Des membres du Hamas en Cisjordanie, aux ordres d’un siège de l’organisation en Turquie, ont cherché à mettre en place une attaque, dans le principal stade de football de Jérusalem ainsi que sur la ligne de tramway, a fait savoir jeudi le Shin Bet.

L’annonce du Shin Bet a confirmé un rapport du Times of Israel la semaine dernière selon lequel Israël avait arrêté des dizaines de membres d’un réseau terroriste du Hamas opérant dans toute la Cisjordanie.

Le réseau, ont dit des responsables palestiniens, a été financé et dirigé par des responsables du Hamas en Turquie qui ont mis en place un centre de commande dans ce même pays.

Plus de 30 membres du Hamas ont été arrêtés durant le mois de septembre, a encore fait savoir le Shin Bet. La majorité a été recrutée pendant ses études en Jordanie et formée en Syrie ou dans la bande de Gaza, où ils sont entrés via les tunnels du Sinaï.

Le Shin Bet a déclaré que le réseau s’apprêtait à enlever des Israéliens en Israël et à l’étranger ; à entrer dans des villages israéliens; à faire exploser des voitures piégées ; à perpétrer des attentats en bordure de route ; et à exécuter une attaque terroriste dans le Teddy Stadium, le stade dans lequel l’équipe de football du Beitar Jerusalem joue ses matchs à domicile.

Le Shin Bet a affirmé que le plan était la preuve d’une volonté «infatigable» de la part du Hamas de réhabiliter son infrastructure terroriste en Cisjordanie et d’attirer Israël dans une réponse militaire forte, ce qui pourrait indirectement entraîner le renversement du régime du président de l’AP Mahmoud Abbas, ce qui demeure «l’un des objectifs du Hamas ».

Un réseau similaire dans ses caractéristiques opérationnelles a été découvert en août pendant la guerre avec le Hamas, ont déclaré la semaine dernière les responsables palestiniens, ajoutant que selon les informations reçues en provenance d’Israël, ce réseau terroriste était bien plus large. Ses membres avaient déjà tenté plusieurs attaques contre Israël, ont-ils ajouté, mais elles avaient toutes échoué.

Comme avec le réseau précédent, l’homme derrière le groupe terroriste s’appelle Saleh al-Arouri, un dirigeant du Hamas expulsé de Cisjordanie vers la Turquie en 2010, selon les sources.

Arouri, ont-ils expliqué, a construit et financé le réseau. Il a effectivement établi un poste de commandement du Hamas en Turquie censé mettre en place des actions des terroristes en Cisjordanie. Arouri aurait aidé des dizaines d’opérateurs, dont certains ont été expulsés par Israël à la suite de l’affaire Gilad Shalit en 2011.

Les responsables ont accusé Turquie ainsi que le Qatar – où se trouve actuellement le chef du Hamas Khaled Meshaal – de permettre au Hamas d’opérer librement sur leur territoire et de mener des attaques contre Israël, ainsi qu’à saper l’Autorité palestinienne.

En août, le Shin Bet a déclaré qu’il avait arrêté plus de 90 opérateurs du Hamas et déjoué une tentative de coup d’Etat du Hamas en Cisjordanie visant à renverser le président de l’AP Mahmoud Abbas et à démarrer une troisième Intifada.

Les sources palestiniennes ont toutefois maintenu que les deux réseaux en question étaient plus préoccupés par le fait de mener des attaques contre des cibles militaires et contre des israéliens résidant dans les implantations de Cisjordanie. Une réponse israélienne forte et l’affaiblissement consécutif de l’AP ne constitueraient qu’un objectif secondaire, ont-ils affirmé.

Les responsables ont encore ajouté que plusieurs membres du Hamas connectés au réseau récemment découvert ont également été détenus dans des centres de détention de l’AP.

Avi Issacharoff a contribué à cet article.