Deux Israéliens ont été tués et un troisième blessé dans un attentat à l’arme à feu aux abords du complexe du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem dans la matinée de vendredi, a fait savoir la police.

Les agents de police arrivés sur les lieux ont mortellement touché par balles les terroristes, a fait savoir un porte-parole.

Selon les services d’urgence Magen David Adom, il y avait eu deux blessés graves et un blessé léger du côté des victimes israéliennes de cet attentat. Il s’agit de trois policiers âgés d’une trentaine d’années.

Les victimes les plus grièvement touchées ont succombé à leurs blessures par balles tandis que le blessé léger a été touché par des éclats.

Selon la police, les terroristes sont venus du mont du Temple peu après 7 heures du matin. Ils ont marché vers la sortie de la porte des Lions avant d’ouvrir le feu sur des Israéliens.

Après la fusillade, les terroristes se sont enfuis vers le mont du Temple, pourchassés par la police. C’est alors que les agents ont ouvert le feu, tuant les terroristes à l’intérieur du complexe.

Dans une vidéo de la scène, l’un des terroristes présumé gît sur le sol sur le mont du Temple, entouré des policiers, les armes à la main. L’homme se jette soudainement sur l’un des policiers avec un couteau, arrêté dans sa course par une balle avant de poignarder qui que ce soit, fait savoir un porte-parole de la police.

Une recherche a permis de découvrir deux mitraillettes de type Carlo et un pistolet qui a été utilisé pour commettre l’attentat, ont fait savoir les forces de l’ordre.

Un couteau a également été trouvé sur les lieux.

Un cliché montrant les cartes d’identité des assaillants révèle qu’il s’agirait de deux citoyens israéliens originaires de la ville arabe d’Umm al-Fahm, une information qui n’a pas été confirmée par la police.

Une arme à feu et deux mitraillettes de type Carlo utilisés dans un attentat à l'arme à feu qui a grièvement blessé deux Israéliens à proximité du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 14 juillet 2017 (Crédit : Police israélienne)

Une arme à feu et deux mitraillettes de type Carlo utilisés dans un attentat à l’arme à feu qui a grièvement blessé deux Israéliens à proximité du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 14 juillet 2017 (Crédit : Police israélienne)

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, a tenu une première consultation auprès des commandants de la police israélienne et se dirige vers les lieux de l’attaque terroriste de ce matin.

Le ministre de la sécurité publique a déclaré : « l’attaque terroriste d’aujourd’hui était un événement extrêmement grave qui a franchi toutes les lignes rouges. L’enquête est en cours. Nous devrons réévaluer tous les arrangements de sécurité sur le mont du Temple et ses environs. Je demande aux dirigeants de tous les côtés de travailler pour calmer la situation et maintenir le calme à Jérusalem. »

Après des consultations avec des responsables de sécurité, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décidé que l’esplanade des Mosquées « serait fermée aujourd’hui en raison de considérations de sécurité », selon un communiqué de ses services.

Suite à l’attentat, le chef de la police de Jérusalem Yoram Halevi a annulé les prières du jour au mont du Temple, ordonnant que le complexe soit évacué et que les entrées à la Vieille ville soient fermées. La police a également placé des points de contrôle aux entrées de la Vieille Ville.

Selon les médias israéliens, c’est la première fois depuis 2000, au moment de l’explosion de la deuxième intifada, que les prières du vendredi sont annulées.

Interrogée sur le sujet, la police n’a pas souhaité confirmer l’information.

Le mufti de Jérusalem Mohammed Hussein a dénoncé le bouclage du mont duTemple et l’annulation des prières, dans des déclarations à des journalistes depuis la Vieille Ville.

Le mufti de Jérusalem Mohammed Ahmed Hussein sur la Deuxième chaîne israélienne, le 25 octobre 2015. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le mufti de Jérusalem Mohammed Ahmed Hussein sur la Deuxième chaîne israélienne, le 25 octobre 2015. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Les autorités israéliennes « ne veulent pas que nous nous rendions à la mosquée al-Aqsa », a-t-il indiqué.

« L’attaque terroriste meurtrière au mont du Temple a été arrêtée par les courageux policiers israéliens qui se sont jetés sur le chemin et ont empêché un désastre encore plus grand. Nous ne pouvons pas laisser les meurtriers, qui profanent le nom de Dieu, nous entraîner dans une guerre sanglante… Nous avons une dette à vie pour les fils que nous avons perdus. Nos cœurs sont avec les familles endeuillées en ce moment difficile, et nous prions pour le rétablissement des blessés. L’Etat d’Israël défendra sa souveraineté et ses citoyens d’une main forte et ne laissera personne entraîner la région dans une guerre sanglante. Il est temps pour les dirigeants arabes en Israël, et même en dehors, d’exprimer une position claire contre cette attaque criminelle, » a déclaré dans un communiqué le président israélien, Reuven Rivlin.

« C’est avec un grand chagrin et beaucoup de douleur que j’ai entendu l’amère information du décès de deux membres de nos personnels de sécurité dans l’attentat criminel perpétré ce matin au mont du Temple. Deux de nos fils – que Dieu puisse se venger de leurs morts. Deux héros issus de deux familles particulières et nobles que je connais et que je respecte, des familles exceptionnelles qui ont contribué à la sécurité d’Israël. Je prie pour la santé et le rétablissement total de l’agent blessé lors de l’incident, et je souhaite que nous puissions seulement entendre de bonnes nouvelles à son sujet. Chères familles, je suis fier d’être un membre de la merveilleuse communauté druze, qui a sacrifié et qui continue à sacrifier ce qui lui est le plus cher pour la sécurité et pour l’avenir d’Israël. Je suis fier d’être l’un de vos proches parce que la réalité cruelle d’aujourd’hui nus a tous forcés à devenir les membres d’une seule famille, une famille en deuil. Ensemble, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour détruire ce terrorisme monstrueux, l’extrémisme religieux et l’obscurité qui tentent de détruire le monde libre, auxquels nous, qui nous considérons en tant qu’Israéliens et Druzes, appartenons. Que Dieu donne la force à son peuple, que Dieu donne à son peuple la bénédiction de la paix, » a déclaré le ministre druze Ayoub Kara.

Ayoub Kara, député druze du Likud et vice-ministre en charge de la Coopération régionale. (Crédit : Flash90)

Ayoub Kara, député druze du Likud et vice-ministre en charge de la Coopération régionale. (Crédit : Flash90)

« Au moment où il est devenu évident que les meurtriers qui ont tué deux officiers de la police des frontières et en ont blessé un troisième étaient des Israéliens arabes d’Umm Al-Fahm, je m’attendais à ce que les dirigeants arabes israéliens, y compris un député qui porte le même nom [que l’un des attaquants], publient rapidement une déclaration de condamnation de l’attaque odieuse », a déclaré Avi Dichter, qui dirige la puissante Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.

Dichter faisait référence au député de la Liste arabe unie, Youssef Jabareen. Il n’est pas clair s’il existe une relation entre le député et les attaquants.

La Liste arabe unie n’a pas publié de déclaration sur l’attaque mortelle et aucun de ses législateurs n’a fait de commentaire à ce sujet.

« Je m’attends à ce que les dirigeants précisent où ils se tiennent », a déclaré Dichter, notant les activités passées de l’ancien député Balad, Azmi Bishara, aligné aux idées du Hezbollah et de l’ancien député de la Liste arabe unie, Basel Ghattas, actuellement en prison pour avoir transmis des téléphones cellulaires à des terroristes palestiniens emprisonnés en Israël.

« Ces poches de poison dont ces trois assassins ont émergé ce matin – je suis confiant que les forces de sécurité sauront les nettoyer. Dans le même temps, on s’attend à ce que les Israéliens arabes et leurs dirigeants locaux expurgent et expulsent toute identification avec ce genre d’attaques », a ajouté Dichter.

L’ancien chef des travaillistes, Isaac Herzog, a envoyé vendredi ses condoléances à l’ex-député Shnaan vendredi après le meurtre de son fils.

Isaac Herzog, chef de l'Union sioniste et de l'opposition, pendant une réunion sur le renforcement de la périphérie à la Knesset, le 13 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Isaac Herzog, chef de l’Union sioniste et de l’opposition, pendant une réunion sur le renforcement de la périphérie à la Knesset, le 13 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« C’est une journée très triste et douloureuse pour l’État d’Israël et la communauté druze, qui a perdu deux de ses meilleurs garçons pour la défense de l’État et de ses citoyens dans une attaque odieuse et cruelle menée sur le mont du Temple », a déclaré Herzog en une déclaration. « Tout Israël est en deuil aujourd’hui et embrasse les familles endeuillées et toute la communauté druze ».

“Nous sommes aux côtés de nos frères aujourd’hui, aux côtés de la communauté druze et des familles en deuil qui ont perdu deux soldats bien-aimés », a déclaré le député de l’Union sioniste Ben-Reuven dans une déclaration vendredi.

« J’appelle les leaders de l’opinion publique arabe à condamner vertement cet attentat méprisable et à offrir leurs condoléances aux familles des agents de police », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le vice-ministre Michael Oren a lié l’attentat à l’agence culturelle de l’UNESCO des Nations unies, en raison de son soutien apporté à des résolutions soumises par les Palestiniens qui ignoraient les liens juifs au mont du Temple.

« Je pointe un doigt accusatoire vers l’UNESCO et l’ONU qui autorisent le sang juif à couler en vertu de ses décisions honteuses qui nient la connexion juive aux sites de notre patrimoine », a-t-il dit. « C’est ainsi que vous révoquez notre droit à notre terre et que vous encouragez des attaques comme celle d’aujourd’hui ».

Le nouveau chef du parti travailliste Avi Gabbay a réagi : « Encore une fois, nous assistons à un odieux attentat terroriste mené par d’ignobles assassins. Je fais confiance aux forces de sécurité israéliennes […] Et j’envoie mes meilleurs voeux aux blessés. »

Le général de division Yoav Mordechai, coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COOGAT) au ministère de la Défense, a diffusé une déclaration filmée en Arabe disant que les terroristes ont « souillé » le lieu saint.

Le général Yoav Mordechai, coordinateur de l'armée israélienne des activités gouvernementales dans les Territoires, en juillet 2013. (Crédit : capture d'écran YouTube/IDFSpox1)

Le général Yoav Mordechai, coordinateur de l’armée israélienne des activités gouvernementales dans les Territoires, en juillet 2013. (Crédit : capture d’écran YouTube/IDFSpox1)

« Et donc, maintenant et pendant un petit moment, les forces de sécurité israéliennes prendront des initiatives pour garantir qu’aucune arme n’est présente sur le site. Nous voulons conserver la liberté de culte », a-t-il dit dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, apparemment pour dissiper les inquiétudes des Palestiniens concernant d’éventuels changements aux arrangements pris pour la prière sur les lieux.

« Nous espérons que le monde arabe en entier condamnera l’attaque d’une manière claire », a-t-il dit. « Le complexe a été évacué et fermé et les prières du vendredi sont interdites. Les membres du Waqf sont interrogés sur le site.”

« Le statu quo sera préservé », a indiqué Benjamin Netanyahu, dans une tentative visant à rassurer les Palestiniens.

Selon un statu quo en vigueur depuis plusieurs décennies, les juifs sont autorisés à visiter l’esplanade mais pas à y prier.

C’est la première attaque d’une telle ampleur à l’arme à feu depuis des années à l’intérieur des remparts de la Vieille ville.

Le porte-parole du groupe terroriste palestinien du Hamas, Sami Abu Zurhi, a salué l’attaque à Jérusalem.

« L’opération de Jérusalem est une réponse naturelle au terrorisme israélien et à la profanation de la mosquée Al Aqsa. Elle confirme la poursuite de l’Intifada et l’unité de notre peuple derrière la résistance ».

Un poignard transporté par l'un des terroristes responsable d'un attentat à l'arme à feu qui a grièvement blessé deux Israéliens à proximité du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 14 juillet 2017 (Crédit : Police israélienne)

Un poignard transporté par l’un des terroristes responsable d’un attentat à l’arme à feu qui a grièvement blessé deux Israéliens à proximité du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 14 juillet 2017 (Crédit : Police israélienne)

Deux des victimes grièvement blessées avaient été prises en charge à l’hôpital Hadassah du mont Scopus. La troisième légèrement touchée a été emmenée au Centre médical Shaare Zedek et serait probablement bientôt libérée.

Il a été blessé par des éclats au cou, aux bras et aux mains, a fait savoir un porte-parole de l’hôpital.

La manière dont les terroristes sont parvenus à faire entrer les armes dans le lieu saint n’a pas encore été déterminée. Les visiteurs musulmans du complexe du mont du Temple font l’objet d’un contrôle sécuritaire moins rigoureux que les visiteurs non-musulmans qui passent par le pont Mughrabi.

Aucun groupe terroriste n’a revendiqué la responsabilité de l’attentat.

Tandis que les attaques à l’arme à feu et au couteau ont été fréquentes au cours des deux dernières années, les attaques sur le site du mont du Temple ou à proximité sont rares.

Le mois dernier, un agent de la police des frontières, Hadas Malka, une jeune femme âgée de 23 ans, est morte dans une attaque commise à proximité de la porte de Damas, lieu fréquent d’attentats terroristes.

Il y a eu une vague continue de violences palestiniennes en Cisjordanie et en Israël au cours des deux dernières années, même si elle a décliné ces derniers mois.

Depuis le mois de septembre 2015, des terroristes, particulièrement des Palestiniens, ont tué 43 Israéliens, deux touristes américains, un homme palestinien et un étudiant britannique au cours d’attaques à l’arme blanche, à l’arme à feu et à la voiture-bélier principalement. Dans le même temps, environ 280 Palestiniens ont été tués sous le feu des Israéliens, majoritairement des terroristes, selon les autorités.

Le gouvernement israélien attribue la responsabilité du terrorisme et de la violence aux incitations des leaders religieux et politiques palestiniens et aux réseaux sociaux qui glorifient la violence et encouragent les attentats.