Pourquoi le New York Times publie un article sur un néo-nazi « poli »
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Pourquoi le New York Times publie un article sur un néo-nazi « poli »

Le but de l'article, selon le rédacteur en chef national du journal, était de "décrire à quel point la haine et l’extrémisme sont devenus bien plus banals dans la vie américaine que nous ne voudrions bien le penser"

Le siège du New York Times, à Manhattan, en juillet 2017. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/via JTA)
Le siège du New York Times, à Manhattan, en juillet 2017. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/via JTA)

Le New York Times a réagi lundi aux allégations selon lesquelles il aurait banalisé les néo-nazis dans un article paru samedi, affirmant que la rédaction regrettait l’ampleur prise par les propos relayés.

C’est un article publié dans le Gray Lady [surnom du New York Times], qui décrit Tony Hovater, un néo-nazi de la région de Dayton comme un « homme poli et discret », avec des « manières typiques du Midwest, qui raviraient toutes les mères », qui a déclenché un tollé sur Internet le week-end dernier.

L’auteur, Richard Fausset, a admis que son article était inapproprié.

« Nous regrettons la façon dont cet article a offensé tant de lecteurs », a écrit de son côté, le rédacteur en chef national Marc Lacey. « Nous reconnaissons que les avis peuvent diverger quant à la façon de raconter une histoire désagréable. »

Mais, Lacey a déclaré que le but de cet article n’était pas de banaliser les néo-nazis, mais de « décrire à quel point la haine et l’extrémisme sont devenus bien plus banals dans la vie américaine que nous ne voudrions bien le penser ».

L’article soutenait que ces récits, bien qu’imparfaits, comportaient une part de vérité.

« Ce que nous jugeons incontestable, c’est la nécessité de mettre en lumière les coins les plus sombres de la vie américaine et les gens qui y vivent », a écrit Lacey. « C’est ce que ce récit a cherché à faire, maladroitement. »

Dans un tweet, Jonathan Greenblat, à la tête de Ligue Anti-Diffamation (ADL) a blâmé le journal, qui a « humanisé l’inhumain ».

« Vous savez qui avait de bonnes manières ? Le nazi qui a rasé la tête de mon oncle Willie avant de l’escorter vers une pièce, où il fixait du regard des enfants pendant que leurs poumons se remplissaient de poison et qu’ils agonisaient. J’en ai trop dit ? Exactement. C’est comme cela qu’il faut écrire au sujet des nazis », a écrit Bess Kalb, auteur pour le Jimmey Kimmel Live, dans une publication Twitter.

Mais comme l’a souligné le Times, certains ont compris la valeur du message véhiculé par l’article et l’ont salué.

« Les gens qui sont en colère par rapport à cet article veulent penser que les nazis sont des monstres auxquels on ne peut pas s’identifier. Les suprémacistes blancs sont des gens normaux, et c’est ainsi en Amérique depuis 1776. Tant que nous ne comprenons pas cela, nous continuerons à avoir des problèmes », a tweeté Shane Bauer, rédacteur en chef pour le site Mother Jones.

Joshua Davidovich a contribué à cet article.

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