JTA – L’ancien président israélien Shimon Peres s’est dit confiant dans la capacité de la France à lutter contre l’antisémitisme sur son propre sol.

L’immigration en Israël, selon lui, devrait être encouragée pour des raisons positives, et pas seulement comme réponse aux persécutions à l’étranger.

« Nous appelons les Juifs à immigrer en Israël quand il n’y a pas d’acte criminel ou autre », a déclaré Peres, s’adressant au JTA depuis son bureau du Centre Peres pour la Paix surplombant la Méditerranée.

Des politiciens israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont appelé les Juifs français à s’installer en Israël suite à la prise d’otages du 9 janvier dans un supermarché casher à Vincennes. Dans l’attaque quatre juifs ont été tués.

« Je pense que le sionisme est un mouvement de renaissance, pas une protestation. Pourquoi devrais-je avoir une raison négative ? J’ai une raison positive », a dit Peres, 91 ans, qui a été deux fois Premier ministre.

Peres a refusé de parler directement de Netanyahu ou de ses remarques.

Il a salué le soutien de longue date du gouvernement français à Israël, ainsi que son engagement historique pour les idéaux démocratiques. Peres a ajouté qu’il y a un « réveil européen pour faire la guerre » contre l’antisémitisme, et qu’Israël devrait soutenir les efforts français pour lutter contre l’antisémitisme, sans nécessairement s’impliquer directement.

« Lorsque le Premier ministre français s’exprime avec tant de force contre l’antisémitisme, nous soutenons la position française », a déclaré Peres, faisant référence au discours de Manuel Valls devant l’Assemblée nationale française la semaine dernière, au cours de laquelle il a dénoncé avec force l’antisémitisme.

Peres a cependant appelé à une coalition mondiale pour combattre le terrorisme, faisant écho aux récentes déclarations de Netanyahu. Il a également appelé les dirigeants religieux à s’exprimer contre le terrorisme.

« Toute l’humanité éclairée doit s’unir et mettre fin à la barbarie du terrorisme. Nous devons être parmi ceux qui prennent part à l’effort mondial, mutuel et démocratique de lutte contre ce danger pour toute l’humanité. »

Au cours de l’interview, Peres a également critiqué la Cour Pénale Internationale (CPI) pour l’ouverture d’un examen sur la conduite d’Israël pendant la guerre de l’été dernier à Gaza. Il a dit que la CPI devrait plutôt enquêter sur le comportement du Hamas, l’organisation terroriste qui régit Gaza.

« Il y a une organisation appelée le Hamas qui commet des meurtres et ne peut pas faire de réclamation vis-à-vis d’Israël. Israël s’est retiré de Gaza, ils ne peuvent donc pas prétendre être des combattants de la liberté. »

A propos des élections israéliennes du 17 mars, Peres n’est pas entré dans les détails, mais a dit que les Israéliens font face à un choix difficile.

« Israël peut rester un État juif et démocratique, nous avons besoin de deux États. Il y a deux points de vue en Israël. Nous devons choisir. L’un d’eux dit deux États. L’autre dit que nous allons gérer la crise. Chaque citoyen aura à choisir ».