L’Assemblée générale des Nations unies a adopté mercredi six résolutions qualifiées d’ « anti-israéliennes » par un institut de veille pour marquer les 70 ans du plan de partition de l’organisation mondiale qui a divisé la Palestine mandataire en un Etat juif et un Etat arabe.

Les mesures étaient presque identiques à la liste annuelle des résolutions votées par l’instance internationale pour marquer la journée internationale de la Solidarité avec le peuple palestinien, mais dans un changement remarqué, la Grande-Bretagne a voté contre l’une des résolutions, rompant avec ses voisins européens.

Mercredi a marqué le 70e anniversaire de la résolution historique votée par l’ONU en faveur de la partition du mandat britannique de la Palestine en deux États, juif et arabe. Pour l’ONU, elle a également été déclarée « la journée internationale de la Solidarité avec le peuple palestinien », aboutissant à une série de résolutions annuelles, dont certaines ont condamné Israël et ont été qualifiées d’ « unilatérales » par l’institut de veille pro-israélien.

Pour la première fois, la Grande-Bretagne a voté contre une résolution demandant à Israël de donner le plateau du Golan à la Syrie, affirmant que la résolution, proposée par le régime syrien, menaçait de saper la crédibilité de l’ONU.

La résolution fait « peu pour faire avancer la paix ou la compréhension mutuelle », a expliqué le délégué du Royaume-Uni, ajoutant que « c’est inutile et disproportionné ».

« L’intention du régime syrien est d’utiliser cette résolution supplémentaire pour détourner l’attention de ses propres actions criminelles et du massacre aveugle de ses propres citoyens », a-t-il poursuivi. « Le devoir de l’Assemblée générale est d’attirer l’attention sur les violations du droit international humanitaire, où qu’elles se produisent. Cette résolution risque de discréditer cette responsabilité vitale. »

« Un profond regret » pour les 70 ans sans solution pacifique

La journée a été marquée par une résolution exprimant « un profond regret » que 50 ans se soient écoulés « depuis le début de l’occupation israélienne et 70 ans depuis l’adoption de la résolution 181 (II) le 29 novembre 1947 et la Nakba sans progrès tangibles vers une solution pacifique. »

Une autre résolution a condamné la violence israélienne et les « actes de terreur » contre les Palestiniens sans aucune mention de la violence commise par les Palestiniens.

La résolution exprimait « une grave préoccupation à propos de tous les actes de violence, d’intimidation et de provocation des colons israéliens contre des civils palestiniens, y compris des enfants, et des biens » et condamnait « des actes de terreur de plusieurs colons israéliens extrémistes ».

Une autre résolution a été critiquée car le nom musulman du mont du Temple de Jérusalem n’était pas utilisé.

« Cela renomme le site le plus sacré du judaïsme comme un site lié à l’islam uniquement », s’est plaint l’organisation Bnai Brith dans une déclaration qui a décrit les résolutions s’intégrant dans un « récit anti-israélien omniprésent à l’ONU ».

S’exprimant lors d’un événement marquant la journée, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné que la seule voie vers la paix était la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël.

« Je reste convaincu que la solution à deux Etats est la seule pour une paix juste, durable et globale entre Israéliens et Palestiniens », a-t-il déclaré. « La résolution de ce conflit créerait également un élan pour une plus grande stabilité dans toute la région ».

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, pendant une conférence de presse dans une école de l’ONU à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 30 août 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)