’il reviendrait pour un troisième interrogatoire. Cependant, l’ancien député s’est installé définitivement au Qatar et a remis sa démission parlementaire depuis l’étranger. Selon son site Internet, Bishara a reçu la citoyenneté qatarie.

Au Qatar, il dirige un groupe de réflexion indépendant et est considéré comme proche des autorités locales.

En décembre dernier, Bishara a été à l’origine d’une rencontre de haut niveau au Qatar entre les factions palestiniennes, en réponse aux négociations de paix israélo-palestiniennes actuelles.