L’organisation juive française a fustigé les propos du ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, qui avait appelé les juifs à quitter la France et comparé l’affaire Dreyfus à l’initiative française pour des négociations de paix israélo-palestiniennes.

Le CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France, a prévenu que les propos tenus la veille par Liberman pouvaient « faire le jeu des antisémites ». Pendant une réunion avec les députés de son parti, Yisrael Beytenu, lundi, Liberman a cité le projet français de sommet pour la paix. Jérusalem a rejeté l’initiative de paix française.

Rappelant « que les juifs sont en France depuis plus de 2 000 ans et qu’ils ont acquis la pleine citoyenneté en 1791 », le CRIF « estime que les propos tenus par Avigdor Liberman sont excessifs et inexacts historiquement », a déclaré Francis Kalifat, président du CRIF, dans un communiqué publié mardi sur le site du Conseil.

Liberman avait déclaré que le sommet, prévu pour le 15 janvier, était « un tribunal contre l’Etat d’Israël. »

Alfred Dreyfus (Crédit : Wikimedia Commons)

Alfred Dreyfus (Crédit : Wikimedia Commons)

« C’est une convention dont le seul objectif est de nuire à la sécurité de l’Etat d’Israël et à sa réputation. C’est une version moderne du procès de Dreyfus, la différence est que cette fois, au lieu d’avoir un juif sur le banc des accusés, c’est toute la nation d’Israël qui s’y trouve », avait déclaré Liberman.

Liberman avait ajouté que les efforts français « ajoutent à la situation déjà difficile » des juifs du pays. Le ministre aurait pu faire référence aux centaines d’actes antisémites qui ont été recensés en France chaque année, et notamment aux attaques mortelles de jihadistes qui, depuis 2012, ont tué au moins 12 personnes dans des attentats contre des cibles juives en France et en Belgique.

« Malgré les difficultés, si vous voulez rester juifs et avoir des enfants et des petits-enfants juifs, quittez la France et immigrez en Israël », avait déclaré Liberman.

Le CRIF « regrette que ces déclarations maladroites puissent faire le jeu des antisémites de tous bords et participent à la désinformation sur l’attachement des Français juifs à la République. »