Livingstone récidive sur le soutien d’Hitler au sionisme : « Ils ne l’enseignent pas en Israël »
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Livingstone récidive sur le soutien d’Hitler au sionisme : « Ils ne l’enseignent pas en Israël »

Le politicien anti-Israël, George Galloway, soutient l'ancien maire et dit que « le nazisme et le sionisme sont les deux faces d'une même médaille » ; un historien de la Seconde Guerre mondiale rejette les allégations purement et simplement

Ken Livingstone devant sa maison, à Londres, vendredi 29 avril 2016. (Crédit photo : capture d'écran YouTube)
Ken Livingstone devant sa maison, à Londres, vendredi 29 avril 2016. (Crédit photo : capture d'écran YouTube)

Alors qu’il fait face à de vives critiques et à des demandes d’expulsion du parti Travailliste britannique du fait de ses affirmations comme quoi le sionisme a été initialement soutenu par Adolf Hitler, l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone, a récidivé ses déclarations, vendredi, déclarant que c’était une « vérité » qui n’est pas enseignée « dans les écoles israéliennes. »

Pendant ce temps, un historien britannique de premier plan, spécialisé dans l’Allemagne nazie, Hitler et la Seconde Guerre mondiale a rejeté les affirmations de Livingstone purement et simplement, les qualifiant d’ignorantes et d’ « historiquement incultes ».

Jeudi, le Labour a suspendu Livingstone, après qu’il a affirmé que Hitler était initialement un partisan du sionisme « avant qu’il ne devienne fou et ne finisse par tuer 6 millions de Juifs », et a continué en disant que pendant des décennies au Royaume-Uni, il y avait eu une « campagne bien orchestrée par le lobby israélien pour qualifier toute personne critiquant la politique d’Israël d’antisémite ».

Interrogé sur la tempête de controverses qu’il a causée, Livingstone ne s’était toujours pas excusé, vendredi, déclarant qu’il pensait qu’il devrait être rétabli.

« Comment la vérité peut-elle être une infraction ? – si j’avais menti cela serait offensant », a-t-il dit aux journalistes, selon le Telegraph. « Tout ce que j’ai dit hier était vrai ».

« Je soupçonne que la plupart des députés travaillistes pro-Israël n’ont aucune idée de l’histoire, ils n’enseignent certainement pas la politique sioniste des années 1930 dans les écoles israéliennes… Presque tout le monde dans la communauté juive grandit dans l’ignorance complète de ces faits.

Livingstone a dit qu’il fonde son affirmation sur les écrits de l’historien marxiste américain Lenni Brenner. Il a dit qu’il « présenterait le livre académique à ce sujet à la demande du Labour ».

George Galloway, un ancien député bien connu pour ses positions anti-israéliennes, a défendu les paroles de Livingstone disant que c’étaient des « faits historiques » et a déclaré que Livingstone « n’avait absolument rien dit de mal », selon The Independent.

George Galloway (Crédit : Capture d'écran YouTube/ Gallowayist)
George Galloway (Crédit : Capture d’écran YouTube/ Gallowayist)

« Il y avait un accord entre la saleté nazie d’Hitler et les dirigeants sionistes en Allemagne pour envoyer les Juifs d’Allemagne en Palestine, parce que les deux parties croyaient que les Juifs allemands n’étaient pas Allemands. En ce sens, le nazisme et le sionisme sont les deux faces d’une même médaille », a-t-il dit.

Dans un billet de blog, vendredi, l’historien de la Seconde Guerre mondiale, Roger Moorhouse, a rejeté les proclamations de Livingstone.

« Hitler était un antisémite. C’était un antisémite enraciné et passionné. L’antisémitisme était le principe directeur de sa vie politique et avec lequel il a dirigé sa carrière », a écrit Moorhouse.

Moorhouse a admis qu’un accord existait, en 1933, entre les nouveaux dirigeants nazis allemands et les sionistes juifs allemands pour permettre l’émigration vers la Palestine mandataire, pour ceux qui le souhaitaient, alors que Hitler cherchait à se débarrasser des Juifs du pays par tous les moyens possibles. Mais il a noté que ce fut seulement une solution temporaire pour le dirigeant nazi, qui détestait l’idée de Juifs concentrés partout dans le monde ; et que les nazis ont à peine facilité l’émigration des Juifs, faisant payer des frais de 1 000 livres (plus de 90 000 dollars en argent d’aujourd’hui) à toute personne souhaitant partir. Il a ajouté que le sionisme n’était pas vraiment soutenu par tous les Juifs allemands, et était tout simplement « une branche particulière de la pensée politique juive ».

Conclure que Hitler a soutenu le sionisme « est non seulement historiquement inexact, mais c’est également historiquement inculte », a écrit Moorhouse.

Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn pendant la conférence annuelle de son parti à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015. (Crédit : Leon Neal / AFP)
Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn pendant la conférence annuelle de son parti à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015. (Crédit : Leon Neal / AFP)

Des législateurs du parti Travailliste britannique ont appelé le chef du parti, Jeremy Corbyn, à prendre des mesures plus fermes contre l’antisémitisme parmi ses membres, à la lumière des propos antisémites de Livingstone et Naz Shah, une députée qui a été suspendue mercredi, et d’autres.

Le député leader du Labour, Tom Watson, a déclaré à la radio BBC que les propos sur Hitler étaient « provocateur » et une « provoquaient une grande offense évidemment », promettant une « tolérance zéro » contre l’antisémitisme. « Nous allons nous occuper de cela », a-t-il dit.

L’éditeur du Jewish Chronicle, Stephen Pollard, a écrit un éditorial dans le Daily Telegraph disant du Labour qu’il « est maintenant dirigé par un cadre pour qui l’antisémitisme est vraiment normal, tant qu’il est déguisé en antisionisme ».

L’éditorialiste du Guardian, Gaby Hinsliff, a déclaré jeudi soir : « La férocité de la réaction contre Livingstone de la gauche à la droite du parti permet de mesurer la profonde frustration et la honte des députés qu’un parti qui se targue de lutter contre la discrimination ait pu en arriver là.

« C’est l’histoire d’un parti essayant désespérément de s’empêcher de se traîner dans la boue, et qui voudrait affirmer les valeurs qu’il pensait que les gens avaient acquises », dit-elle.

Le secrétaire de l’Etat à l’intérieur de l’ombre du Parti travailliste, Andy Burnham, a déclaré à Sky News, vendredi, que les membres du parti d’opposition « ont fait des commentaires antisémites » et que « ces allégations, quand elles font surface, ne sont pas traitées correctement ni assez rapidement. »

Sa camarade députée travailliste, Jess Philips, a déclaré que Livingstone « semble incapable de faire preuve de contrition » et « doit être exclu du parti travailliste ».

Au moins 39 membres, sur les 230 du parti Travailliste britannique au Parlement, ont critiqué la gestion de Corbyn du scandale, selon The Telegraph, ce qui inclut la suggestion du chef de parti que la crise a été créée par « ceux qui sont nerveux de la force du parti Travailliste au niveau local ».

Les antisémites au sein du Labour « doivent être gérés beaucoup plus rapidement à l’avenir », a déclaré Burnham. « Si l’on trouve de l’antisémitisme, l’expulsion devrait s’en suivre, pas de si ni de mais. »

« Je démissionnerais demain si je me croyais dans un parti promouvant l’antisémitisme », a-t-il ajouté.

Le député Wes Streeting, vice-président du Groupe parlementaire multipartite contre l’antisémitisme, a déclaré à l’organe de presse British news que l’insistance de Corbyn comme quoi l’antisémitisme serait limité à quelques membres du parti était incorrecte.

Le député du parti Travailliste britannique, Wes Streeting, 33 ans, a été élu en 2015 pour représenter le district nord de Ilford (Crédit photo : autorisation)
Le député du parti Travailliste britannique, Wes Streeting, 33 ans, a été élu en 2015 pour représenter le district nord de Ilford (Crédit photo : autorisation)

Corbyn a démenti, jeudi, que son parti avait un problème d’antisémitisme, en disant qu’il était « totalement opposé à l’antisémitisme sous toutes ses formes au sein du parti. Le très petit nombre de cas qui a été porté à notre attention a été traité rapidement et immédiatement. »

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