Le sommet Israël-Afrique qui devait avoir lieu le mois prochain a été annulé à la demande du président du Togo, où l’événement devait avoir lieu, a fait savoir lundi le ministère des Affaires étrangères, suite à des tentatives de la part des Palestiniens et de plusieurs pays africains destinées à faire avorter l’événement.

Ce sommet historique, qui devait réunir 54 pays du continent au sein de la capitale togolaise de Lomé du 23 au 27 octobre, sera reporté « à une date qui sera convenue par les deux pays », a fait savoir un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le site internet qui avait été créé pour le sommet indique simplement la mention « reporté ».

Le président du Togo, Faure Essozimna Gnassingbe, a souligné que des « préparations significatives et une planification complexe étaient nécessaires pour garantir la réussite de cet événement important », note le communiqué, ajoutant qu’il s’est entretenu avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant de prendre une décision.

Gnassingbe « a salué et a remercié le Premier ministre pour sa détermination à renforcer les relations » entre les deux pays, selon le ministère des Affaires étrangères qui est dirigé par Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le président du Togo Faure Gnassingbé pendant le sommet de la CEDEAO à Monrovia, au Libéria, le 4 juin 2017 (Crédit :Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le président du Togo Faure Gnassingbé pendant le sommet de la CEDEAO à Monrovia, au Libéria, le 4 juin 2017 (Crédit :Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Cette annulation est un coup porté aux efforts de Netanyahu d’établir des relations plus fortes avec les nations africaines et d’autres pays qui étaient dans le passé considérés comme hostiles envers Israël.

Ces derniers mois, le Premier ministre s’est embarqué dans un certain nombre de voyages dans des pays qui n’avaient jamais été – ou rarement – visités par des chefs israéliens, comme l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, l’Australie, Singapour, le Rwanda, l’Ethiopie, l’Ouganda et le Liberia. Dimanche, il est parti pour un voyage d’une semaine en Argentine, en Colombie et au Mexique, devenant le premier Premier ministre israélien en exercice à visiter l’Amérique du sud.

Sous la devise « Israël retourne en Afrique et l’Afrique retourne en Israël », Netanyahu a déclaré que son initiative diplomatique vers l’Afrique était l’un de ses objectifs prioritaires en termes de politique étrangère. Offrant aux états africains une aide au développement, la coopération économique et le savoir-faire dans le domaine de l’anti-terrorisme, Netanyahu veut utiliser le soutien du continent pour briser la majorité anti-israélienne traditionnelle dans des organisations internationales telles que l’ONU.

Le mois dernier, Israël avait minimisé les efforts pro-palestiniens visant à faire avorter le sommet, les responsables exprimant leur confiance dans le fait que Netanyahu rencontrerait des leaders africains enclins à promouvoir les liens politiques et économiques avec l’Etat juif là-bas.

« Cela n’a pas lieu sans pression contraire », avait dit Netanyahu aux ministres de son cabinet en évoquant le sommet. « Des pressions variées ont été exercées sur le président du Togo pour qu’il annule la conférence. Ces pressions sont le meilleur témoignage de la réussite de notre politique de présence israélienne en Afrique ».

En plus d’une forte opposition au sommet de Ramallah, le Maroc a pris la tête des efforts africains visant une annulation de l’événement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre les dirigeants d'Afrique de l'Est, à Entebbe, en Ouganda, le 4 juillet 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre les dirigeants d’Afrique de l’Est, à Entebbe, en Ouganda, le 4 juillet 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Au mois de juin, le roi du Maroc avait choisi de ne pas se rendre à une réunion de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en raison de la présence là-bas du Premier ministre israélien, même si Rabat cherchait à l’époque à entrer dans l’organisation. Le souverain « n’est pas d’accord avec l’invitation qui a été lancée au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu », avait fait savoir le ministère des Affaires étrangères à ce moment-là, ajoutant qu’il souhaitait que sa première visite à un sommet de la CEDEAO n’intervienne pas « dans un contexte de tension et de controverse ».

L’Afrique du sud avait également oeuvré à faire annuler le sommet. Au mois de juillet, le parti au pouvoir, le Congrès national africain, avait émis un « document de discussion » appelant à des initiatives susceptibles de saboter le rapprochement entre Israël et les états africains en général et la rencontre du Togo en particulier.

Suite à la décision de reporter le Sommet, le ministère des Affaires étrangères a indiqué qu’aucune pression ne ferait renoncer Israël concernant le renforcement des liens avec les nations africaines.

« Israël continuera ses efforts croissants en Afrique comme le pays les a menés au cours de ces dernières années », a signalé le communiqué.

Raphael Ahren a contribué à cet article.