Le dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah a souligné mardi que bien que le groupe ne cherche pas en ce moment la guerre contre Israël, il pourrait battre l’Etat juif dans un futur conflit en ciblant les réservoirs d’ammoniaque de Haïfa, entraînant des pertes massives.

Ecartant de récentes informations sur un possible éclatement des hostilités contre Israël, Nasrallah a déclaré que la dissuasion établie par l’organisation terroriste dans la première et la deuxième guerres du Liban maintenait l’agression israélienne à distance.

« La guerre psychologique d’Israël est inutile contre nous », a-t-il déclaré dans un discours qui a été diffusé par le site d’informations libanais Naharnet.

En exemple, Nasrallah a déclaré qu’Israël « craignait » que des roquettes du groupe ne soient capables de frapper l’installation d’ammoniaque de Haïfa, une attaque dont il dit qu’elle engendrerait des pertes massives, équivalentes à celles causées par une attaque nucléaire.

Il a cité un fonctionnaire israélien anonyme pour l’effet qu’une frappe sur les stocks d’ammoniaque de la ville du nord entraînerait des dizaines de milliers de victimes.

« Ce serait exactement comme une bombe nucléaire, et nous pouvons dire que le Liban a aujourd’hui la bombe nucléaire, vu que chaque roquette qui pourrait frapper ces réservoirs est capable de créer l’effet d’une bombe nucléaire », a-t-il déclaré, ajoutant que le Hezbollah, qui a perdu beaucoup d’hommes dans la guerre civile syrienne, continuait à augmenter ses capacités.

Quelques heures après la menace explicite de Nasrallah de frapper Haïfa, le ministre de l’Environnement Avi Gabbai a déclaré qu’il avait ordonné que les réserves d’ammoniaque soient déplacées dans le désert du Néguev.

Pendant son discours, le chef du Hezbollah a également accusé Israël d’interventions en coulisses en Syrie, parlant de l’axe israélo-saoudien-turc. Il a prévenu l’Arabie saoudite de ne pas s’allier avec Jérusalem pour ce conflit et a critiqué les autres états sunnites qui se rapprocheraient d’Israël.

« Acceptez-vous un ami qui occupe la terre sunnite de Palestine ? Pouvez-vous être amis avec une entité qui a commis les massacres les plus horribles contre la communauté sunnite ? », a-t-il demandé.

« Vous êtes libres de considérer l’Iran comme un ennemi, mais comment pouvez-vous considérer Israël comme un ami et allié ? Ce sujet doit être traité sérieusement. »

« Il est bénéfique de surveiller les médias israéliens pour réaliser que la rhétorique israélienne est devenue identique à celle reflétée dans certains médias arabes, particulièrement dans le Golfe et en Arabie saoudite », a accusé Nasrallah.

Ses remarques interviennent juste après l’appel du Premier ministre Benjamin Netanyahu aux états arabes avec qui Israël a des relations secrètes à reconnaitre publiquement ces liens.

S’exprimant à la conférence des présidents des organisations juives américains importantes dimanche, le Premier ministre a maintenu que la plupart des pays arabes modérés perçoivent Israël comme leur allié, par leur ennemi, puisqu’ils partagent une lutte commune contre l’Iran et l’Etat islamique.

Israël a longtemps déclaré qu’il y avait des canaux secrets de communication entre Jérusalem et les états arabes, cependant l’Arabie saoudite et d’autres pays arabes maintiennent qu’ils ne normaliseront leur relation avec l’Etat juif qu’une fois un accord de paix atteint avec les Palestiniens, via une solution à deux états.

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon (à droite) serrant la main du prince saoudien Turki al-Faisal à la Conférence de Munich sur la sécurité, le 14 février 2016 (Crédit : Ariel Harmoni / Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon (à droite) serrant la main du prince saoudien Turki al-Faisal à la Conférence de Munich sur la sécurité, le 14 février 2016 (Crédit : Ariel Harmoni / Ministère de la Défense)

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.