Israël a affirmé mardi à l’Autorité palestinienne qu’elle ne souhaitait pas d’escalade des hostilités avec les Palestiniens et qu’il comptait prendre les mesures nécessaires pour calmer les tensions.

Ces propos ont été tenus lors d’une réunion entre les hauts gradés israéliens et les responsables sécuritaires palestiniens alors que les affrontements entre les Palestiniens et les forces de l’ordre israéliennes à Jérusalem et ses alentours durent depuis des semaines.

Le chef du Commandement central, Nitzan Alon, et le chef de l’Administration civile, David Menahem ont rencontré des fonctionnaires palestiniens dont le chef de la Sécurité préventive, Majid Faraj, et le Chef de la police palestinienne, Hazem Atallah.

L’AP a répondu en envoyant un message où il invite au calme. Mais les personnes présentes à la réunion ont mis en garde l’AP. Elle aura du mal à gérer la situation si Israël prenait des mesures qui intensifieraient les tensions sur le terrain. Ils ont évoqué la possibilité de s’en prendre à la mosquée Al-Aqsa, de confisquer des terres en Cisjordanie pour des implantations, ou le harcèlement des Palestiniens par les résidents des implantations.

Les responsables israéliens ont souligné que Jérusalem n’a pas l’intention de prendre des mesures strictes en termes de sécurité, et que les forces de sécurité travailleront pour maintenir le calme autant que possible. Les responsables israéliens ont également réitéré les déclarations du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, sur le fait que le gouvernement n’a aucunement l’intention de changer le statu quo sur le mont du Temple.

Après la réunion, le coordonnateur des activités gouvernementales dans les Territoires [COGAT], le Major Général Yoav Mordechai s’est entretenu avec le ministre palestinien des Affaires civiles, Hussein al-Cheikh.

Un haut responsable palestinien a déclaré au Times of Israel que la réunion a été positive, et qu’il était clair qu’Israël souhaitait restaurer le calme. Dans le même temps, la source palestinienne a indiqué qu’elle n’était pas sûre que les dirigeants politiques d’Israël partagent cette position.

Le président de l’AP Mahmoud Abbas doit rencontrer jeudi le secrétaire d’Etat américain John Kerry à Amman, annonce Israel Radio. Le porte-parole d’Abbas a déclaré qu’il signifiera à Kerry qu’Israël a franchi une ligne rouge, en particulier au mont du Temple et à Jérusalem, et que les Palestiniens sont déterminés à poursuivre leurs demandes au Conseil de sécurité des Nations unies le mois prochain pour fixer un calendrier pour le retrait israélien de Cisjordanie.

Abbas a déclaré mardi que les Juifs n’ont pas le droit de « contaminer » le site, qui est le troisième lieu saint pour les Musulmans – et le lieu le plus saint du judaïsme, car c’était le site où étaient érigés les deux temples juifs – et a mis en garde contre la poursuite de la politique israélienne qui pourrait conduire à une « guerre de religion ».

Mahmoud Abbas rencontrera jeudi à Amman le secrétaire d’Etat américain John Kerry au moment où Jérusalem-est et la Cisjordanie sont en proie à une escalade des violences, a indiqué son porte-parole mercredi.

Abbas était reçu mercredi en début d’après-midi par le roi Abdallah II de Jordanie, dont le pays est le gardien du mont du Temple à Jérusalem-est, a indiqué une source au palais royal jordanien.

Le roi devait ensuite recevoir le secrétaire d’Etat américain. L’objet de ces discussions est d’évoquer les tensions à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la Ville sainte, ainsi que la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), a indiqué mardi le département d’Etat.

Les entretiens entre MM. Abbas et Kerry jeudi sont prévus à 13H00 locales, a précisé le porte-parole de la présidence palestinienne Nabil Abou Roudeina.

« La position palestinienne est claire et nette: les violations israéliennes ne peuvent pas être tolérées, spécialement lorsqu’elles portent sur la mosquée Al-Aqsa et Jérusalem », a dit le porte-parole palestinien.

Le Premier ministre jordanien, Abdallah Nsour, dont le pays a récemment rappelé son ambassadeur en Israël, a estimé dimanche que les tensions autour de l’esplanade des Mosquées représentaient « un coup de poignard » à la paix avec Israël.

Le président de l’Autorité palestinienne va aussi dire à John Kerry que les Palestiniens n’ont pas renoncé à leur intention de présenter un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU ce mois-ci en vue de fixer une date butoir « pour mettre fin à l’occupation israélienne », a ajouté son porte-parole.

« La situation est devenue explosive et on ne peut plus attendre », a dit Nabil Abou Roudeina.