Les habitants de Gaza se préparent à la guerre après qu’Israël ait accusé le Hamas d’avoir kidnappé trois adolescents israéliens, selon des sources auxquelles le Times of Israel a eu accès.

La population croit largement que la direction du Hamas est bien impliquée dans l’enlèvement et que, après le dénouement de celui-ci, l’armée israélienne dirigera son attention vers Gaza.

L’agence d’informations palestinienne indépendante Palswa a rapporté mercredi que les forces spéciales israéliennes ont attaqué le domicile d’un prisonnier libéré dans l’accord lié à l’affaire Gilad Shalit en 2011 et expulsé à Gaza.

Selon ce rapport, un agent des services de sécurité du Shin Bet a forcé le frère du prisonnier à appeler son frère à Gaza. Quand l’homme a pris le téléphone, l’agent aurait eu le récepteur et aurait dit : « Nous savons que vous êtes impliqué dans l’enlèvement, et nous allons vous frapper avec le missile d’un drone ».

Les forces israéliennes, aidées par la sécurité de l’AP, ont été engagées dans une opération généralisée contre le Hamas en Cisjordanie depuis l’enlèvement jeudi soir des trois adolescents au sud de Jérusalem. Dès mercredi, 240 personnes avaient été arrêtées dans l’opération, selon l’armée israélienne.

Les habitants de Gaza ont affirmé craindre que l’escalade pourrait perturber les préparatifs de la fête musulmane du Ramadan, qui commence dans dix jours.

Les semaines avant les vacances sont connues comme des semaines de shopping intensif, et les résidents ont signalé des pénuries de carburant et autres fournitures dans des stations-service et des magasins de bande de Gaza, suite à une crise économique qui ne fait que s’aggraver.

Le taux de chômage dans la bande de Gaza s’élève à environ 40 %, et quelque 40 000 employés du gouvernement du Hamas n’ont pas été payés depuis plusieurs mois. Le nouveau gouvernement d’unité Fatah-Hamas, qui avait promis qu’un comité spécial se pencherait sur le transfert des arriérés de salaires pour les employés, traîne les pieds et refuse de payer les salaires.

D’autre part, et malgré les vacances à venir, l’Egypte n’a pas l’intention d’ouvrir son passage frontalier de Rafah avec Gaza pour soulager la situation de la population, a déclaré un responsable égyptien au Times of Israel.

« Le passage ne sera ouvert que si les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas sont en place [à Gaza], avec des arrangements de sécurité stricts qui permettent la surveillance israélienne et internationale, mais une telle solution n’est pas probable », a affirmé l’officiel.

Israël a effectivement bloqué la bande de Gaza depuis que le Hamas y a pris le contrôle en 2007, ne laissant passer que les denrées de base à travers les passages frontaliers israéliens.

À l’extrémité sud de la bande de Gaza, l’Egypte, en essayant de réprimer les troubles et la violence dans la péninsule du Sinaï, a seulement ouvert le passage de Rafah par intermittence au cours de l’année écoulée et détruit la plupart des tunnels de contrebande qui ont alimenté l’économie de Gaza.