L’Iran espère recevoir des batteries antiaériennes russes S-300 cette année, a déclaré mardi à Moscou le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Ali Shamkhani, au lendemain de la décision russe d’annuler l’interdiction de livrer ces missiles à Téhéran.

« Je pense qu’ils seront livrés cette année », a déclaré M. Shamkhani, cité par les agences russes TASS et Interfax, en marge d’une réunion des secrétaires des Conseils de sécurité des pays membres et observateurs de l’Organisation de coopération de Shangaï.

« Annuler cette interdiction jouera un rôle énorme dans nos relations bilatérales », a ajouté Ali Shamkhani, pour qui la livraison des missiles S-300 à l’Iran serait « un signe de stabilité pour la région ».

Le président russe Vladimir Poutine a mis fin lundi à l’interdiction de livrer des missiles S-300 à l’Iran, estimant que l’accord-cadre signé à Lausanne entre les grandes puissances et la République islamique le permettait, sans attendre une éventuelle levée des sanctions.

Le Kremlin n’a rien dit sur la possibilité d’une livraison immédiate des missiles mais le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, a déclaré à l’agence russe Interax que « cela prendra du temps (…), au moins six mois pour finir leur construction ».

L’ancien président russe Dmitri Medvedev avait interdit en 2010 la livraison de ces missiles à l’Iran, en application de la résolution 1929 de l’ONU sanctionnant Téhéran pour son programme nucléaire controversé.

La Russie et l’Iran avaient signé un accord en 2007 pour la livraison de ces équipements capables d’intercepter en vol des avions ou des missiles, d’un montant de 800 millions de dollars.

La décision de Vladimir Poutine a sans surprise déplu aux Occidentaux, Washington estimant que ces ventes « n’aident en rien » la conclusion d’un accord final avec l’Iran tandis qu’Israël exprimait la crainte que cela « renforce l’agressivité » de Téhéran.

L’annonce du Kremlin intervient alors que les négociateurs de l’Iran et des 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont jusqu’à fin juin pour tenter de régler les détails techniques et juridiques complexes en vue de trouver un accord définitif qui mettrait fin à 12 ans de crise diplomatique internationale sur le programme nucléaire iranien.