Bernie Sanders, sénateur américain et ancien candidat à la présidentielle de 2016, a appelé Washington à adopter une approche plus amicale envers l’Iran, et déclaré qu’il envisagerait de soutenir une rééducation de l’aide américaine à Israël en raison des politiques de l’Etat juif envers les Palestiniens.

Dans une interview accordée jeudi à The Intercept, le sénateur juif a déclaré que les Etats-Unis étaient « complices » de ce qu’il a appelé l’occupation israélienne des Palestiniens, mais qu’ils n’étaient pas le seul coupable. Il a appelé Washington à jouer un rôle plus juste dans le conflit israélo-palestinien.

« Certainement, les Etats-Unis sont complices, mais ce n’est pas pour dire […] qu’Israël est la seule partie en faute », a-t-il dit.

« En termes de relations israélo-palestiniennes, les Etats-Unis doivent jouer un rôle encore plus impartial. Clairement, ce n’est pas le cas pour l’instant », a-t-il ajouté.

Les financements américains, a dit Sanders, « jouent un rôle très important, et j’aimerais voir des personnes du Moyen Orient s’asseoir avec le gouvernement américain et trouver comment l’aide américaine peut rassembler les peuples, pas seulement entraîner une course à l’armement dans la région. »

Des enfants palestiniens dans les ruines d'un immeuble détruit pendant la guerre de 2014, à Gaza Ville, le 13 avril 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Des enfants palestiniens dans les ruines d’un immeuble détruit pendant la guerre de 2014, à Gaza Ville, le 13 avril 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Le sénateur a dit qu’il y avait un « potentiel extraordinaire pour les Etats-Unis pour aider le peuple palestinien à reconstruire la bande de Gaza et d’autres zones. Parallèlement, [il faut] demander qu’Israël, dans son propre intérêt d’une certaine manière, travaille avec d’autres pays sur les questions environnementales. »

Interrogé pour savoir s’il « envisageait de voter [en faveur d’une] réduction de l’aide américaine à Israël ou des ventes d’armes américaines à l’armée israélienne », Sanders a affirmé : « la réponse est oui. »

Sanders critique depuis longtemps l’attitude d’Israël envers les Palestiniens. Il a déclaré en juin que « l’occupation doit cesser » dans une vidéo marquant les « 50 ans d’occupation » depuis la conquête de la Cisjordanie et de la bande de Gaza par Israël pendant la guerre des Six Jours de 1967.

Le sénateur du Vermont, qui se décrit comme un socialiste démocrate, a également vivement critiqué l’Arabie saoudite, affirmant que le royaume n’est « pas un allié » des Etats-Unis et a demandé une « réévaluation de la politique étrangère américaine […] vis-à-vis de l’Iran et de l’Arabie saoudite. »

Sanders a déclaré que l’Arabie saoudite est « un pays qui n’est pas démocratique, qui a soutenu le terrorisme dans le monde » et n’est par conséquent « pas un allié des Etats-Unis. »

Alors même que l’Arabie saoudite est un pays « incroyablement anti-démocratique », Sanders a déploré que les Etats-Unis aient sans cesse soutenu Ryad, tout en maintenant des relations hostiles avec l’Iran, « qui vient d’organiser des élections », et « dont les jeunes veulent vraiment communiquer avec l’Occident. »

Hassan Rouhani, le président iranien, pendant un discours télévisé à Téhéran, le 20 mai 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Hassan Rouhani, le président iranien, pendant un discours télévisé à Téhéran, le 20 mai 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Sanders n’a pas mentionné que pour les élections présidentielles iraniennes de mai, qui ont vu la réélection d’Hassan Rouhani pour un second mandat, seuls les candidats choisis par le régime ont eu le droit de se présenter. Il n’a pas précisé non plus que les figures de l’opposition sont assignées à domicile.

Tout en disant qu’il avait des « préoccupations légitimes […] sur la politique étrangère de l’Iran », qui se caractérise par son opposition à Israël et aux Etats-Unis, Sanders a indiqué qu’il souhaitait une approche plus « impartiale » des Etats-Unis dans le « conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite. »

Tout en critiquant fermement le soutien de l’Arabie saoudite au terrorisme par son financement de séminaires islamiques ultra-conservateurs, Sanders n’a pas parlé du soutien matériel et financier accordé par l’Iran à plusieurs groupes terroristes, notamment le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

Les propos de Sanders sur l’Iran interviennent dans un contexte de tensions entre les Etats-Unis et la République islamique. Le président américain Donald Trump a menacé de se retirer de l’accord nucléaire iranien de 2015, affirmant que Téhéran ne se conforme pas au pacte, qui a pour objectif de limiter le programme nucléaire.

Dans cette interview, Sanders a également déclaré que les frappes de drones américains, dans lesquelles des civils ont été tués, étaient l’une des « causes profondes » du terrorisme, et a taxé Trump de « raciste » en raison de ses tentatives de « délégitimer » l’ancien président américain Barack Obama.

Donald Trump pendant une conférence de presse avec les membres de l'Association des anciens combattants de la police à Staten Island, New York, le 17 avril 2016. (Crédit : Kena Betancur/AFP)

Donald Trump pendant une conférence de presse avec les membres de l’Association des anciens combattants de la police à Staten Island, New York, le 17 avril 2016. (Crédit : Kena Betancur/AFP)

« Je pense que Donald Trump a de fortes tendances racistes, a-t-il dit. Et je ne le dis pas simplement à cause de ses propos absurdes et atroces sur Charlottesville, mais parce que […] quand vous êtes à la tête des efforts pour tenter de délégitimer […] le premier président afro-américain de notre histoire, je pense que c’est raciste. Quand vous argumentez sur Central Park Five [cinq jeunes noirs avaient été condamnés, à tort, pour le viol et le meurtre d’une jeune femme blanche à New York en 1989], je pense que c’est raciste. Je pense donc qu’il est juste de dire qu’il a de fortes tendances racistes. »

Trump a été vivement critiqué le mois dernier après un rassemblement d’extrême-droite à Charlottesville, en Virginie, où une contre-manifestante avait été tuée par un sympathisant néo-nazi. Le président avait accusé les « nombreuses parties » d’être responsables de ces violences.