L’interdiction d’entrée sur le territoire américain faite aux réfugiés et aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans a touché plusieurs familles juives, a annoncé HIAS, une association d’aide de défense et de soutien aux réfugiés.

Le décret exécutif signé vendredi par le président américain Donald Trump a plongé dans l’incertitude les vies d’un Iranien juif âgé d’une vingtaine d’années et de sa mère, qui attendent depuis l’année dernière dans un pays non cité une réponse à leur demande d’asile des Etats-Unis, a annoncé dimanche à JTA Mark Hetfield, directeur exécutif de HIAS.

Citant des raisons de protection de la vie privée et une volonté de ne pas complexifier encore plus le processus de candidature, Hetfield a refusé de nommer les candidats et leur localisation. L’homme et sa mère, a-t-il déclaré, tentent de retrouver deux des filles de la mère qui sont déjà aux Etats-Unis.

L’année dernière, HIAS a remis 159 candidatures de juifs demandant l’asile aux Etats-Unis, dont 89 Iraniens et plusieurs juifs du Yémen.

Fondée en 1881, l’organisation, qui s’appelait alors la Société d’aide aux immigrants hébraïques, aidait les juifs fuyant les pogroms en Russie et en Europe de l’Est. HIAS a été reconnu en 1976 par le département américain de la Justice comme agence autorisée à aider l’immigration. L’association compte à présent des centaines d’employés et est active dans plus de 30 pays, traitant plus de 4 000 demandes d’asile par an, dont la plupart ne sont pas faites par des juifs.

Les candidats de HIAS du Moyen Orient, qui ont été examinés par un processus qui peut prendre deux ans, voyagent souvent vers les Etats-Unis en passant par l’Ukraine ou l’Autriche s’ils ont un visa.

HIAS fait partie des organisations juives américaines qui ont protesté contre le décret exécutif de Trump.

« Le décret affecte des centaines de nos clients, pour qui cela peut être une question de vie ou de mort », a déclaré Hetfield.

Le décret interdit l’entrée des Etats-Unis aux réfugiés pendant 120 jours, et jusqu’à nouvel ordre pour ceux arrivant de Syrie, pays déchiré par la guerre civile. Les ressortissants de l’Irak, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen ne peuvent pas entrer dans le pays pendant 90 jours.

Hetfield a également noté un cas impliquant une famille non juive syrienne demandant l’asile, qui, même si elle a obtenu le 20 janvier des visas pour entrer aux Etats-Unis en tant que réfugiés après l’approbation du département de la Sécurité intérieure, a été renvoyée en Ukraine vers son camp de réfugiés de Jordanie le 27 janvier.

Les responsables de la compagnie aérienne ont cité le décret exécutif de Trump pour expliquer l’annulation du vol de la famille vers les Etats-Unis.

La mère et ses filles, âgées de cinq et huit ans, cherchent à retrouver le père de famille, qui est déjà aux Etats-Unis. Elles ont été autorisées à revenir en Jordanie, « mais dans de tels cas, il existe un risque que les personnes qui partent pour devenir réfugiées aux Etats-Unis ne soient pas à nouveau acceptées, voire pire », a déclaré Hetfield.