Le Hamas et la lutte armée contre Israël connaissent un regain de popularité dans les Territoires palestiniens, selon un sondage publié mardi. Et cela malgré les efforts léthargiques de reconstruction de la bande de Gaza ravagée par la guerre.

Ce sondage, mené par le Jerusalem Media and Communications Center [Le centre des communications et des médias de Jérusalem], révèle que pour l’opinion publique, la dernière guerre de Gaza s’est conclue par une victoire du Hamas.

Près de 57 % des personnes interrogées affirment que le Hamas a gagné – une grande majorité mais on est loin des 70 % qui pensaient que le Hamas était sorti victorieux de l’opération Pilier de défense à Gaza. Seul 8 % pensaient, à l’époque, qu’Israël avait gagné.

Pour 53 %, cette guerre a été bénéfique aux intérêts du peuple palestinien alors qu’un peu plus de 21 % pensent qu’au contraire cette guerre les a minés.

Le Fatah, le rival du Hamas, s’est encore affaibli alors que le Hamas se renforce. Avant le début du conflit, 41,7 % des Palestiniens faisaient confiance au Fatah mais à la fin du conflit, ce chiffre avait dégringolé à 35,1 %. A la veille de la guerre, 17 % avaient déclaré que le Hamas était l’organisation en laquelle ils croyaient le plus. Ce nouveau sondage révèle que 26 % des personnes interrogées croient au Hamas.

L’idée d’une lutte armée contre Israël gagne du soutien de manière spectaculaire – ce soutien est passé de 31,5 % à la veille de l’opération Bordure protective, lancée début juillet, à 42,7 % aujourd’hui.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est toujours considéré comme le leader le plus populaire, avec 23,3 % des Palestiniens qui le soutiennent, ce qui est plus que tout autre leader potentiel. Toutefois, ce soutien semble être un peu hésitant, comme le démontre le chiffre du mois d’avril qui était de 25,2 %, tandis que le soutien pour l’ancien Premier ministre du Hamas, Ismail Haniyeh, est passé de 13,5 % juste avant la guerre à 17,9 % dans ce nouveau sondage.

En général, sur toutes les questions relatives à l’actualité, les résidents de Cisjordanie se sont montrés plus durs par rapport à ceux de Gaza.

L’enquête a été menée alors que les Gazaouis attendent toujours que les efforts de reconstruction commencent à Gaza, plus de deux mois après la fin des bombardements.

La reconstruction des 17 000 maisons qui ont été complètement détruites durant l’opération Bordure protectrice n’a pas encore commencé car elle est retardée par des querelles politiques internes.

Il y a deux semaines, des matériaux de construction ont été, pour la première fois, transférés dans la bande de Gaza, dans le cadre d’un plan de réhabilitation ambitieux accepté par Israël, les Nations unies, et l’Autorité palestinienne (et indirectement, par le Hamas aussi). Toutefois, selon les rapports provenant de la bande, ces matériaux sont pour la plupart encore dans des entrepôts de Gaza.

Selon les termes de l’accord, les matériaux sont surveillés grâce à des caméras de sécurité pour s’assurer que le Hamas ou d’autres groupes terroristes ne mettent pas la main dessus. Des milliers de familles restées sans toit après la guerre essaient de trouver une solution à leur problème.

Et même s’il semblait qu’une solution était sur le point de survenir, il semblerait que les luttes pour le pouvoir politique retarderaient la reconstruction de Gaza. Selon certaines estimations, 11 écoles de l’UNRWA hébergent encore 40 000 personnes qui ont perdu leur maison. Les écoles qui sont utilisées pour enseigner accueillent les élèves des écoles occupées et ouvrent leurs portes trois séries d’étude par jour.

Il y a aussi le salaire des fonctionnaires du Hamas qui reste un problème. Seule une petite partie de ces salaires a été versée depuis avril.

Les résidents de Gaza ont de l’électricité par intermittence. Les Gazaouis ont expliqué au Times of Israel qu’ils avaient de l’électricité pendant 6 heures et que les 12 heures suivantes, c’était le blackout total avant de retrouver de l’électricité pour 6 nouvelles heures.