Thom Yorke, le chanteur de Radiohead, a défendu la décision de son groupe de jouer en Israël, qui relève pour lui de la liberté d’expression, après une dispute sur Twitter avec le réalisateur britannique Ken Loach.

La dispute a commencé quand Loach a tweeté mardi que « Radiohead doit décider s’il est du côté de l’oppresseur ou de l’oppressé. Le choix est simple. »

Yorke a défendu sa position, disant que « jouer dans un pays n’est pas la même chose que soutenir son gouvernement. »

« Nous ne soutenons pas plus Netanyahu que Trump, mais nous jouons toujours en Amérique, a dit Yorke. La musique, l’art, l’université doivent traverser les frontières et non les détruire, être des esprits ouverts et non fermés, partager l’humanité, le dialogue et la liberté d’expression. J’espère que cela explique, Ken. »

Loach était le dernier d’une série d’artistes, dont l’ancien chanteur de Pinkfloyd Roger Waters, ayant tenté de faire pression sur le groupe britannique pour qu’il annule son concert prévu le 19 juillet ainsi qu’ une conférence universitaire.

La semaine dernière, York aurait insulté des manifestants pro-palestiniens pendant un concert à Glasgow, en Ecosse.

Dans un éditorial publié mardi par The Independent britannique, Loach a écrit : « que ce soit l’apartheid en Afrique du Sud dans le passé, ou l’apartheid en Israël aujourd’hui, quand une communauté oppressée demande à des artistes connus internationalement de ne pas apposer leurs noms à celui des oppresseurs qui tentent de blanchir leurs violations des droits de l’Homme, notre obligation morale est de répondre à leurs appels. Cela devrait être à leur sujet et au sujet des droits de l’Homme, pas à notre sujet et au sujet de notre sentiment de fierté. »

Il a accusé le groupe de ne pas avoir, durant ces trois dernières semaines, répondu à plusieurs propositions le sollicitant pour une rencontre, avec des artistes palestiniens,

« C’est profondément décevant », a poursuivi Loach.

« Je ne sais pas qui conseille Radiohead, mais leur refus obstiné de dialoguer avec les nombreux détracteurs de leur concert mal avisé à Tel Aviv me suggère qu’ils ne veulent entendre qu’une partie : celle qui soutient l’apartheid. »