Deux films israéliens ont remporté les prix du public samedi au festival international du film de Berlin, et le réalisateur de l’un d’entre eux a critiqué le gouvernement « fasciste » d’Israël et a appelé l’Allemagne à cesser de soutenir militairement l’Etat juif.

Le prix Panorama du public de la Berlinale pour le meilleur film de fiction est allé à « Junction 48 » d’Udi Aloni, un film sur un jeune rappeur arabe faisant son chemin dans la ville mixte de Lod, rongée par le crime.

Avant de gagner son prix, Aloni, fils de la défunte dirigeante du parti Meretz Shoulamit Aloni, a été filmé en train de critiquer le gouvernement israélien actuel, qu’il a qualifié de « fasciste », selon un reportage de la Dixième chaîne. Avant une projection de son film ces derniers jours, il a appelé la chancelière allemande Angela Merkel à cesser de fournir à Israël des sous-marins pour avancer ses politiques.

Le film d’Aloni a reçu le soutien financier du ministère de la Culture israélien, selon la chaîne.

Il a plus tard déclaré à la Dixième chaîne que ses remarques « étaient dirigées contre le gouvernement israélien et pas contre mon pays, que j’aime. Contrairement au Premier ministre qui répand la haine, mon film répand l’amour et la coexistence. »

La ministre de la Culture Miri Regev a déclaré en réponse qu’Israël ne devrait pas financer des films qui le critiquent.

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev en conférence de presse à Jérusalem le 31 août 2015 (Crédit : Marc Israël Sellem / POOL)

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev en conférence de presse à Jérusalem le 31 août 2015 (Crédit : Marc Israël Sellem / POOL)

Regev a déclaré que les affirmations d’Aloni étaient « la preuve claire que des artistes qui subvertissent l’Etat, le diffament et nuisent à sa légitimité ne devrait pas être financés par le contribuable. Un pays sain ne devrait pas aider les calomnieurs et les dénonciateurs qui le diffament, immédiatement après s’être abreuvés dans ses coffres. »

Parallèlement, le prix Panorama pour le meilleur documentaire à Berlin a été remporté par « Qui va m’aimer maintenant ? » de Tomer et Barak Heymann, un film sur un Israélien gay vivant à Londres qui se réconcilie avec sa famille d’un kibboutz après avoir été diagnostiqué porteur du VIH [virus du SIDA].

Tomer Heymann avait précédemment gagné le même prix en 2006 pour son film « Paper Dolls ». La Deuxième chaîne a annoncé qu’il était la seule personne dans l’histoire du festival à remporter deux fois le prix.

Le réalisateur Udi Aloni et les acteurs Tamer Nafar et Samar Qupty discutent de « Junction 48 ».

L’actrice Samar Qupty de « Junction 48 » a déclaré à Reuters qu’elle avait trouvé le film de hip-hop révolutionnaire.

« Nous nous représentons par la nouvelle génération sans essayer de prouver quoi que ce soit à quiconque, avec nos ‘qualités’ et nos ‘défauts’, a-t-elle déclaré. Nous essayons de présenter ce que la vraie nouvelle génération essaie de faire sans rendre la réalité meilleure ou pire. »